‹ L'amour prodigue [par] René MaizeroyChapitre 18 sur 31 · LA RUADE · texte numérisé non relu

LA RUADE

goutte à goutte, flamboyaient par instants comme des bols où brûle du punch. Il était rouge autant qu'une vieille éponge de dissecteur, et d'une taille si démesurée, d'une carrure si large qu'on l'eût pris pour un ancien horse-guard. Il ne cessait pas d'être gris, mais froidement, méthodiquement, sans se départir une seconde de son flegme, sans tituber, sans se faire remarquer par l'intempérance de ses propos, par l'excentricité de ses attitudes.

(( Je t'assure que ça finira mal, répétais-je à l'imprudent qui se moquait de nos conseils, tu ne te méfies pas assez de ce type-là... Ce que je liquiderais, à ta place, ce que je lui laisserais sa femme pour compte, ce que je ferais avancer une petite gentille camarade de tout repos I

— Bon apôtre! ripostait-il presque acide. Et tu t'empresserais, n'est-ce pas, de prendre la suite, de consoler lady Peveril.^... Au reste, tu ne saurais t'imaginer combien je regrette que vos alarmes soient vaines et de n'avoir rien à craindre de celte admirable fripouille de Teddy... Vrai, je donnerais n'importe quoi pour qu'il ne fût pas mon obligé, pour qu'il ne m'exploitât pas, et qu'au lieu de jouer les Mar-

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