XIV PRÉFACE
bien voulu me dédier, et dont la neuvième épreuve ma été communiquée hier par l'imprimeur de la Revue fantaisiste ; une demi-douzaine de termes impropres et quelques locutions d'outre-Loire, plus romanes que françaises, et qui me semblent trop hétérodoxes, déparent, à mon avis, votre curieux travail: accourez, accoure^ vite chez m°i °ù je vous attendrai, s il y a lieu, toute cette après-midi. »
U élève d'accourir aussitôt au rendez-vous, empressé comme à un assaut d'escrime littéraire, ne songeant qu'à faire des contres avec le virtuose étincelant, et, comme il le conta depuis dans une curieuse nouvelle de Bonshommes intitulée Dux, il y apprit à soigner sa forme, à raboter et sertir des périodes de style, à « manger des lexiques », à dénicher le mot vrai, le terme exact et voulu, à compiler les dictionnaires, à les feuilleter, a les sonder avec rage et passion dans un pourchas sans merci; a s' imboire enfin de tous les secrets de notre vigoureuse langue si riche et si féconde dont l'usage si mal appliqué faisait dire à un homme d'esprit cette phrase d'une ironie charmante : « Que de gens sauraient le français, s'il était su de tous ceux qui le parlent ou récrivent! »