DCCXXIX
Plus on aime, plus on a besoin d'aimer; plus le cœur est
actif, et plus ses peines sont aiguës. Et, quelque féconde et souple que soit l'imagination qui mêle, par le charme et l'espérance, quelques gouttes de volupté dans le calice amer de la douleur et de l'absence, ses compensations sont bien faibles pour tant de maux. (Mirabeau.)
DCCXXX
La pudeur prête à I'amour le secours de l'imagination; elle lui donne la vie. (Stendhal.)
DCCXXXI
Un jour, je m'avisai de médire de I'amouk; il m'envoya rilyiuen pour se venger. Depuis, je n'ai vécu que de regrets.
(Rivarol.)
DCCXXXII
Je n'approuve point ces farouches maximes qui font craindre à une jeune lille la vue d'un homme aimable, et qui augmenlcnl le péril en apprenant trop à s'en défier. 11 faut tôt ou tard que le cœur aime quelque chose, et ce n'est pas un penchant si invincible que la sagesse est obligée de combattre. Non, mais il faut qu'elle l'éclairé pour ne lui pas laisser prendre un cours aveugle, et qu'elle songe en même temps à se fortifier assez pour l'arrêter toujours à ses justes bornes. On s'accoutume, par ces principes, non-seulement à ne pas se faire une peine des raouvrments indélibérés de son cœur, mais ;\ ne jamais s'y livrer témérairement; et il y a plus de fonds h faire sur celte sorte de vertu, que sur toutes les grimaces afl'eclées auxquelles on en donne le nom.
(L'abbé Prévost.)
DCCXXXllI
Ou doit tout craindre de l'inégalilé dos femmes : ce n'est
ni le mérite qu'elles reconnaissent en noii?,Tii les assiduités qu'on leur rend^ ni I'amour que l'on a pour elles, ni rindifférence que l'on témoigne à celles qui pourraient leur donner de l'ombrage, qui décident de leur constance; c'est le défaut des occasions où elles sont sujettes à nous trahir. Une femme, pour être égale dans son choix, a besoin de ne voir que la personne qu'elle aime. (Saint-Évreraont.)
DCCXXXIV
Donnez des inquiétudes à votre maîtresse, forcez la deprendre quelque soin de vous conserver, en lui inspirant à propos la crainte de vous perdre. Jamais femme ne vous traitera plus cavalièrement que celle qui vous croira trop amoureux pour la quitter. Sa vertu, moins que son orgueil, la rend intraitable. Semblable au marchand dont vous avez paru désirer l'étulTe, elle vous surfait avec aussi peu de ménagement. Modérez donc une imprudente vivacité, montrez moins de passion, et vous en exciterez davantage. Nous ne sentons le prix d'un bien qu'à l'instant où il va nous échapper. Un peu de manège en amour est indispensable pour le bonheur de deux amants. J'irais peut-être même, au besoin, jusqu'à vous conseiller d'être un peu scélérat. En toute autre occasion, il vaut sans doute mieux être dupe que fripon; mais, en amour, les sots sont seuls des dupes, et les fripons ont toujours les rieurs de leur côté. (Ninon de l'Enclos.)
DCCXXXV
Les femmes sont de ces places qui veulent être prises de force. Avec elles, on risque beaucoup plus à ne rien tenter qu'à ne pas réussir. (Bacon.)
DCCXXXVI
L'amour aime les champs, et les champs l'ont vu naître. La Glle d'un pasteur, une vierge champêtre,
Dans le fond d'une rose, un matin du printemps,
Le trouva nouveau-ué
Le sommeil entr'ouvrait ses lèvres colorées, Elle saisit le bout de ses ailes dorées, L'ôta de son berceau d'une timide main. Tout trempé de rosée, et le mit dans son sein.
(André Chéoier.)
DCCXXXVII
Quand on veut qu'un sexe résiste, on veut qu'il résiste autant qu'il faut pour faire mieux goûter la victoire à celui qui "attaque, mais non pas assez pour la remporter. Ce sexe ne doit être ni si faible qu'il se rende tout de suite, ni si fort qu'il ne se rende jamais. C'est là le caractère des femmes.
(Fontenelle.)
Dccxxxvm
Quand on est près d'aimer, I'amour est une partie essentielle de la vie; quand on est aimé, c'est la vie elle-même.
(Madame de Staël.)
DCCXXXiX
Quand une jeune femme a une faiblesse publique, tout le monde a son pardon dans le cœur et sa condamnation sur les lèvres. (Alfred de Vigny.)
DCCXL
11 n'est pas adroit, à un homme qui écrit à une femme, d'exiger des réponses catégoriques et précises. On ne peut que répondre non, et cela rappelle nécessairement à la prudence et à la raison. (Alphonse Karr.)
DCCXLI Pauvres gens! qui ne savent pas que I'amouu ne croît, ne
gi^rme, ne s'exalte que dans une âme honnête, forte et concentréej qu'aucun sentiment n'est aussi chaste que I'amolr, aucun plaisir plus décent que la vraie volupté et ses jouissances; que les têtes les plus vigoureuses et les cœurs les plus ardents sont ceux qui, se repliant sur eux-mêmes et se nourlissant de leurs propres forces, n'ont aucun besoin des émotions extérieures et étraugères, et ne s'exhalent jamais en vains discours. (Mirabeau.)
DGCXLII
On s'attache à I'amolr lorsqu'on en est maltraité; on le quitte loi'squ'on en est content. (Dorât.)
nCCXLllI
Les Français ne se piquent guère de constance. Ils croient qu'il est aussi ridicule de jurer à une femme qu'on l'aimera toujours, que de soutenir qu'on se portera toujours bien, ou qu'on sera toujours heureux. Quand ils promettent à une femme qu'ils l'aimeront toujours, ils supposent qu'elle, de son côté, leur promet d'être toujours aimable ; et, si elle manque à sa parole, ils ne se croient plus engagés à la leur.
(Montesquieu.) DCCXLIV
îji^La femme qui s'estime plus pour les qualités de son âme et de son esprit que pour sa beauté, est supérieure à son sexe. Celle qui s'estime plus pour sa beauté que pour son esprit ou pour les qualités de son âme, est de son sexe. Mais celle qui s'estime plus pour sa naissance ou pour son rang que pour sa beauté, est hors de son sexe ou au-de?sous de son sexe.
(Champfort.) DCCXLV
La première inclination est toujours la meilleure; son charme est dans son ignorance. (Charles Nodier.)
DGCXLVI
L'amour ressemble à la lune ; quand il ne croît pas^ il faut qu'il diminue. (Ségur.)
DCCXLVII
Il est impossible d'être amoureux et sage en même temps.
(Bacon.)
DCCXLVIII
Il y a dans I'amour un charme qui n'est qu'à lui : c'est de n'avoir jamais qu'une même chose à dire, et de la dire toujours sans s'épuiser ni se lasser jamais, et même sans lasser les autres quand il a l'éloquence qui lui est propre. (La Harpe).
DCCXLIX
te
On connaît peu l'AMoun, on craint trop son amorce, C'est sur nos lâchetés qu'il a fondé sa force; C'est nous qui sous son nom troublons notre repos; Il est tyran du faible, esclave du héros.
(Voltaire.)
DCCL
Une femme galante traite les hommes comme un habile joueur d'échecs traite ses pions. Elle ne s'attache pas assez à un seul pour ne pas avoir en même temps l'œil sur quelque autre qui pourrait lui procurer de plus grands avantages.
(Pope.)
DCCLI Le besoin d'aimer, dont on parle tant, indique moins la
fC!i(]ivs;G da cœur qu'on ne croil, cl ce n'est guère, au fond, que l'envie d'être adorée. (Madame Necker.)
DCCLII
Si I'amour est le plus délicieux sentiment qui puisse entrer dans le cœur humain, tout ce qui le prolonge et le fixe, même an prix de mille douleurs, est encore un bien.
(J. J. Rousseau.)
DCCLIIl
Les impressions du plaisir sont toujours dominantes; et l'homme qui connaît assez le caractère et le tempérament de celle qu'il aime, pour lui présenter continuellement ce qui est capable de lui plaire, a trouvé le chemin de son cœur.
(L'abbé Prévost.)
DCCLIV
La beauté ne fait pas toujours naître I'amour et peut n'exciter qu'une admiration froide ; l'esprit, joint à une figure piquante, est toujours sûr de son effet. (Duclos),
DCCLV
A des êtres vulgaires et vils, qui ne comptent même pas, Tamol'u peut prêter la noblesse et la giàco. L'amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l'idée; aussi montret-on aveugle le Cupidon ailé. L'amour, en son idée, ne prend pas le goût du jugement. Des ailes et pas d'yeux : voilà l'emblème de son ardeur étourdie. Et l'on dit que I'amour est un enfant, parce qu'il est si souvent trompé dans son choix. Comme les petits espiègles qui au jeu manquent à leur parole, l'enfant amour se parjure en tous lieux. (Sbakspeare.)
DCCLVI
En AMOUR, qu'est-ce qu'un jour de bonheur sans le lendemain qui le puiifie? C'est du lendemain que le cœur date ses souvenirs. (Delphine de Girardin.)
DCCLVII
Les aveux vraiment tlalleurs ne sont pas ceux que nous faisons, ce sont ceux qui nous échappent. (Ninon de l'Enclos.)
DCCLVIIl
Le cœur fait faire à une femme cent choses sans qu'elle s'en aperçoive; et j'ai remarque dans plus d'une occasion que telle qui croyait suivre sa tête, obéissait à son cœur. Cela posé, rien ne serait plus facile que de dédnir les femmes. La femme sage, par exemple, serait celle dont le cœur est muet ou n'en est point écouté; la prude, celle qui fait semblant de ne pas écouter son cœur; la galante, celle à qui le cœur demande beaucoup et qui lui accorde trop; la voluptueuse, celle qui écoute son cœur avec complaisance ; la courtisane, celle à qui son cœur demande à tout moment et qui ne lui refuse rien; la coquette, celle dont le cœur est muet, mais qui fait espérer à tous les hommes qui l'approchent que son cœur parlera quelque jour, et qu'elle pourra ne pas faire la sourde oreille ; la femme tendre, enfin, celle qui a aimé sans que son cœur parlât, ou dont le cœur n'a jamais parlé qu'en faveur du seul homme qu'elle aimait. (Diderot.)
DCCLIX
De toutes les façons de faire cesser I'amour, la plus sure est de le satisfaire. (Marivaux.)
PxVR LES GRANDS ECRIVAINS 199
DCCLX
Notre choix fait nos amitiés, mais c'est Dieu qui fait notre AMOUR, (Madame de Staël.)
DCCLXI
Un homme amoureux est un homme qui \cut être plus aimable qu'il ne peut, et voilà pourquoi presque tous les amoureux sont ridicules. (Chamfort.)
DCCLXll
Comme I'amour est de nature divine, c'est-ù dire immortel, quand nous croyons l'avoir tué, nous n'avons pas fait autre chose que de l'ensevelir vivant dans notre cœur.
(George Sand.)
DCCLXIII
Quelquefois I'amour fait explosion avant d'avoir trouvé son objet, et se consume dans des aspirations vagues et maladives; quelquefois il s'attache à des conceptions imaginaires; quelquefois aussi, dans des âmes puissamment douées, I'amour monte jusqu'à l'idéal sans s'arrêter aux vaines images; c'est l'amour de sainte Thérèse. Il y a des vierges sacrées qui ont gardé la virginité par excès d'amour, parce qu'elles n'ont pas voulu ou n'ont pas pu descendre. Dans l'état normal, I'amour dispose en quelque sorte de son objet; il le crée, il l'approprie à ses besoins. Il ne voit pas les défauts de l'objet aimé, parce qu'au fond il ne voit pas cet objet, mais la beauté en lui. Platon a raison, nos illusions en sont la preuve : nous ne rêvons, nous ne voyons que l'idéal dans I'amour. Plus une âme est puissante, plus grandes sont ses illusions quand elle aime. Une âme forte, et qui pense grandement, puise dans
son amour les caractères de la perfection, en revêt l'objot aimé. Elle le pare de toutes les grâces, de celles qu'il ne saurait avoir cl de celles aussi qu'elle n'aurait pas imaginées avant d'être amoureuse. (Jules Simon.)
DCCLXIV
11 en est dis amants comme de ces insectes ailés qui prennent la couleur de l'herbe à laquelle ils s'attachent. Ce n'est qu'en empruntant la ressenibiance de l'objet aimé qu'un amant j>arvient à lui plaire. Celte métamorphose n'est point diflijiie, car qui ne sait que I'amour change en lui ce qu'il aime? (Helvélius.)
DCCLXV
Quand on est sûr de l'amour d'ime femme, on examine si elle est plus ou moins belle; si l'on dou'e de son cœur, on n'a pas le temps de songer à sa figure. (Stendhal.)
DCCLXVI
Les succès du libertin près des femmes, quelquefois même les plus ennemies de ses mœurs, nous étonnent toujours; et pourtant ce qui les explique de part et d'autre est facile à trouver. Chez l'homme, c'est son penchant pour les femmes, une grande expérience de leiu- faiblesse, une certaine témérité de langage et de manières qui leur impose, un audacieux mépris des obstacles, un inaltérable sang-froid et l'instinct de rà-propos. Chez les femmes, c'est le désir d'être distinguées par un homme brillant et recherché, de savoir par quel bouheur mystérieux il paye les sacrifices qu'on lui fait, de l'enlever à d'aulre>, de le fixer peut-être, enlin de satisfaire le plus insurmontable besoin de leur sexe, la curiosité de l'esprit et des sens. (Laténa.)
DCCLXVIl
Une femme, en feignant de rire de I'amolr, fait comme ces enfants qui cliatitent la nuit quand ils ont peur.
(J- J. Rousseau.)
DCCLXVIII
C'est une vieille maxime de guerre que l'on dit aux jeunes gens, lorsqu'ils arrivent au régiment, que, si l'on a un billet de logement pour une maison où il y a deux sœurs et que l'on veuille être aimé de l'une d'elles, il faut faire la cour à l'autre. (Bazac.)
DCCLXIX
C'est Dieu qui mit I'amour au bout de toute chose, L'amolt. en qui tout vit, I'auolk sur qui t. ut pose! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté comme une coupe pleine, Et dans mon cœur I'amùdu!
Laisse-toi donc aimer, — Oh ! I'amocr, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner, Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rjyonne, La beayté, c'est le fn.nt, I'amolr, c'est la couronne, Laisse-toi couronner!
Ce qui remplit une âme, hélas! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ui même un peu de gloire, Poussièrn que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères. Qui ronge tristement les écorccs amères Des choses d'ici-bas.
Non, il lui faut, voir5-lu, l'hymin de Jeux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressâes, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur. Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette doure Ivre Que l'on appelle un cœur!
11 n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Oii raille instincts profonds nous fixent nuit et j'jur; Le pêcheur à la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la muntagne, Les âmes uat I'auouk.
(Victor Hugo.)
DCCLXX
Celui qui ne regarde pas le changement dans I'amour comme la destrucUou de I'amolr, ne connaît pas I'amouh.
(Pierre Leroux.)
DCCLXXl
Si, étant femmes, les femrpes cherchent à plaire à tous, c'est peut-être parce qu'élant filles, il ne leur e^t pas [lerniis d'en aimer un seul. (Bernardin de Saint-Pierre.)
DCCLXXIl
— =4)ans la jeunesse nous vivons pour aimer j dans un âge plus avancé nous aimons pour vivre. (Saint-Évremout.)
DCCLXXIII
Amour ou Cupidon, dieu du pagani-rae, dont on a raconté la naissance de cent manières dillérentes, et qu'on a représenté sous cent formes diverses, (^ui lui conviennent pres(jue
toutes également. Lamolr demande sans cesse; Platon a donc pu le dire fils de la Pauvreté; il aime le trouble et semble être né du Chao;, comme le prétend Hésiode. C'est un mélange de sentiments sublimes et de désirs grosiiers; c'est ce (ju'entendait apparemment Sapho, quand elle faisait Tamocr n\s du Ciel et de la Terre. Je crois que Siraonide avait en vue ie composé de force et de faiblesse qu'on remarque dans la conduite des amants, quani il pensa que 1' amour était fils de Vénus et de Mars. 11 naquit, selon Alcméou, de Flore et de Zéphyre, symboles de l'inconstance et de la beauté. Les uns lui met eut un bandeau sm- les yeux, pour montrer combien il e^ aveugle ; et d'autres, uri doigt sur la bouche, pour marquer qu'il veut de la discrétion. On lui donne des ailes, symboles de légèreté; un arc, symbole de puissance; un flambeau allumé, symbole d'activité. Dans quelques poètes, c'est un dieu ami de la paii, de la concorde et de toutes les Tcrtus; ailleurs, c'est un dieu cruel et père de tous les vices; et, eu effet, I'amour est tout cela, selon les àraes qu'il domine. Il a même plusieurs de ces caractères successivement dans la même àme. 11 y a des amants qui nous le montrent dans un instant fils du Ciel, et, dans un autre, fils de l'Enfer. L'amoir est quelquefois encore représenté tenant par les ailes un papillon, qu'il tourmente et qu'il déchire; cette allégorie est trop claire pour avoir besoin d'explication. (Diderot.)
DCCLXXIV
Ménagez votre bonheur, mes amis. Il faut au bonheur luimême un régime. Et n'oubliez pas que souvent I'amour s'en va parce qu'on ne fait pas pour le conserver tout ce qu'on avait fait pour l'inspirer. (P. J. Stahl.)
DCCLXXV Lo seul moyen de rendre l'AMorn une passion délicieuse,
est d'aimer une femme avec de vifs désirs et d'y joindre une
longue admiration sans espérance. (Rélif de la Bretonne.)
DCCLXXVl
Les extravagances sont de l'essence du véritable amour.
(Ninon de l'Enclos.)
DCCLXXVll
De Dieu à l'homme, et de la terre au ciel, I'amour seul unit et remplit tout. 11 est lo commencement, le milieu et la fin des choses. Qui aime sait, qui aime vit, qui aime se dévoue, qui aime est coniént; et une goutte d'AMouR, m^se dans la balance avec tout l'univers, l'emporterait comme la tempête ferait d'un brin de paille. (Le R. P. Lacordaire.)
DCCLXXVllI
Les pensées élevées sont aussi nécessaires à I'amoir qu'à la vertu. (Madame de Staël.)
DCCLXXIX
L'on dit qu'il y a des nations plus amoureuses les unes que les autres; ce n'est pas bien parler, ou du moins cela n'est pas vrai en tous sens.
L'amour ne consistant que dans un attachement de pensée, il est certain qu'il doit être le même par toute la terre. 11 est vrai tjue, I'amouiî se déterminant autre part que dans la pensée, le climat peut ajouter quelque cho-e; mais ce n'est que dans le corps. (Pascal.)
DCCLXXX-
A quarante ans un homme a peu de chances pour plaire
s'il s'adresse à li [ a.-sion, celle laige poile du cœur ouverte sculemcnl à la jeancsse; mais les détours si multipliés de la* vanité féminifie lui offrent un accès non moins profitable quoique plus modeste. Laissant aux amoureux de vingt ans les orageuses extravagances, il doit adopter im système de galanterie pénétrante, bien qu'en apparence tempérée, qui, pour aller au but par une marche oblique, n'en gagne pas moins de terrain, et surtout n'en perd jamais; il doit enfin procéder par insinuation, plutôt que par agression; et, aspirant au rôle d'amant, se résigner provisoirement à celui de confident, emploi subalterne en apparence, mais qui mène loin ceux qui savent habilement eu exploiter les innombrables ressources. (Cbarles de Bernard.)
DCCLXXXI
Pour plaire à la pluplart des femmes, il faut brûler perpétuellement devant elles un encens qu'elles ne trouvent presque jamais grossier; leur vanité se nourrit des hommages les moins sincères, et c'est peut-être en flattant leurs ridicules et leurs défauts qu'on les soumet. (Bernis.)
DCCLXXXIl
Celui qui promet de bonne foi un éternel amour, et celui qui croit à de pareils serments sont é aleraent dupes, l'un de son cœur, l'autre de sa vanité. (Laclos.)
DCCLXXXIII
■^ On ne connaît la force de I'amolr qu'au moment qu'tn l'éprouve. (L'abbé Prévost.)
DCCLXXXIV
On n'a reçu du '. iel un cœur que pour aimer,
(Boileau.)
DCCLXXXV
Souvent les êtres les plus éloignés par la fortune, la nature les rapproche pour les réunir dans le haiser d'une sympathie iialive. Les entreprises extraordinaires sont impossibles à ceux qui en mesurent les difficultés d'après le sens commun, et qui s'imaginent que ce qui n'a pas été ne saurait être. Quelle est la femme qui, après avoir fait tous ses efforts pour prouver son mérite, a échoué dans ses amours? (Shakspoaro.)
DCCLXXXVI
L'amour de deux êtres en ce monde n'est souvent que le privilège de se donner l'un à l'autre les plus grandes douleurs.
(Sainte-Beuve.)
DCCLXXXVII
La jalousie est de toutes les maladies d'esprit celle à qui plus de choses servent d'aliment et moins de choses de remède.
(Montaigne.)
DCCLXXXVIII
Il est si doux de parler de ce qu'on aime, qu'une des premières faveurs de I'amouk est de pouvoir confier les peines secrètes dont il nous accable. (Tressan.)
DCCLXXXIX
Les hlondes sont plus jolies que les brunes, mais les biunes à peau blanche sont plus belles que les blondes. Les femmes, en général, sont plus belles que les hommes ne sont beaux, parce que la beauté leur est essentielle. Une grande fen'ime est belle, mais il importe plus ù une femme d'être jolie que
belle. Et cela est si vrai, que lorsqu'on dit d'une grande femme : « Qu'elle est belle ! » on ne sent pas la même émotion que lorsqu'on dit d'une petite femme : « Ou elle est jolie! » Ici, l'expression amène le désir de caresser. Auprès d'une belle femme, on éprouve moins ce désir, parce qu'elle inspire plus de respect qu'elle n'est appétissante et voluptueuse. A le bien prendre, je crois qu'une jolie blonde est plus jolie qu'une jolie brime, et qu'une belle brune est plus belle qu'une belle blonde... Mais qu'une jolie brune est jolie !
(Rétif de la Bretonne.)
DCCXC
Tant que le cœur conserve des désirs, l'esprit garde des illusions. (Chateaubriand.)
DCCXCI
Tout écart produit parl'AMOUR, en quelque sens que ce soit, est mauvais, et selon moi immoral. 11 trouble l'âme, amollit le caracière, fait perdre la liberté; c'est une offense envers soi-même, envers le sexe et envers la société.
(P. J. Proudhon.)
DCCXCII
Il faut avoir bien plus de ménagemenl pour une femme que l'on cesse d'aimer, que pour une femme que l'on aime encore. On revient de tout avec les femmes, pourvu qu'on les aime; le manque de respect, l'impolitesse, l'emportement, les injures même sont des fautes qu'elles pardonnent sans peine, et qui leur font un secret plaisir, quand elles sont un effet de la passion qu'elles ont fait naître. 11 n'en est pas de même quand nous cessons de les aimer; quelque circonspection, quelque délicatesse que nous nous prescrivions à leur égard, elles nous savent bien plus mauvais gré de l 'outrage que notre indiCfé-
rencc fait à leurs attraits, que de celui que notre indiscrétion
peut faire à leur honneur. (Saint-Évremont.)
DCCXCIII
Rien n'est moins en notre pouvoir que notre cœur, et loin de lui coinmundcr, nous sommes forcées de lui ol)éii'.
(Héloïse.)
DCCXCIV
11 est affreux d'èlre l'objet d'un sentiment qu'on ne peut pai tager, l'on souffre et l'on rend malheureux ; aimer et être aimé, c'est le bonheur du ciel; quand on l'a connu et qu'on l'a perdu, il ne reste plus qu'à mourir.
(Mademoiselle de Lespinasse.)
DCCXCV
L'amouh dure longtemps lor-^qu'il est nourri parla défiance; voulez-vous le faire fuir, bannissez la crainte. (Ovide.)
DCCXCVI
A quelque genre d'AMOUR que l'on doive les plaisirs, ils sont vifs, et leur souvenir est entraînant; et dans cotte passion, au omtraire de la plupart des autres, le souvenir de ce que l'on a perdu paraît toujours au-dessus de ce qu'on peut attendre de l'avenir. (Stendhal.)
DCCXCVII
A celui qui est pénétré de la sainteté des engagements réciproques, de l'égalité des sexes devant Dieu, d^s injustices de l'ordre social et de l'opinion vulgaire à cet égard, I'amour peut se révéler dans toute ta grandeur et toute sa beauté; mais à
celui qui est imbu des erreurs communes de rinfériorité de la femme, de la différence de ses devoirs avec les nôtres en fait . de fidélité, à celui qui ne cherche que des émotions et non ] un idéal, I'amoub véritable ne se révélera pas.
(George Sand.) |
DCCXCVllI "i ^
En AMOUR, on guérit d'une illusion par une autre. (Bacon.)
DCCXCIX
L'esclavage du cœur est une vile et méprisable servitude; et l'homme qui implore d'une femme un sentiment qu'elle i;c partage pas n'est qu'un être ridicule; car, non content de ; s'avouer vaincu, il lui donne de plus le triomphe de sa douleur. (Daniel Slern.) ;