‹ L'amulette de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinationsChapitre 37 sur 93 · MAL DE DENTS · texte numérisé non relu

MAL DE DENTS

fit In gloire de l 'illustre malade. Cet étonnant épisode de la vie de Pascal est peut-être ce qui caractérise le mieux et sa singulière santé et son incomparable génie.

Dans les longues nuits d’insomnie que lui occasionna ce redoublement de ses maux qui avait pris la forme d une douleur dentaire, une dernière mais éclatante llnmme du génie mathématique qui avait illuminé toute la première moitié de sa carrière se ralluma dans son cerveau (1). Plusieurs problèmes relatifs à la courbe appelée Cycloïde ou Roulette , lui revinrent comme d’eux-mêmes à l’esprit, et, pour calmer ses souffrances, au lieu d’en détourner son attention, il s’y abandonna et les subit dans leur succession et leurs rapports. C’était pour une douleur de dents un bien singulier remède, et qui n’a guère été employé que cette fois. Un soir donc, le duc de Roanne/., son ami et son admirateur, l'avait laissé très souffrant. 11 le trouva le lendemain guéri de sa névralgie , et lui demanda le secret de sa guérison. Pascal le lui apprit, sans paraître y attacher d’importance, et comme il eut pu faire d’un

(t) Madame Périer, ouvrage vile, pag. 36, 37, 38. — Recueil (VVtrechl , pag. 275,270. — Lettres., opusc. et mém. de madame V évier , de Jacqueline Pascal, etc., publiés par M. Faugire, pag. V‘>7 ei suivantes.

PROni.l'MES OF. I A ROl'I.ETTE. I

remède orninairo. Il n’avail pas seulement pris la peine d’écrire les diverse^ queslions qu'il s’était successiveinenl posées, el l«*s solutions qu’il v avait trouvées. Sui\ant une de ses habitudes de travail, il avait gardé tout cela dans sa tète. Mais leduc.de lioanncz et quelques uns dos principaux solitaires de Porl-Koval lui représentèrent qu’il fallait écrite et publier les résultats de ces méditations singulières, et, avant de les publier, en mettre les sujets au concours • non point par un esprit de mondain orgueil , mais par zèle pour la religion, et pour prouver aux libertins et aux incrédules que le génie qui, dans de telles conditions , avait posé et résolu de tels problèmes, était celui d’un chrétien désormais aussi humble qu’inébranlable dans sa foi. Pascal suivit ce conseil , et après la clôture d’un concours ouvert sous le pseudonyme anagrammatique d' \mos Deltonville i ), d publia Y Histoire de la Roulette et ses propres travaux sur la nature cl les propriétés de cette courbe. Ce fut comme son dernier regard dans le champ des mathématiques. Cet ouvrage, résultat si extraordinaire du hasard de la maladie, fut imprimé en huit jours et sur le seul manuscrit qui en ait jamais été dressé. S i profondeur et la rapidité de sa compo-

(I) Anagramme de Louis de Mnnlnlle , nom sons lequel parurent Ips Provinciales.

Les Censées , )ii fragments de 'Apologie du :hrisiiunismc.

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