IMMÉDIATS
la persistance de trajets fistuleux qui dans bon nombre d’observations ont mis des mois entiers à se fermer.
La guérison en général a pu être obtenue dans un temps assez court, si l’on doit la considérer comme acquise à partir du moment où l’opéré ne court plus aucun danger et où il peut quitter le lit. Trois, quatre ou cinq semaines au plus ont suffi pour amener la plaie à une cicatrisation presque complète, et souvent dès les premiers jours on pouvait considérer le succès comme certain. Mais dans bon nombre de cas quelques trajets fistuleux ont continué pendant plusieurs mois encore à fournir une suppuration plus ou moins abondante ; ces fistules ne se fermèrent que le huitième mois après l’opération dans le cas de Bérenger- Féraud, le septième dans celui d’Ollier, le troisième dans celui de M. Lucas-Championnière et dans plusieurs autres. Dans notre observation personnelle, un orifice fistuleux persistait encore au bout de six mois; il se ferma dès qu’on l’eut incisé et qu’on en eut retiré un tube à drainage qui s’y était perdu et dont la présence entretenait la suppuration.
La ligature portée sur l’artère sous-clavière fut très longue à se détacher chez l’opéré de M. Ollier : le fil ne tomba que six mois après l’opération, alors que la plaie était depuis longtemps cicatrisée.
Notons, en dernier lieu, que dans le cas de M. Desprès l’extrémité externe du fragment claviculaire vint percer la peau qui la recouvrait; la cicatrisation de cette plaie retarda l’époque de la guérison, qui ne fut complète que le soixante-troisième jour. Pareil incident menaça de se produire dans le cas qui nous est propre, mais on put y obvier en évitant avec soin que les pansements ne vinssent comprimer le point des téguments qui se trouvait compromis.
RÉSULTATS
Ainsi l’examen des faits connus nous amène à considérer l’amputation du membre supérieur dans la contiguïté du tronc comme une opération au cours de laquelle les accidents sont peu fréquents, dont les complications postopératoires sont plus rares encore.
Parmi les premiers, l’hémorragie peut être prévenue par la ligature préalable du tronc de l’artère sous-clavière, et l’hémostase complétée par l’établissement de pinces hémostatiques sur les branches artérielles de second ordre que l’on sectionne. L’on peut se mettre à l’abri de l’entrée de l’air dans les gros troncs veineux par la ligature préalable de la veine sous-clavière : cet accident, d’ailleurs, contre lequel on possède une ressource aussi sûre que d’une exécution facile, n’a jamais déterminé la mort. La dépression elle-même qui résulte de la perte de sang, de l’action prolongée des anesthésiques et surtout de l’ébranlement inséparable d’une telle opération, bien qu’elle présente une réelle gravité chez des sujets affaiblis par un shock traumatique récent et considérable ou épuisés par de longues souffrances, paraît moins à craindre qu’on ne pourrait le croire tout d’abord en considérant l’atteinte brutale que doit causer à l’économie une mutilation aussi considérable.
Quant aux complications secondaires, presque toutes dépendent de la suppuration et des altérations septiques qui peuvent se développer à sa faveur, et il nous est permis d’affirmer que les ressources dont la chirurgie dispose actuellement les rendront tout au moins infiniment rares.
Il faut, bien entendu, faire la part des difficultés et des dangers inhérents à certains cas particuliers : nul doute que l’opération ne soit plus grave lorsqu’on est obligé de la