‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 51 sur 62 · PANSEMENTS · texte numérisé non relu

PANSEMENTS

retirer ce tube unique, et si la suppuration paraît ne pas ^ devoir se produire, on le remplacera par deux drains courts placés dans chaque orifice. On fera bien d’introduire en outre un ou deux drains de plus petit calibre en divers points de la ligne de réunion, un entre autres à la place où la présence des poils indique les vestiges du creux axillaire.

Si l’on juge nécessaire d’établir l’un d’eux à l’angle supérieur de la plaie, on aura soin de le retirer très rapidement pour éviter son contact prolongé avec l’extrémité du fragment claviculaire et avec les vaisseaux.

M. Lucas-Championnière insiste sur la nécessité de faire une irrigation abondante de la plaie avec une solution phéniquée; il se déclare peu satisfait de l’emploi qu’il a fait, chez un opéré, du sublimé qui lui a donné des accidents d’irritation de la peau. Nous pensons, en effet, qu’avant de fermer la plaie, il faut avoir soin de la tenir pendant assez longtemps sous un courant de solution phéniquée à 5 p. 100, de manière à mettre tous les points de la surface cruentée et principalement la section des muscles en contact avec elle. Si plus tard la suppuration se déclare, en raison des dangers que présente la rétention du pus dans une aussi vaste plaie, il est bon de pousser, dans les tubes à drainage, des injections avec une solution phéniquée plus faible. En raison de l’étendue même de la surface traumatique, il nous semble qu’il faut donner la préférence à l’acide phénique, comme agent antiseptique, sur le sublimé et surtout sur l’iodoforme, qui ont paru donner lieu plus souvent à des phénomènes sérieux d’intoxication déterminés par leur absorption sur de larges plaies.

Enfin, le pansement ayant été appliqué sera maintenu

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L’OPÉRATION

par une compression assez énergique que l’on établira tout autour de la poitrine, au moyen d’un appareil ouaté. La région se prête parfaitement à l’application de ce mode de bandage; grâce à lui, les lambeaux pourront être fort exactement adaptés sur la paroi costale, et ils y contracteront des adhésions. C’est à la compression qu’a été due la guérison relativement prompte de mon opéré, chez lequel la réunion était presque complètement réalisée le huitième jour.

On donnera une attention particulière aux petites fusées purulentes qui pourraient se produire en différents points, sous les muscles, mais surtout au niveau de la clavicule. On se souviendra qu’un opéré, dout la guérison était presque achevée huit jours après l’opération, conserva pendant six mois une fistule qui était entretenue par un tube à drainage, perdu sous le lambeau postérieur; le fil de catgut attaché à ce tube s’étant résorbé, il avait pénétré dans le trajet où il était placé sans qu’on se fût douté de sa disparition. Les drains debout seront donc pourvus à leur extrémité d’un fil de soie et non de catgut.

Dans les amputations traumatiques l’on peut être contraint d’adopter une conduite différente. Dans la plupart des cas que nous avons rassemblés, mais tout particulièrement dans les faits d’arrachement du membre, la réunion par première intention a échoué et il s’est même développé souvent une suppuration d’assez longue durée et parfois fort abondante. C’est à la contusion intense des téguments, à leur amincissement, à leur meurtrissure, à leur mortification immédiate même, au niveau des points où a porté la déchirure, que sont dus ces insuccès partiels et il ne faut pas s’étonner, comme l’a fait Patrick H. Watson, que le

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