‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 32 sur 62 · INFECTION PURULENTE · texte numérisé non relu

INFECTION PURULENTE

vérité trop éclatante pour qu’elle puisse être infirmée par quelques faits isolés, d’autant que son application, même entre les mains des chirurgiens les plus exercés, peut être parfois défectueuse. Le résultat des récentes opérations d’extirpation du membre supérieur pratiquées en France dans de grands centres hospitaliers par MM. Yerneuil, Ollier, Lucas-Championnière et par nous, montre suffisamment que si les précautions îistériennes ne peuvent répondre d’une guérison obtenue sans suppuration, elles préviennent d’une manière presque absolue les complications qui pourraient résulter de la suppuration elle-même, et qu’elles sont une garantie très sure contre la septicémie et l’infection purulente. Le succès obtenu par M. Desprès en dehors des règles de la méthode antiseptique, et ceux qu’ont remportés d’autres chirurgiens à une époque où elle était encore inconnue, ne prouvent qu’une chose, à cet égard : c’est que le danger d’infection septique est peut-être moindre pour l’amputation du membre supérieur dans la contiguité du tronc qu’à la suite de la plupart des grandes amputations.

Il suffit de considérer la vaste plaie que détermine l’opération pour concevoir qu’elle ne prête que fort peu à des accidents de cette nature. La large surface convexe que présente la paroi thoracique mise à nu ne comprend aucune anfractuosité où puisse s’accumuler la suppuration; celle-ci trouve une issue facile vers les parties déclives, que la plaie soit laissée ouverte ou qu’on l’ait fermée en assurant l’écoulement des liquides par le drainage. La surface de section de la clavicule, les vaisseaux veineux importants, se trouvent situés vers la partie supérieure de la plaie, en un point où l’accumulation et par conséquent la

Bergen. il

RÉSULTATS

rétention de pus ne peuvent exister. Seules les régions postérieures correspondant à la division des insertions musculaires qui se font au bord spinal de l’omoplate prêtent dans une certaine mesure à la production de fusées purulentes ; c’est de là, dans une des observations de Parise, qu’est partie l’infection purulente : aussi ce chirurgien a-t-il proposé, pour éviter l’ouverture de ces interstices musculaires, de conserver, lorsque c’était possible, une lame osseuse étroite de ce bord et de ménager de la sorte les insertions des muscles angulaire de l’omoplate, rhomboïde et grand dentelé. C’est par un artifice un peu

différent que Rigaud s’est proposé d’arriver au même résultat, lorsqu’il a donné le précepte, au lieu d’inciser les muscles qui prennent attache au bord spinal de l’omoplate, de les désinsérer seulement avec une rugine, en conservant ainsi la continuité établie par le périoste entre le rhomboïde et le grand dentelé. Nous aurons plus tard à déterminer la valeur de ces modifications du manuel opératoire; disons dès à présent que le danger qu’elles ont pour but d’écarter nous semble avoir été exagéré, et qu’un drainage bien fait, joint à des précautions antiseptiques rigoureuses, devra presque toujours suffire à l’éloigner.

Certaines complications postopératoires que l’on s’attendrait presque à rencontrer, les hémorragies secondaires, la propagation de l’inflammation et de la suppuration par voisinage à la cavité pleurale ou au médiastin, ne se trouvent mentionnées dans aucune observation.

Le seul incident que nous ayons à relever parmi les phénomènes consécutifs à l’opération est le retour assez fréquent de petites poussées inflammatoires qui dans certains cas ont retardé la guérison (Berger, Bérenger-Féraud), et

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