‹ L'amulette de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinationsChapitre 38 sur 93 · I.ES PENSÉES · texte numérisé non relu

I.ES PENSÉES

sition , les discussions assez vives nées du concours dont il avait été l’occasion , portèrent une dernière et fatale atteinte à la santé de Pascal. Dès ce moment il ne lui fut plus donné de se livrer à aucun travail suivi, à celui même dont la réalisation eût comblé ses vœux les plus ardents et encouragé ses plus saintes espérances.

Depuis plusieurs années, durant la composition des Provinciales et à l’occasion d’un miracle opéré à Port-Royal sur sa nièce Marguerite Périer 1), il avait formé le projet d’écrire, contre les incrédules, une vaste A pologie du Christianisme. Cet ouvrage , dont les matériaux et les premiers jets composent ce qu’on appelle ses Pensées, devait être l’œuvre méritoire de son génie. La mort qui s’approchait au milieu des souffrances ne lui permit pas de l’exécuter. Ou sait maintenant mieux que jamais comment ont été conçues et écrites ces Pensées, derniers et admirables vestiges d’une intelligence qu’abandonnait la vie. O11 peut suivre sur ces ébauches quelquefois pourtant si achevées la faiblesse même de la main qui ne pouvait plus suffire à les tracer. Ce n’est pas sans une respectueuse pitié qu’on voit sur ces papiers informes l’esprit s'arrêter au milieu d’une idée, la plumeau milieu d’une phrase, quelquefois

(1) Voir, sur ce miracle, la note XVII de la Troisième partie.

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