ACTE PREMIER
CLAUDE
Monsieur, je voudrais vous faire une demande qui vous suprendra peut-être...
LAVERTON.
Non, monsieur, elle ne me surprendra pas!...
CLAUDE, ravi.
Ahl
LAVERTON. ^
Et j'y ferai une réponse qui ne vous surprendra pas non plus : bref, vous allez me demander la main de ma tille et je vais vous la refuser!
CLAUDE, décontenancé.
Oh! mon Dieu !...
LAVERTON.
Monsieur, je ne me fâcherai pas... j'aurais pourtant le droit de trouver votre procédé assez incorrect
CLAUDE
Monsieur...
Pardon... je vous invite à dîner : si vous emportiez l'argenterie vous seriez sévèrement jugé. Croyez-vous que vous agissiez beaucoup mieux en essayant de me prendre ma fille ?
CLAUDE
Je n'essaie pas de prendre votre fille... J'aime mademoiselle Jeannine et elle m'aime; cela ne dépend pas de nous !...
LAVER roN.
Elle vous aime... Qu'en savez-vou><?
CLAUDE
Elle me l'a dit!...
44 L'A.MOrRETTK
LAYERTON.
Vous l'avez donc interrogée ?... Il eût fallu savoir premièrement si je vous y autorisais.
CLAUDE
Je n'y ai pas songé I
LAVERTON.
C'est fâcheux ! .. Si vous m'aviez questionné d'abord, comme il était votre devoir de le faire, je vous aurais répondu que voire situation de fortune ne me convenait point.
CLAUDE
Je vous jure que je saurai me créer une position ; prenez des renseignements ! Tout le monde vous dira que j'ai un très bel avenir.
Nous en reparlerons quand il sera devenu présent.
glat;dh.
Monsieur t J'aime mademoiselle Jeannine ! Je ne peux pas vivre sans elle.. En nous séparant, vous me brisez le cœur !...
LAVKRTON.
Mon ami I Vous avez trente ans?... Combien de fois vous a-t-on déjà brisé le cœur?... Les morceaux en sont bons!...
CLAUDE
Et elle aussi, vous la désespérerez!...
LAVERTON.
Je l'emmènerai en voyage !... J'ai justement besoin d'une cure à Vichy I Dans un mois, elle ne pensera plus à vous I