XII PRÉFACE
en brouillon vers i8fj9 à la Vallée aux Lilas, chez M. Styllite de Saint-Lary (nom patois de Saint-Hilaire) un gentilhomme gascon, de ses amis, et ce fut en réalité à ces Martyrs ridicules, tour à tour repris, remaniés et délaissés, que le jeune enthousiaste dut la joie de connaître le dieu-poète Beaudelaire.
Poulet-Malassis, qu'on nommait familièrement en ce temps Coco mal perché, régnait alors comme le prince des libraires, auTassage Mirés ; toute F arrièregarde du romantisme l'avait accepté et reconnu pour son éditeur, en raison de ses incontestables qualités de lettré et d'artiste. Ce fut Paulin Limayrac, dont le frère, détail curieux, était le directeur de conscience de Mme Cladel mère, qui présenta le néophyte à Malassis. Le débutant portait craintivement sous le bras son manuscrit des Martyrs qu'il remit avec bien peu d'espoir à V associé de De Broise.
L'éditeur, après avoir pris lecture du Roman, fut si vivement frappé des qualités originales du nouveau venu qu'il engagea Baudelaire a parcourir cette œuvre dont les heureuses exubérances de jeunesse compensaient bien les défauts d'inexpérience. « Bravo l Bravo ! clama, après quelques chapitres entrelus, V auteur des Curiosités