‹ L'Amputation du Rectum Cancéreux par la Voie TransvaginaleChapitre 15 sur 22 · III. — Soins consécutifs · texte numérisé non relu

III. — Soins consécutifs

Il est de notion courante qu’en matière de cancer du rectum les soins post-opératoires ont une importance au moins égale à celle de l’acte opératoire lui-même ; mais, s'ils sont minutieux, Compliqués, exigeant une préoccupation continuelle dans les extirpations par la voie sacrée, périnéale ou coccygienne, on peut dire, qu’en général, ils sont d’une extrême simplicité après les interventions par voie vaginale.

En quoi consistent-1ls ?

Tout d’abord, l'opération terminée, disons que le pansement ne présente aucune particularité spéciale ; c’est un pansement aseptique à plat, recouvrant d’un côté l’orifice anal et de l’autre la plaie de débridement vulvaire fessière. Le vagin est bourré d’une compresse sèche et une sonde à demeure est placée dans la vessie. Une couche d’ouate re- - couvre le tout et peut être maintenue par un bandage classique en T.

Mais, comme le fait remarquer Chalier, ce bandage n’est pas assez large : aussi, il est préférable d’adopter le modèle de cet auteur, qui peut être construit de la façon suivante : « On prend une bande de toile large de 6 à 7 em., longue « de 4 m. 60 et destinée à la ceinture. En son milieu s’im- « plante un morceau de toile, large à sa base de O0 m. 50 « environ et cela sur une hauteur de 0 m. 40 ; ce dernier, « long de 0 m. 75, s’effile à sa partie antérieure, de façon « progressive, si bien que son bord antérieur ne mesure plus « que 0 m. 25. Il affecte donc, dans son ensemble, la dispo- « sition d’un rectangle prolongé par un trapèze. Cette dis- « position spéciale est conditionnée par l’utilisation même « du bandage, dont la partie large recouvre les fesses, tandis

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« que la partie effilée est destinée à passer entre les cuisses « pour venir se rabattre sur la région pubienne. Cette pièce « principale donne attache sur ses bords à deux chefs laté- « raux : l’un fixé à 0 m. 30 environ de la ceinture ; l’autre, « tout près de l’extrémité antérieure. Ils ont environ 0 m. 40 « de long sur 4 à 2 em. de large. Du bord antérieur, au voi- « sinage de chacune des extrémités, partent deux chefs lar- « ges de 3 cm. et longs de O0 m. 40. »

L'application de ce bandage est des plus faciles. La pièce principale étant en position postérieure par rapport à la malade, la ceinture enserre la taille au-dessus des crêtes iliaques et est nouée au-devant de l’abdomen. La pièce prineipale recouvre la région lombaire inférieure, les deux fesses, la zone sacrée ; elle passe entre les cuisses par son extrémité antérieure pour garantir la région périnéale et les chefs terminaux sont attachés à la ceinture.

La malade est reportée dans son lit et traitée comme une autre opérée suivant les indications (sérum, caféine, huile camphrée, etc.).

Dès le lendemain, on commence la constipation par les pilules d’extrait thébaïque à 0 gr. 06 cgr., dose que l’on peut élever progressivement jusqu’à 0 gr. 08 cgr., et cette constipation doit durer jusqu’au 12° jour au moins.

Les soins consécutifs doivent être surveillés de très près et nous ne pouvons que conseiller fortement la pratique employée par le D” Iselin sur la malade de notre observation personnelle. C’est la pratique préconisée par M. le Professeur Delbet et qu’il applique à ses opérés d’hémorroïdes par le procédé de Whitehead. Elle consiste en 2 ou 3 lavages journaliers de l’anus et de la région péri-anale avec un jet léger d’eau oxygénée, suivis chacun d’un asséchement de la plaie de réunion avec une compresse imbibée d’alcool.

Quant au drainage sacré, s’il n’y a pas de phénomènes locaux ou généraux inquiétants, on le Supprimera au bout de 48 heures environ de même que la mèche vaginale, et, dans ces conditions, les suites opératoires de cette interven-

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tion, en somme considérable, sont comparables à celles d’une opération de Withehead.

Les fils enlevés, on déconstipe la malade le 12% jour en lui donnant une purgation que l’on aura fait précéder la veille d’une pilule laxative pour ramollir les matières.

La sonde à demeure sera conservée jusqu’à ce moment sans inconvénient, à la condition que cette sonde soit changée tous les cinq ou six jours et que l’on fasse fréquemment des lavages de vessie à l’eau bouillie, et, de temps en temps, à la solution de nitrate d’argent à 1 p. 1000.

IL n’est pas inutile de dire que, pendant toute cette période de constipation, la malade doit être soumise à un régime alimentaire très sévère. On se conduira d’abord comme pour toute autre intervention et, quand l'alimentation sera reprise, elle consistera tout d’abord uniquement en liquides (eau-de-riz, lait, en se souvenant que, chez certaines personnes, il occasionne de la diarrhée, etc.) ; puis on la fera plus substantielle en y ajoutant des crèmes, des purées, etc.

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