ACTE PREMIER
MARTHE
Il vient en automobile avec son ami Claude Liancourt.
MAINGAUD.
Ah ! Il est aussi dans la porcelaine, celui-là?
LAVERTON.
Non I II ne fait rien... Il est auditeur au Conseil d'Etat.
MARTHE
Auditeur de première classe I c'est un homme de beaucoup d'avenir!
MAINGAUD.
Vraiment!
LAVERTON.
C'est-à-dire qu'il aurait de l'avenir s'il avait de la fortune; mais comme il n'a pas le sou !
MARTHE
Quand on est au Conseil d'Etat, on peut aller très loin... on peut être directeur de ministère, ambassadeur, président de grande chambre...
MAINGAUD.
Comme vous êtes ferrée là-dessus, mademoiselle Marthe ! est-ce qu'on vous demande ça aux examens ?
(Marthe baisse la tôte et se remet au travail. Maingaud à
Laverton.) Alors, lu attires ici des jeunes gens I
Je les attire !... Non !... Mes filles ont connu Emile Fenouil au tennis de Chatou; elles l'ont invité ici, il vient une fois par semaine s'entraîner avec elles. Il amène son ami pour avoir un partenaire, et puis, il ne peut pas se passer de ce Liancourt, l'autre en profite pour vivre aux crochets de son camarade.
10 I/AMOIRETTE
MARTHE
Oh ! papa !
MAINGAUD.
Mademoiselle Marthe !... Occupez-vous de vos . « sot-l'y-laisse ! (Maithe baisse le nez.) Enfin, lu ne serais pas fâché si M. Fenouil demandait à entrer dans ta famille !
LAVERTON, embarrassé.
Je t'avoue que je n'ai pas pensé à cela.
MAINGAUD.
Malin va! Tu as élevé tes filles à l'écart... tu ne leur fais voir qu'un jeune homme, et tu veux me faire croire que ce n'est pas pour un mariage!...
LAVERTON.
En tout cas je ne suis pas pressé !...
MAINGAUD.
As-tu consulté Jeannine ?
Non.
MAINGAUD.
Tu as eu tort !
LAVERTON.
Bien entendu !... j'irai consulter cette petite lille !... pour éveiller son imagination 1 Elle est assez exaltée comme ça!... je l'interrogerai quand ça deviendra sérieux de la part du jeune houime.
MAINGAUD.
Quand il sera trop tard ! Si elle se prend ailleurs, sans ton autorisation ?
LAVERTON.
Je voudrais voir ça !... Oh ! puis tu m'embôtes! Je