MANUSCRITS ET IMPRIMÉS
louanges dp pc grand écrivain a été l’occasion de colle révision à la loupe des œuvres sorties de sa plume, et c’est un domine, qui lui-mèrne comptera peut-être un jour parmi les maîtres de la langue, qui en a pris I initiative et leur a donné l’impulsion.
(Je contrôle des titres de grandeur de Pascal est quelquefois allé fort loin , et a donné lieu à des retours à la lois instructifs et plaisants. Appuyé sur «les manuscrits qu’on croyait authentiques , et bien préférables à ceux qui avaient servi aux publications primitives, on avait rejeté dédaigneusement des traits d’éloquence admirés depuis près de deux siècles sur la foi des premiers éditeurs, et l’on avait en conséquence proposé de nouvelles sublimités à i admiration de l’avenir. Ln dépouillement de manuscrits meilleurs encore, ou un examen plus attentif des anciens, est venu montrer que ces premiers éditeurs avaient bien donné le vrai Pascal, et que l’cnthousiasrne n’avait point a dévier de la ligue ou il s'était maintenu jusqu’alors, il serait peut-être bon d’en demeurer là, aiiu de ne pas mettre dans un trop grand embarras la foule toujours assez considérable des enthousiastes sur parole, et pour qu'il ne lui vienne pas à l esprit que les critiques en fait d’éloquence auraient quelque-
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fois besoin d'être | > I m ^ sûrs dos mol ils do loin propre admiration.
En s'occupant du génie de Pascal, on était conduit à s'occuper de sa \ io ; on recherchant ce qu i! avait dit, on dcv ait rencontrer ce qu’il avait lait. Los papiers dont le dépouillement avait pour hui défaire mieux connaître ses pensées, semblaient pouvoir donner aussi les moyens de compléter sa trop courte histoire. Quelques particularités graves des événements qui la constituent réclamaient certains développements, ou appelaient de nouveaux témoignages. Il était naturel de supposer (pi on ne s’adresserait pas en vain pour cela aux nombreux m. nuscrits relatifs soit à Pascal lui-même, soit à sa famille et à ses amis, et dont je vais donner la liste.
i" Les trois Recueils manuscrits du P. Pierre Guerrier, dont les deux premiers ont été découverts
par M. Eaugère en \ u vergue , et dont b1 dernier, signalé pour la première fois par le même écrivain, existe a la Bibliothèque royale , Fonds supplément français , n° 3c )~j , sous le titre de : F. rumen d'un écrit sur la s-i (/nature, de ceux </ ai souscrivent aux constitutions , etc. , et différents autres écrits de Port -Royal ( i .
(1) J’ai cité en première ligne tes It écueils MSS. du P (Jtiei tùt. parce cjn ils sont las premières copies des papiers originaux
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2° line copie textuelle du troisième recueil du P. Guerrier, existant à la Bibliothèque Mazarine, sous le n° 2109 et le titre de : Mémoires et pièces recueillis par M. Domat ( auteur du Traité des lois civiles ) sur des disputes théologiques , qui m’ont été communiqués par M . Domat , président en la cour des aides de Clermont , son arrière-petitfils (1).
3° Le manuscrit Supplément français de la Bibliothèque royale, n° i48b, ayant pour titre, Mémoires de Marguerite Périer , première partie , et contenant à peu près la moitié de ce que renferment
qui étaient devenus la propriété de Marguerite Périer par la mort de toute sa famille. Ce P. Pierre Guerrier, qui était de l’Oratoire de Clermont, était arrière-petit- neveu de Pascal par les femmes et ami particulier lie sa nièce Marguerite Périer. il habitait Clermont ainsi que cette vieille demoiselle , et copiait véritablement sous ses yeux les papiers relatifs à son oncle et qu’elle avait donnés à l’Oratoire de cette ville, .l’engage à voir, pour ce qui le concerne, ainsi (pie pour tout ce qui a trait aux manuscrits dont je donne ici la liste, les deux publications si exactes de M. Fangère, intitulées : Pensées, fragments ci tel 1res de ltlaise Pascal, etc., 2 vol. in-8”; Lettres , opuscules et mémoires de madame Périer et de Jacqueline, sœurs de Pascal , et de Marguerite Périer sa nièce, 1 vol. in-8"; cl pai liculière i.enl les préfaces de ces deux ouvrages.
(1) Je dois la connaissance >>e ce manuscrit à l’obligeance de M. Cousin.
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les I rois recueils du I'. Guerrier, sur lesquels il a été évidemment copié.
4° Un manuscrit petit in-4° de la Bibliothèque de Troyes, intitulé, Mémoires sur la vie de M. Pascal. ]\1. Libri l’a le premier lait connaître dans le cahier du mois d’août i8/ji du Journal des savants. Il ne contient qu’une faible partie des manuscrits du P. Guerrier.
ô° Un portefeuille in-folio de la Bibliothèque ro\ ale, F omis de l’Oratoire, n° î Go, avant pour titre M anuscrit concernant M . Pascal, M . Arnauld,e te., et offrant entre autres documents un certain nombre de reproductions des manuscrits du P. Guerrier.
G0 Les (/ucitorze porte feuilles du médecin L'allant, existant à la Bibliothèque royale. Ils renferment une foule de pièces, plus intéressantes encore pour l’histoire du temps que pour celles de Pascal et de sa famille, et dont plusieurs se rapportent à des affaires de sorcellerie et de miracles.
7° l n manuscrit petit in -4°, du Fonds de Sainl- Gerniain-Gèvres , n° ~ \ des manuscrits de la Bibliothèque royale.
8° L n manuscrit petit in-8°,dc i 73 feuillets, communiqué par M. Sainte-Beuve à j\l . Faugère.
B° lu manuscrit de \ 7 pages iu-folio , provenant de la succession d’un P. Adr\ de l’Oratoir ’ ,
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appartenant maintenant à AI. Aimé-AIartin, el comprenant entre autres pièces la plus grande partie des mémoires de Alarguerite Périer sur Pascal et sur sa famille.
Ce sont là de nombreuses sources , et il semble qu’il n’v avait qu’à \ puiser pour en extraire eu abondance les matériaux d’une nouvelle histoire de Pascal. Il n’eu pouvait rien être pourtant, et cela ne devra pas surprendre lorsqu’on saura que tous ces manuscrits si pompeusement étiquetés (sans parler de quelques autres qui ne sont pas venus jusqu’à nous), avaient déjà été plusieurs fois dépouillés par des mains très habiles, et en outre très intéressées à la publication de tout ce qu’ils contenaient d’important. Voici les principaux ouvrages qui étaient résultés de cette publication.
i° I .a Vie de Pascal, écrite par madame Périer, imprimée en 1684 et 1 GB 7 , en tète de doux éditions des Pensées, publiées l’une à Amsterdam, l’autre à Paris.
'2° Relation de la vie de la sœur Jacqueline de Sainte-Euphémie Pascal, jusqu’à son entrée à Port- Royal , etc. , par madame Périer , sa sœur , dans b- tome II des vies intéressantes et édifiantes des religieuses de Port-Royal , Paris, 1701.
3° Les articles de Plaise el de Jacqueline Pascal,
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île \|. ('I de Madame IVrier, de lem lille Marguerite, etc., dans le \ ëcroloye île l'abbaye de Port- Royal, in-/| , tome I, 1 et dans le Supplément à ce nécrologe , in-4, 1735.
'l0 La Relation de la sœur Jacqueline île Sainte- Euphémie Pascal , dans le tome III des Mémoires [tour servir à l’histoire de Port-Royal et à la vie de la révérende mère Marie-Angélique de Sainte-Magdeleine Vrnanld , réformatrice de ce monastère, l t redit, 17^2.
5° Enfin et surtout le Mémoire sur la vie de M. P asc lu, I, contenant aussi quelques particularités de celle île ses parents, pièce principale du Recueil de plusieurs pièces publié à Utreclil en 1 7 \o pour seoir à l’histoire de Port-Ro>al, et qui ferait largement les liais d’un gros in - octavo de la librairie actuelle.
Le mémoire est le travail le plus complet et le plus exact < j 1 1 i ait été effectué jusqu’à présent sur la 'iode Pascal. Parmi les publications dont je xiens de donner les titres , non seulement il résume et indique toutes celles qui axaient précédé la sienne, mais il offre quelquefois à l’avance un extrait des laits ipi ■ devaient bientôt contenir en entier celles qui sont '(mues ensuite. Lola tient à ce que i’au leur <ie cet important mémoire h* composait prin-
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cijialemeut d’aprcs les papiers originaux appartenant à Marguerite Périer, d’après ceux mêmes dont les copies ne nous sont point parvenues. C’est ce dont il prévient dès la première page de sou travail (i), ce qu’il rappelle dans son cours (2 , ce
(1) « On a toujours lu avec beaucoup de plaisir etd’édification lu Vie de M. Paschal qui a été écrite par madame Périer sa sœur, et que l’on a mise à la tête du livre des Pensées de ce grand homme. Mais il aurait été à souhaiter qu’elle s'y fût plus étendue sur la manière dont Dieu l'attira une première fois à lui , et ensuite une seconde , après l’avoir laissé un peu s’éloigner de lui. Cette Vie aurait aussi sans doute été beaucoup plus intéressante, si on y eût parlé de ce qui donna occasion à divers ouvrages d’une certaine espèce, auxquels on sait que M. Pasclial a eu part. C’est pour y suppléer en quelque sorte qu’on publie aujourd’hui ce mémoire, où l’on trouvera diversesanecdotes curieuses au sujet de la famile des Paschals et des Pêriers , qui se sont aulant distingués par leur esprit que par leur piété. Il a clé fait sur un assez grand nombre de pièces originales trouvées parmi les papiers de mademoiselle Marguerite Périer, nièce de M. Paschal. Si on donnait une nouvelle édition des Pensées , on pourrait juin dre, outre plusieurs pensées nouvelles, quelques unes de ces pièces, telles que des lettres et autres petits ouvrages de M. Paschal, de sa sœur la religieuse de Port-Iloyal , etc » ( Recueil d’Ulrecht •, pag. 1238. )
C’est en quelque sorte à celte recommandation qu’ont fait droit M. Cousin et M. Kaugère dans leurs publications rela lives à Pascal cl à ses sœurs.
(2) « Mademoiselle Marguerite Périer ( à qui l'on csl redevable de la conservation des pièces qui m'ont servi à dres-
RELATIFS A PASCAL. 21 f)
dont i! donne la prouve à chaque ligue. Aussi depuis la généalogie des Pascal , et l’anoblissement du premier de leurs Étienne par Louis XI, jusqu’à cette péroraison louchante où Marguerite Périer dit que, connue Simon Machabée , restée s uie de tous les siens , (die est prête à mourir comme eux dans l’amour de la vérité, le mémoire du Recueil ti'l Irecht contient-il, à une seule exception près, tous les faits de la \ie de Pascal rapportés dans les publications diverses de MM. Cousin, Libri , Faugère , et cela dans les termes mêmes des manuscrits dont ces réimpressions sont le dernier dépouillement.
Ainsi, pour citer quelques exemples au hasard,
! affaire des rentes de l’IIôtel-de-V ilie qui força Llienne Pascal à se cacher en Auvergne, la comédie jouée chez ia duchesse d’Aiguillon qui donna occasion à Jacqueline d obtenir du cardinal de Richelieu le retour de son père, la fracture de cuisse
scr ce mémoire et de plusieurs autres ), après avoir rapporté dans une petite relation diverses particularités de la vie de scs parents, parle ainsi : « Voilà quelle a été la vie de toutes les personnes de ma famille. Je suis restée seule, etc. » I*. ZiÜ'J.
C’est le morceau imprimé de nouveau par M. Cousin , pag. d89 de son Rapport sur les Pi usées de Pascal , et par M. Faugère, pag. Zi38 de son édition des Lettres , mémoires et opuscules de G. et J. Pascal et de M. Périer.
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de ce dernier, la paralysie donl lïit affligé Biaise Pascal à la suite de ses premiers travaux , le voyage qu’il lit à Paris pour prendre sur sa santé les avis des médecins , son mal de dents qui donna lieu à ses recherches sur la Houlette , l’évanouissement dont il lut saisi dans une discussion sur le formulaire; tout, absolument tout, se trouvait depuis un siècle consigné dans le Recueil d’Utrecht avant de revoir le jour dans les publications que je viens de citer. Il n’y a, je l’ai dit, qu’un fait, un seul fait, qui ait été divulgué paires publications, récentes plutôt que nouvelles, c’est celui de la maladie nerveuse donl Pascal lut atteint étant encore au berceau, et que M. Cousin a le premier fait connaître. Or ce fait, consigné dans un petit Mémoire de Marguerite Périer sur la vie de Pascal (i), s’y trouve placé à côté de celui de la paralysie, qu’a donné le mémoire inséré dans le Recueil d’Utrecht. L’auteur de ce dernier travail avait donc encore eu celle circonstance de la \ie de Pascal sous les yeux et sous la plume, et s’il ne l’a pas imprimée, c’est qu’il l’a jugée inutile à l’histoire de ce grand homme. De son point de vue, il pouvait avoir rai—
(1) Extrait, par M. Cousin , du MS. ayant pour liirc , Mémoires de Marguerite 1‘éricr, pag. 1 à 7, et par M. Faugère, fin 11e recueil MS. du P. Guerrier, pag. 173 et suivantes.
HKI- A I Ils V 1* A SI VI.
<n!i , niais du mien , il a \ a i I tort; et celle par t ic u la— nié est la premièro <|in ait dû prendre place dans une appréciation où la physiologie est enlin intervenue.
NOTE il.
DÉPENDANCE 01 l’.4ME F.ST DU CORPS D APRÈS VOLTAIRE, PASCAL, MONTAIGNE.
l.it philosophie dont il (Voltaire) fut le plus infatigable apôtre, dans la part (( u elle faisait au corps devait comprendre aussi ses maladies, leur influence sur les affections de l’âme et sur les actes de l'esprit. Page 14 6.
Entre autres preuves de la philosophie de \ oltaire sur ce point , voici ce qu’on lit dans une de ses Remarques premières sur les Pensées de Pascal. « L’homme n'est point un sujet simple ; il est composé d’un nombre innombrable d’organes. Si un seul de ces organes est un peu altéré, il est nécessaire qu’il change toutes les impressions du cerveau , et que l’animal ait de nouvelles pensées et de nouvelles volontés.» (Remarque sur cette Pensée de Pascal: « Cette duplicité de l’homme est si visible qu'il ) en a qui ont pensé que nous avions deu\ Ames, etc...» — ■ OEuvres de Voltaire , page [\<i du tome 1 des Mélanges, tonie WW 11 de l’édition de M. P>euchot. )
Et Pascal, avant \ oltaire, avait dit dans plusieurs