ACTE l'KEMIEK
JEANNINE
Non!... un signe ! une indication surnaturelle^ un conseil d'en haut !...
CLAUDE
Ah! bon!...
JEANNINE
Ne riez pas I... C'est très sérieux I... A la messe, je me suis dit : « Si M. le curé, en lisant l'Evangile, salue de mon côté, c'est qu'il faut que nous déclarions tout aujourd'hui ! S'il salue du côté de mademoiselle Penseriaux, c'est qu'il vaut mieux attendre. »
CLAUDE
Eh ! bien ?
JEANNINE
Eh ! bien! j'ai eu mon signe !... M. le curé a salué de mon côté!... Il faut que vous fassiez votre demande tantôt !
Déjà?
JEANNINE
Qui est-ce qui vous arrête?
CLAUDE
J'ai peur de tout compromettre. Monsieur votre père ne m'aime pas beaucoup.
JEANNINE
Un père n'aime jamais celui qui doit être son gendre; c'est d'instinct... vous vous exagérez jieut-être cette aversion ?
CLAUDE
Oh ! je ne me trompe jins, allez!... 11 ne peut pas
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me sentir!... Il me tolère à cause d'Emile! Mais sans Emile !...
JEANNINE
Qu'est-ce que cela fait!... Je vous aime, je veux que vous soyez mon mari, cela suftit!...
Hélas non!... Vous avez viui^'t ans, vous dépendez encore de vos parents. Si M. votre père mo refuse votre main?
Sous quel prétexte?
Sous le prétexte que je n'ai pas de fortune.
JEANINNE.
Vous avez une position très honorifique.
GLAUDK.
...Honorilique, mais peu rétribuée... (Connue toutes les positions honorifiques, d'ailleurs 1
JEANNINE
Bah ! la pauvreté avec vous ne me fait pas peur ! Et ensuite ?
CLAUDE
Et ensuite, il nous séparera! Vous avoir ^jagnée et vous perdre aussitôt 1 C'est alVreux de penser à cela !
JEANNINE
Personne ne vous prie d'y penser !
CLAUDE
Gomment? cette perspective ne vous terrifie pas?
JEANNINE
Si, mais que voulez-vousl... Il faut bien en passer