MEMBRE ARTIFICIEL
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sont articulées au niveau du coude, de manière à permettre la flexion et l’extension ; cette articulation peut être fixée à volonté par un verrou. En outre, au-dessus de l’articulation du coude, la rotation du bras artificiel autour de son axe longitudinal est permise par l’emboîtement de deux cylindres qui composent ce segment de membre; une semblable disposition existe également à l’avant-bras, de telle sorte que par la rotation du bras, l’adduction et l’abduction de l’avant-bras se produisent, que par la rotation imprimée à l’avant-bras, la pronation et la supination peuvenl être obtenues. Au niveau du poignet, un léger mouvement de flexion est encore possible ; enfin, le membre se termine par une main dont les quatre doigts à demi recourbés sont opposés au pouce qui est articulé et maintenu fixé contre eux par la pression d’un ressort.
Pour permettre à l’opéré d’écarter le pouce des doigts, M. Collin avait imaginé de fixer à ce pouce une corde à boyau qui, se réfléchissant sur une série de poulies de renvoi situées à l’intérieur du membre artificiel, passant obliquement derrière le dos de la cuirasse, allait aboutir à une brassière que portait le bras sain. Un mouvement d'abduction de ce bras déterminait l’écartement du pouce des quatre doigts, au contact desquels il revenait sous l’influence du ressort, lorsque cette traction cessait. Ce mouvement du pouce pouvait d’ailleurs s’exécuter, quel que fût le degré de flexion de l’appareil au niveau du coude. Il faut dire que l’opéré, un peu par paresse, profitait peu de cette disposition, qui lui permettait cependant de saisir certains objets avec la main artificielle, sans se servir, pour l’ouvrir, du concours de l’autre main.
L’appareil fabriqué par M. Collin pour l’opéré de
L’OPÉRATION
M. Lucas-Championnière diffère du précédent en ce que la manœuvre du pouce par ce mécanisme y a été supprimée. La cuirasse a été également simplifiée; elle est remplacée par une camisole en toile, solidement maintenue avec des boucles, et sur laquelle se fixe avec un lacet une armature en cuir, sorte de demi-cuirasse, moulée sur le côté de la poitrine qui est dépourvu de membre ; cette armature en cuir supporte le membre prothétique.
Enfin, M. Mathieu a fait, pour l’opéré de M. Bérenger- Féraud, un membre artificiel qui ne diffère pas essentiellement des précédents.
Grâce à ces appareils, les opérés peuvent saisir et supporter des objets même assez pesants, et non seulement pourvoir à la plupart des usages ordinaires de la vie, mais vaquer aux soins domestiques, ou même se livrer à quelques travaux professionnels qui n’exigent du membre en question qu’un degré restreint de force et de dextérité ; il sert d’ailleurs à dissimuler d’une manière très suffisante l’énorme mutilation qui a été pratiquée. Il nous paraît rendre les mêmes services que l’appareil auquel on a recours pour remplacer le membre à la suite de la désarticulation de l’épaule.