‹ L'amour pur offert à tous [microforme]Chapitre 4 sur 4 · ONE NI IS USE · texte numérisé non relu

ONE NI IS USE

(1) Même entendue dans le sens flatter d’être en état de grâce, dit Ga n'aurait rien de bien terrifiant, elle ment que nul n’est certain d’u d’être en paix avec Dieu.

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e vouloir et jamais refusé à repentant.

COUPABLE. QUAND JE SERAIS JUSTE, CELA ME SERAIT CACHÉ ET LA VIE ME SERAIT À CHARGE.

(Job, IX, 20-21).

Sens de ce texte : Ma propre bouche me condamnera, c’est-à-dire que Job sera tellement intimidé par la divine présence et la divine majesté qu’il s’accusera au lieu de se défendre... Quand je serais juste, cela me serait caché, c’està-dire que je l’ignorerais d’une manière pratique et inutile pour ma défense et je me laisserais condamner sans résistance (Filion).

Job fait deux affirmations distinctes. En premier lieu, il s’y déclare certain d’être actuellement dans l’amitié de Dieu, et en second, de n’avoir jamais commis de fautes graves. Or il est clair que ces deux certitudes ne sont nullement connexes. Job avait tort de s’attribuer la dernière innocence, car il avait peut-être commis des péchés dont il ne se souvenait pas ou que sa mémoire lui représentait comme légers alors qu’en réalité ils étaient graves (Cordérius, cité par Knabenbauer).

Job d’ailleurs affirme qu'il est en état de grâce quand il dit : Tant que je vivrai, je ne me désisterai point de mon innocence... Car mon cœur ne me reproche rien dant toute ma vie (XXVII, 5-6; XXXIII, 9).

c) NE SoIS PAS SANS CRAINTE AU SUJET DU PÉCHÉ QUI T’A ÉTÉ PARDONNÉ (Eceli., V, 5).

Le sens de ce texte est le suivant : Il se pourrait que le péché que nous croyons pardonné ne le soit pas à cause de l'insuffisance de nos

dispositions, ou bien encore qu'il y eut beaucoup à expier même après le pardon du péché (Lesétre). Il peut aussi signifier la crainte que l’on doit entretenir au sujet du péché pardonné, parce que l’on peut y retomber de nouveau.

d) QUI PEUT DIRE : MON COEUR Esr SANS TACHE, JE SUIS PUR DE TOUT PÉCHÉ ? (Prov., AZ, 9).

On peut entendre ce texte de bien des manières. Il exprime peut-être l’impossibilité où nous sommes de savoir si nous n’avons jamais offensé Dieu ou bien encore la quasi impossibilité où nous sommes également d'éviter toute souillure morale, de ne jamais commettre le péché véniel. Il n’y a point d’homm juste sur la terre qui fasse le bien, et qui n pèche point (Ecele., VII, 21), ou bien : nunquam sit peccaturum, dit Corneille Lapierre (ef. v. +:

e) QUI CONNAIT SES FAUTES ? PURIFIEZ-MOI DE CELLES QUI SONT CACHÉES EN MOI (Ps. XVIIT, 13).

Dans l’hébreu, delicta signifie les fautes commises par ignorance et occultis, les fautes d’inadvertance souvent cachées à celui qui les commet. Ces fautes ne peuvent enlever l’état de grâce.’

f) CAR MA CONSCIENCE NE ME REPROCHE RIEN ; MAIS JE NE SUIS PAS JUSTIFIÉ POUR CELA, CELUI QUI ME JUGE, C’EST LE SEIGNEUR (ICor., IV, 4).

Il est permis de croire que saiut Paul vise par ces paroles simplement l'insuffisance de la conscience humaine comme criterijum de notre conduite passée. Il ne dit rien, semble-t-il, de son état de grâce actuel. Dans ces paroles, dit Garriguet, ‘‘ il n’est nullement question du jugement que Dieu nous fera subir et de sa rigueur. Les ennemis de l’Apôtre colportaient contre lui diverses accusations, ces accusations circulaient à Corinthe, il écrit aux fidèles de cette ville qu’il ne se reconnaît coupable d’aucun des griefs formulés, qu’il est vrai que cela ne suffit pas pour qu'il soit justifié ; mais que c’est à Dieu, dans tous les cas, à le juger et non pas à eux. ‘‘ Je me mets fort peu en peine d’être jugé par vous ou par tout autre tribunal humain ! leur dit-il ; mon juge, c’est le Seigneur. C’est pourquoi ne vous hâtez pas de vous prononcer ; attendez que vienne le Seigneur qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et qui manifestera alors les pensées secrètes des cœurs. Alors, chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due.”’ Nous sommes loin, on le voit, de l’interprétation fantaisiste des rigoristes.”” (Le Bon Dieu, p. 136).

On croit même que les apôtre:, en vertu d’une révélation spéciale, avaient tous une certitude de foi de leur état de grâce. D'ailleurs, dans une autre circonstance, saint Paul affirme son état de grâce en disant que rien ne lui ferait perdre la charité (Rom. VIII, 39).

g) AYEZ SOIN D'’OPÉRER VOTRE SALUT AVEC CRAINTE ET TREMBLEMENT (Phil. II, 12).

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Le sens de ce texte est le suivant : Ne vous laissez pas aller à une folle présomption, comme si votre salut était assuré, comme si vous étiez assuré être prédestiné, mais ayez une sainte sollicitude dans la crainte de le perdre. Il suppose donc l’état de grâce. Cette même supposition se trouve dans l’Epitre aux Romains (VIII, 16; XV, 14), et dans l’Epitre aux Corinthiens :

Qui se existimat stare videat ne cadat (ICor.. A; 18},

On a abusé ét:angement, dans la prédication, des textes scripturaires qui nous inculquent la crainte ; et l’on cède trop souvent à la manie déplorable de confondre la crainte de Dieu avec la peur de Dieu, qui en est tout l’opposé. La crainte de Dieu, dont l’Ecriture est pleine, c’est presque toujours la crainte filiale, amoureuse, inséparable de la joie et de l’exultation : réjouissez-vous en lui avec tremblement (Ps. II, IL), inséparable de la joie dont elle est le fruit : que mon cœur se réjouisse afin qu’il craigne votre nom (Ps. 85, II). (Lire Collier : De la peur de Dieu, et Faber : Tout pour Jésus). (1)

Cette crainte est celle dont parle saint Paul dans son Epitre aux Philippiens dont on cite nn ER Re (1) Il faut encore remarquer que souvent des mots de nos Livres Saints ne disent pas réellement ce qu’ils semblent dire. Ainsi “la crainte du Seigneur” n’est pas seulement la crainte, mais le service de ieu, l’obéissance à ses lois. Ce que nous lisons au psaume 110 : La crainte du Seigneur est le commencement de la sa-

gesse se traduisait mieux par : La vraie sagesse est de servir Dieu (Bainvel : Les contresens bibliques).

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avec effroi le verset : Ayez soin

prendre garde que c’est une des Epitres ou l’apôtre recommande le plus la joie à ses néophytes : Réjouissez-vous sans cesse en Notre-Seigneur (IV. 4) ; Vous devriez alors vous en réjouir vous-mêmes (II. 18) ; Pour vous donner la joie de le recevoir (II, 28) ; Pour votre avancement et pour la joie de votre foi (I, 25) ; Que la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ (IV, 7).

D'après le langage de nos livres saints, cette crainte de Dieu est abîme de douceur : Combien est grande, Seigneur, l’abondance de votre douceur que vous avez cachée et reservéc pour ceux qui vous craignent (Ps. 30, 20) ; Dieu lui-même nous convie à cette crainte : Venez, mes enfants, écoutez-moi ; je vous enseignerai la crainte du Seigneur (Ps. 33, 12) ; elle est célébrée avec onction et allégresse dans les premiers chapitres de l’Ecclésiastique : La crainte du Seigneur est la véritable gloire et un sujet de se glorifier ; C’est une source de joie et une couronne d’allégresse. La crainte du Seigneur réjouira le cœur ; elle donnera la joie, l’allégresse et la longue vie... La crainte du Seigneur est la couronne de la sagesse ; elle donne la plénitude de la paix et les fruits du salut (C. I. 11, 12, 22). Cf. St Frs de Sales : Traite de l’amour de Dieu ; Ami du Clergé, 1906, p. 1063

Quelques conséquences pratiques

lo. Il est donc important de prendre l’habitude de faire souvent des actes d’amour parfait soit pour satisfaire au premier commandement de Dieu, soit pour mettre en exercice, pour développer et perfectionner en nous la vertu théologale de charité, soit pour recouvrer l’état de grâce ou pour vaincre les tentations, mais surtout parce que le grand exercice de piété, c’est l’acte d’amour de Dieu.

20. Les parents doivent apprendre aux petits enfants à faire des actes d’amour de Dieu, et les enfants du cathéchisme doivent être bien instruits sur ce point. Plus tard, s’ils ont des faiblesses, ils se hâteront de sortir de l’état de péché pour ne pas s’enfoncer dans les habitudes mauvaises, et, en péril de mort, à défaut de prêtre, ils sauront mourir avec confiance. Apprenons-leur à se corriger de leurs défauts, à résister aux mauvaises inclinations, par amour pour Jésus.

30. Dans les ateliers, dans les usines, dans les champs, dans les maladies, que d’actes perdus pour Dieu et pour ceux qui travaillent et souffrent sans profit et sans consolation ! S'ils donnaient tout à Dieu par amour, que de grâces pour cette vie et quel capital pour le ciel !

40. Répandons partout cette pratique de l’amour de Dieu pour lui-même (Lire Faber :

Tout pour Jésus). Une âme de plus dans le monde qui sert Dieu par amour ! O doux Jésus, des milliers d'années passées dans la pénitence

Se —

n’achèteraient point trop cher le plaisir de vous offrir une telle consolation ! Je veux vous l’offrir. 50. La bienheureuse Marguerite-Marie a dit en parlant du Sacré-Cœur : ‘‘ Cette dévotion fera naître l’amour dans les cœurs les plus endureis et embrasera ceux des moins fervents.”’ Convions done les âmes au Sacré-Cœur dont la dévotion est une participation à la vie du Cœur de Jésus. Faisons répéter souvent : Tour POUR VOTRE AMOUR, O CoEUR DE JEsus ! (300 jours d’ind. chaque fois, Pie X, 20 mars 1908).

60. Enfin, qui que vous soyez, n'oubliez pas ce qui suit, c’est mon dernier mot.

Vous n'’avez pas le malheur d'’offenser Dieu gravement, faites des actes d’amour pur pour faire descendre la grâce et la charité dans vos âmes, augmenter votre bonheur dans le ciel et obtenir la remise de vos fautes vénielles. Vous avez eu le malheur de commettre une faute grave, immédiatement recueillez-vous, priez et faites un acte de contrition parfaite ; de grâce, ne vivez pas en état de péché mortel, la mort peut vous surprendre. Que votre journée commence et finisse par l’acte d’amour de Dieu. Appliquezvous à renouveler souvent cet acte, mais surtout lorsque vous vous approchez des sacrements de pénitence et d’Eucharistie.

Cf. Rouvier : À La conquête du ciel ; Gaucher : Le signe infaillible de l’état de grâce ; Garant : Le ciel ouvert par la contrition parfaite ;

Semple : Heaven open to souls—Perfect contrition easy.

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