‹ L'amourette; pièce en trois actesChapitre 22 sur 89 · ACTE l'KEMIEK oîj · texte numérisé non relu

ACTE l'KEMIEK oîj

LAVERTON.

Tu as peut-être raison !

MAINGAUD.

Parbleu ! (Prenant la partition.) Qu'est-ce que c'CSt

que ça ?... « La Favorite. »

Tu ne sais pas ce que c'est que « La Favorite. » Vétérinaire, va !

MAINGAUD, lisant avec emphase.

Ali ! viens, viens, je cédo épertluo Au transport ([ui m'enivre ibis) Ton amour, ton amour m'est rendu, Pour t'aimer, je veux vivre.

Ah ! je te cède éperdue!... etc., etc..

LAVERTON.

Hein ?... Il y a ça?

MAINGAUD.

Gomment? Tu ignorais « La Favorite... » Usinier, va !

LAVERTON.

Ecoule!... Les paroles quand on les chante, n'ont pas le même sens... elles n'ont plus de sens du tout.

MAINGAUD.

Pour toi, parce que ça t'endort, mais une fillette ! Je t'assure que ça la réveille!

LAVERTON.

Il faudra que j'épluche les partitions.

MAINGAUD.

Autre livre! j'ouvre au hasard :... c Que je désire » avec empressement d'être unie à vous I Mon cœur

in LAMolKtlTE

» et ma chair même tombent en défaillance dans l'ar- » deur que j'ai de vous recevoir. Est-il croyable que » vous vouliez vous donner à moi!... Je vous offre » mon corps 1... Mon bien-aimé est à moi! et je suis » à lui !... qui pourra me séparer de son amour! !.. »

LAVERTO.N, révolté.

Oh ! Qu'est-ce que c'est que ce livre-là ?

MAINGAUD, le lui teodant.

C'est le paroissien romain!

LAVERTON, interdit.

Pas possible !

MAINGAUD

Gomment la trouves-tu, ton éducation sévère ?.., L'amour s'y cache sournoisement, dans tous les coins, dans les romans, dans la musique et même dans les paroissiens!... Et vous autres hommes bien pensants, et pères sans reproches, vous ressemblez à des geôliers qui ne feraient lire à leurs prisonniers que des récits de voyage!... Etonnez-vous ensuite, si les prisonniers cherchent à s'évader!...

LAVERTON.

Tu préférerais qu'on ouvrit la cage !...

MAINGAUD.

Mais oui !... je voulrais qu'on habituât les filles ù considérer l'amour comme une chose très simple, point mystérieuse, pas du tout romanesque, mais très grave, par contre, et qui engage l'existence toute entière I Je voudrais qu'elles le connussent autrement que par des romances et des histoires; je voudrais surtout qu'on leur peruiît de juger les hommes au lieu do les enéloijjner, coinine d'auimaui dangereux.

ACTF. PREMIER 4^

L'éducation à l'américaine... comme le vol...

MAINGAUD.

On affirme qu'il y a en Amérique moins de maris trompés qu'en Europe.

LAVERTON.

Enfin !... Nous avons donc une supériorité sur l'Amérique !...

MAINGAUD.

Plaisante!... Si ta tille avait été élevée comme je le désire, tu n'aurais pas tous ces ennuis; qu'est-ce que tu comptes faire, à présent?

LAVERTON.

Je vais signifier sans retard à ce monsieur qu'il ait à déguerpir, je lui con<;igne ma porte.

MAINGAUD.

Laverton... Tu vas encore faire une bêtise.

LAVERTON.

Ah! mais ! Tu m'agaces à la fin!

MAINGAUD.

Quoi!... Je te préviens.

LAVERTON.

Une fois pour toutes, je te prie de te mêler de tes afl'aires, et de me laisser conduire le? miennes comme je l'entendrai.

Il entre dans la maison.

Oh! Ne t'afTole pas !... Je me tiendrai tranquille désormais.

42 L'A.MorHKTTK

SCftNK X Les Mêmes, CLAUDE.

CLAUDE, entrant do droite, premier plan.

Pardon, monsieur 1 N'auriez-vous pas aperçu M. Laverton ?

MAINGAUD.

Oui... que lui voulez-vous?

CLAUDE

J'ai une communication très importante à lui faire.

MAINGAUD.

Ça ne peut pas attendre?

CLAUDE, avec âme.

Non, monsieur, ra ne peut pas!

MAINGAUD.

Dans ce cas! il est là !... Je vais vous le chercher, ne vous dérangez pas!...

Il entre dans la maison.

CLAUDE

Merci ! (seul.) Jeannine m'a dit tout à l'heure de faire ma demande, je crois que c'est lo moment ! Je suis un peu ému !

LAVERTON, sortant avec Mainj:aiid.

Ah! c'est vous, monsieur I

Bonjour, monsieur, je désirerais vous parler!

LAVERTON.

Comme <:a se trouve!

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