‹ L'amputation du membre supérieur dans la contiguité du troncChapitre 50 sur 62 · V. — Réunion, pansement, soins consécutifs · texte numérisé non relu

V. — Réunion, pansement, soins consécutifs

Nous n’insisterons pas sur les différents modes de pansement qui peuvent être mis en usage à la suite de l’amputation interscapulo - thoracique. Chaque opérateur à cet égard suivra la conduite qu’il a cru devoir adopter dans sa pratique. Pour nous qui pensons, avec la majorité des chirurgiens, que c’est de la méthode antiseptique que dépendent la sécurité et même le plus souvent le succès à la suite des grandes entreprises chirurgicales, nous en recommandons formellement la stricte observation dans l’exécution de l’opération elle-même, comme pour l’application du pansement et pendant toute la durée des soins consécutifs.

La réunion par première intention doit être pratiquée en règle générale dans les cas d’amputation pathologique ; la surface traumatique que l’ablation totale du membre laisse à sa suite est trop vaste pour que l’établissement d’une membrane granuleuse à sa surface et son organisation en cicatrice ne réclame pas un temps fort long et ne fasse courir à l’opéré les chances qui résultent d’une abondante suppuration. Mais au moment de réunir les lèvres de la plaie par la suture, il est nécessaire d’assurer l’écoulement des liquides au moyen du drainage.

Les considérations où nous sommes entrés à propos des résultats de l’opération (1) nous ont fait voir que lorsque la plaie était fermée, le malade étant couché sur le dos, les ligatures de l’artère et de la veine sous-clavière en occupaient la partie supérieure ; que de ce côté l’on n’avait donc

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L’OPÉRATION

pas à craindre la stagnation du pus en contact avec les vaisseaux : la disposition des parties met également à l’abri des fusées purulentes les espaces sous-aponévrotiques du cou et le médiastin ; les liquides gagnant les parties déclives n’ont aucune tendance à séjourner sous la face profonde du grand et du petit pectoral ; mais ils tombent tout naturellement dans le cul-de-sac profond que constitue l’intervalle qui sépare le lambeau postérieur de la paroi thoracique ; c’est au fond de cet interstice que les espaces sous-aponévrotiques profonds du dos sont ouverts par la section du rhomboïde et du grand dentelé. Pour éviter l’infiltration purulente de cette région, au cas où la suppuration viendrait à se produire, il est donc nécessaire de pourvoir à l’existence de larges voies d’écoulement pour les liquides venant de la plaie.

On établira donc un drainage au moyen d’un très gros tube, largement perforé, sur toute la longueur du bord postérieur de la solution de continuité : les deux bouts de ce tube sortiront par deux contre-ouvertures faites le plus loin et aussi en arrière que possible aux extrémités supérieure et inférieure de ce bord. Toutefois, si l’incision qui a servi à l’amputation s’y prête, on pourra se servir d’elle pour faire passer le bout inférieur de ce tube à drainage.

Je préférerais cette manière de faire qui assure une canalisation parfaite de tout le cul-de-sac postérieur de la plaie à l’établissement pur et simple de tubes en caoutchouc durci courts, tels que M. Lucas-Championnière les emploie, sorte de drains que l’on place debout dans les contre-ouvertures et qui, pour une surface aussi étendue, ne font pas disparaître la possibilité de l’accumulation des liquides dans un point intermédiaire. Au premier pansement, on pourra

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