‹ L'amour par les grands écrivainsChapitre 66 sur 72 · DCCXII · texte numérisé non relu

DCCXII

Pour une femme très-délicate et très-fière, peut-être y a-t-il quelque chose d'horrible à aimer un homme beau. N'est-ce pas avouer que les sens sont les trois quarts de I'amour, qui doit être divin? (Balzac.)

DCCXIII

Les femmes sont étranges; elles ne se regardent comme engagées que par des concessions physiques. Au fait, elles ont peut-être raison, car leur corps, c'est leur âme.

(Jules Sandoau.)

DCCXIV

De quelque sagesse qu'on se pique, on ne se défend guôre contre I'amouh, quand on croit avoir trouvé le moyen de !e justifier. (L'abbé Prévost.)

DCCXV

Le plus grand bonheur d'une femme vertueuse devrait cire de se sentir à l'abri de tout danger. Elle devrait donc attacher du prix à la laideur. Cependant, je n'ai pas encore rencontré une femme de cet avis. Avec toute la vertu imaginable, la laide se surprend à regretter de l'èlre, et la plus belle dédaigne rarement les soins qui peuvent faire valoir ses charmes. Serait-ce pour accroître le mérite du triomphe? (Laléna.)

DCCXVI

La recette contre le refroidissement de I'amour dans le mariage est simple et facile; c'est de continuer d'être amants quand on est époux. Les noeuds qu'on veut trop serror, rompent. Voilà ce qui arrive à celui du mariage, quand on veut lui donner plus de force qu'il n'en doit avoir. La fidélité qu'il impose aux deux époux est le plus saint de tous les droits; mais le pouvoir qu'il donne à chacun des deux sur l'autie est de trop. La contrainte et I'amour vont mal ensemble, et le plaisir ne se commande pas. Ce n'est pas tant la possession qui rassasie que l'assujettissement. Voulez-vous donc être l'amant de votre femme? Qu'elle soit toujours votre maîtresse et la sienne. Soyez amant iieureux, mais respectueux; obtenez tout de I'amour sans rien exiger du devoir; et que les moindres faveurs ne soient jamais pour vous des droits, mais des grâces; souvenez-vous toujours que, même dans le mariage, le plai-ir n'est légitime que quand le désir est partage'.

(J. J. Rousseau.)

DCCXVII

L'amour est une passion entrepreneuse de grandes choses.

(Montaigne.)

DCCXVIII

La jalousie grossière est une défiance de l'objet aimé; la jalousie délicate est une défiance de soi-même.

(Mademoiselle de Lespinasse.)

DCCXLX

L'opinion établit pour règle qu'un homme ne doit se marier qu'à trente ans, parce qu'il n'a pas, avant cet âge, l'aplomb convenable à l'état conjugal et paternel. Or, si l'opinion le ridiculise lorsqu'il conserve sa virginité jusqu'à trente ans, c'est exiger qu'il séduise des femmes mariées ou non mariées, et qu'il tombe dans les crimes d'adultère, fornication, stupre, viol, etc.. le régime civilisé, en affaires d'AMouR comme en d'autres, est toujours en contradiction avec lui-mêrtie :

Il veut, il ne veut pas ; il accorde, il refuse, Il promet, il rétracte; il condamne, il excuse.

Nos opinions, surtout à l'égard de I'amour, sont le pendant de la cacophonie du mardi-gras, où l'on voit le gouvernement autoriser, salarier des mascarades et des bacchanales, tandis que la religion fait des prières de quarante heures pour de mander à Dieu pardon de ces orgies qu'on va commettre avei l'aveu du gouvernement. (Charles Fourier.)

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DCCXX

Amour, amour, qui pourra sonder un seul de tes mystères? Depuis la naissance du monde et son éclosion sous ton aile,

tu les suscites toujours inépuisables dans les cœurs^ et tu les varies. Chaque génération de jeunesse recommence comme dans Éden, et t'écoute avec le charme et la puissance des premiers jours. Tout se perpétue, tout se ranime chaque printemps, et chaque coup de tes miracles est toujours nouveau. Le plus incompréhensible et le plus magique des AMOURS est encore celui que l'on voit, et, s'il est possible, celui que l'on sent; mais de tous, le plus parfait pourtant et le plus simple, à les bien comparer, sera toujours celui qui est né le plus sans cause. (Sainte-Beuve.)

DCCXXI

De tous les corps graves de la nature, le plus pesant est celui de la femme qu'on a cessé d'aimer. (Lemontey.)

DCCXXII

La possession de beaucoup de femmes ne prévient pas toujours les désiis pour celle d'un autre; il en est de la luxure comme de l'avarice : elle augmente la soif par l'acquisition des irésors. (Montesquieu.)

DCCXXIII

On pourrait mettre au rang des plaisirs cette mélancolie que cause le premier amour, quoiqu'elle en fasse désirer de plus vifs. (Duclos.)

i DCCXXIV

Il est des nœuds secrets, il est des sympathies Dont par un doux rapport les âmes a'^sorties, S'attachent l'une à l'autre et se laissent piquer, Par ce je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer.

(Pierre Corneille.)

DCCXXV

La femme qui écoule une prem ère fois écoutera une seconde; son cœur n'est plus de glaco, et vous pouvez toujours appeler de son premier refu?. (Byron.)

DCCXXVI

N'accorder rien et laisser tout espérer; causer sur le seuil de I'amour, mais la porte fermée, voilà toute la science d'une coquette. (Charles de Bernard.)

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