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Quatre années de douleur et de défaillance.
(1) Voir le Manuscrit autographe des Pensées, à la Bibliothèque royale, et à son défaut les Pensées, fragments et Mires de Plaise Pascal , publiés par M. Faugère, i. 1, pag. 82, 191, t. I , pag. 75,99, 178, 298, 299, etc.
(2) Madame Périer, Vie de Pascal , pag 86, 38.
(3) Recueil d'Ulreclit , pag. 323, 331 ; — Lettres, opusc. et mém. de madame Périer , de Jacqueline Pascal , etc., publiés par M. Faugère, pag. 52, /|65.
(/t) Madame Périer, ouvrage cité , pag. 39.
1 Ho ylATRE ANNÉES
aucune marque de répugnance, tout ce que lui ordonnaient ses médecins. C’est ainsi , dit madame Périer, qu'il fit usage de consommés durant quatre ans de suite, sans en témoigner le moindre dégoût (i . Sa faiblesse devenait aussi de plus en plus marquée, et la plupart du temps elle ne lui permettait pas de jeter sur le papier ou môme de dicter au premier venu les matériaux de son grand ouvrage (2). Dans ce triste désœuvrement il passait son temps à lire l’office divin et particulièrement les petites heures , pour lesquelles il avait une grande passion: ou bien il parcourait les églises où étaient exposées des reliques, et il avait, pour cela, une sorte d’almanach spirituel qui lui servait de guide dans ces pieuses visites (3).
A tous ces fâcheux symptômes d’un épuisement sans remède, se joignait, comme cela 11’est que trop ordinaire, une sensibilité maladive, dont il nous a été conservé uîi exemple. Arnauld , Nicole, Sainte- Marthe et quelques autres solitaires, étaient un jour réunis chez Pascal. Ils discutaient sur une addition au formulaire que devaient signer les religieuses de Porl-lloyal. Cette addition, qui était l’ouvrage d’Arnauld et de Nicole, paraissait à Pascal
(1) Madame Périer, ouvrage cité, pag. Al.
(2) Jd. , ibitl pag. 36.
(3) / il. . ibid. . pag. fi t .
I( K l>F. I v i i.la.m; I .
manquer de clarté, peut-être môme de Inmcliise , et il la regardait comme un acte de faiblesse, capable de faire croire que ses austères amis n’osaient plus défendre hautement le dogme de la grâce efliee.ee et le vrai sens de Jansénius. Malgré tout ce qu’il put dire sur ce sujet, l'a\is de Nicole et d’Arnauld prévint, et il fut résolu que les religieuses signeraient b' formulaire avec l’addition. Pascal, qui avait soutenu son opinion avec beaucoup de vivacité, eut tant de douleur de ce résultat qu’il se trouva mal , disent les mémoires de sa nièce, et perdit à la fois la parole et la connaissance. Lorsqu’il fut tout-à-fait remis, madame Périer lui ayant demandé ce qui lui avait causé cet accid< ut, il répondit : « Quand j’ai vu toutes ces personnes-là, que je regardais comme étant ceux à qui Dieu avait fait connaître la vérité, et qui devaient en être les défenseurs, s’ébranler et succomber, je \ous avoue que j’ai été si saisi de douleur, que je n’ai pas pu la soutenir, et il a fallu \ succomber ( i ). »
L’est ainsi que frappé dans tout l’ensemble et dans toute la profondeur de l’arbre nerveux, dans son tronc, instrument immédiat de l’imagination et de la pensée, dans ses racines, organes plus
(1) Recueil d’Vtrceht , pag. 022 , 325, 32à, 325; ouvrage l'ilc ci-dessus de M. Fa u gère . pag. riü(i.