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'ju il a\ ail arrêté ses veux sur son visage , qui lui l'Iaisail , pour détourner la vue de dessus l’enfer elles démons qui lui. paraissaient horribles. . . .
» Pendant qu’il était dans un étatsi effroyable, , e( que ses cris et ses hurlements faisaient trembler ceux qui le voyaient, comme un homme prêt à être emporté par les démons, la sainte P ierge lui apparut au coin de sa chambre. Par la douceur et la majesté de son visage , elle calma aussitôt tous ses mouvements furieux de désespoir. Il se jeta à ses pieds , et lui demanda avec larmes quelle daignât lui obtenir de Jésus-Christ son fils sept ans au moins pour faire pénitence de ses péchés et se retirer du monde. Dans ce même moment que ceux qui étaient présents disaient : il ne vivra plus qu’un demi-quart d’heure ('car il les entendait fort bien , il dit qu 'il sentit sensiblement que toutes les parties de son corps et de ses entrailles se remuaient ■ , et qu’il fut assuré en lui-même qu’il ne mourrait point de cette maladie, quoique la sainte Vierge ne lui répondit rien , mais lui témoignât seulement en baissant la tête qu’elle l’assisterait de sou intercession. Peu après il lui prit une grande crise , et il guérit. Il s’est cependant ressenti néanmoins (dus
de six ans des restes de celle maladie .
» Après bien des oppositions, le mariage de
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\l. ilt* liascle lui «mi li n ca SM* . Mais, comme i«* 1 1 »* longue poursuite 1 ’a\ ait consommé en Irais, il \iul a Paris pour prendre la conduite de quelque enfant de grand seigneur, (l’est à ce sujet qu’il eut pour la première lois occasion d'être présenté à AI. de Saint-( Ivran . qui le reçut avec une grande civilité et lui promit son assistance .
» Il était resté à AI. de Bascle une impression dans l’esprit d’un songe qu’il avait eu ensuite île su (/ronde maladie, où, s'étant trouvé dans un désert, il avait cru voir Saint J eau-Baptiste qui lui montrait un vallon environne d’une montagne et d’un enfoncement proche, comme le lieu où Dieu voulait qu'il se retirât pour faire la pénitence qu’il avait demandée à la sainte) ierge. Et il m’a confessé que, lorsqu'il vit M. de Saint-Cyran, il fut saisi d’une joie intérieure pareille à celle </u' il avait eue lorsque Saint Jean-Baptiste lui avait marqué son lieu de retraite.
» Cependant, comme Dieu a ses temps et ses moments, cette lois M. de Suint-C\ran ne put servir temporeilemenl Aï. de liascle, qui re\int à Paris, au bout de deux ans , trouver de nouveau son protecteur. Il était sur le point d’être placé près dcstils de AI. d Yvaucourl. La chose était presque conclue; mais Dieu axait résidu de rompre toutes ses chaînes
VISION
on ce jour, et de lui faire ressent u les effets favorables de l’intercession de la sainte \ ierge.
» M. de Bascle a\ait entretenu M. de Sain t— Cyran de son affaire .
» La conversation étant linie , il prit congé de lui. Mais lorsqu’il fut sorti et qu’il s’en retournait par la rue Saint-Michel, il n’eut pas atteint la maison des Feuillants qui sont tout proche, que Dieu lui fit voir en un instant toute la vanité du monde , et toutes les obligations gu il avait de faire pénitence et se consacrer entièrement à son service. Ce mouvement de grâce fut si puissant et si sensible qu’il retourna sur ses pas à l’heure meme, et revint dire à M. de Saint-Cyran qu’il avait reçu de lui jusqu’alors plusieurs bons offices temporels, mais qu’il lui en demandait désormais de spirituels; qu'il venait se mettre en ses mains, quoiqu'il ne lui eut jamais parlé de sa conscience ; que Dieu l’attachait, si fortement à lui et le soumettait tellement à sa lumière et à sa conduite, qu encore qu'il ne le connût que pour un ami officieux et non point pour un conducteur d’Ames, il mettait la sienne entre ses mains, s'\ sentant engagé de la part de Dieu .
Dès ce moment l’union lût faite entre l’un et
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I .mire. M. de Hascle trouva vu M . tic. Suint-C prau ec Jean-Baptiste , prédicateur de lu pénitence; car cet abbé portail le nota de Saint J eau -Baptiste . ri il le mit dans la léritable el effective pénitence où ce prophète niellait les pécheurs, en leur demandant un véritable changement de vie el une générale conversion.
» M. de Saint -Ciiran avait élé enfermé au bois de \ incennes par ordre du cardinal de lîicbeiieu. Ouoiqu il fut logé dans ledonjon, fort étroitement gardé, el que personne presque ne le \il , Dieu voulut que M de lîascle, seul de nous tous, trouvât le moven de l’aller voir, et fut réconcilié par l’absolution qu'il lui donna la propre veille de Saint Jean-Baptiste i (>3S ; comme, si Diva avait pris plaisir do lui faire reconnaître la vérité de son soupe par des circonstances i m prévues, et </ui , étant fortuites en ellesmêmes , ne peuvent être concertées et réi/lées par l'esprit des hommes, mais seulement par l'esprit de Dieu . </ ni fait pue les choses arrivent au bout de plusieurs années, selon les imai/es i/u il eu a peintes dans l'esprit de celui i/u'il veut convertir, et i/ui accomplit par des événements solides et permanents des choses aussi vaines el aussi passagères pue le sont d ordinaire des soupes.
V ISlUiNS
'iÔti
» :V1 . de Bast ie, ayant été forcé de se retirer durant deux ans en son pays, retint à Paris en îë'Jo. iVI. de Saint-Cyran , qui était encore prisonnier, l’envoya à Port-Roval des Champs, où nous étions revenus six mois après la mort du Père Joseph; et il n’eut pas plus tôt vu le vallon des Mollerayes , et cet enfoncement qui est entre ces deux montagnes, qu’t/ le trouva tout .semblable à ce désert qu'il avait vu en songe il y avait sept ou huit ans. et qui lui avait été marqué pour y faire pénitence.
» Il eut en iG'i 2 et 1 6.^3 une lièvre quarte, accompagnée d’horribles convulsions qui firent pitié à M. de Saint-Cvran. Les médecins n’v avant rien pu faire, on l’envoya à Port-Roval de Paris, où il continua d’avoir, sans manquer d’un jour, ses accès de lièvre quarte, ses convulsions et une telle maigreur et faiblesse, qu’il ne marchait plus les trois derniers mois qu’avec deux potences.
» Mais le jour de la mort de M. de Saint-Cyran , le dimanche i i octobre i6A3, il se sentit si animé
et si plein de confiance qu’en baisant ce saint corps il serait guéri , que lui qui ne sortait jamais hors de la cour de Port-Royal , s’en alla aussitôt chez M. de Saint-Cvran, devant les Chartreux, courant avec ses potences. Après avoir pleuré sur ses pieds (pii étaient encore tout chauds , il se sentit
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tellement fort i fié i/ii’il tint sa (jnérison assurée , et -<ii alla aussitôt à Notre-Dame on remercier S hou.
«( Il voulut s’en revenir a Port-I Voyal des (Champs ; mais avant commencé une ueuvaine a Saint-Jacques «In Haut-Pas pour remercier Dieu île ce miracle, sur l«‘ tombeau du même \l. de Saint-Cvran , il \ demeura encore trois ou quatre jours pour i’aclie- \«'r. Knsuite desquels il revint ici dans une parfaite santé; et il a été plus de trois ans de suite sans au» cime maladie , I ra\ aillant des mains et au ménage av ec nous. »
Bien que j'aie beaucoup abrégé cette longue biographie, j'ai fait en sorte pourtant d’y laisser dans leur cadre les faits psv chologiques importants < jui m'ont engagé à la rapporter, .l’ai voulu donner ainsi dans sa naïve expression un exemple des croyances de Port-Hoval sur les divers degrés d intervention dix me dans la grâce. D’abord une sorti* «le mouvement ultérieur, «I illumination soudaine , qui change les dispositions du cœur et le point de \ue de l’esprit ; puis des songes divins «pii dévoilent dans l’avenir les événements de la vie; enfin de véritables apparitions , les démons qui entraînent une âme du trône de Dieu aux lieux infernaux et l’accablent d horribles tortures, lorsqu'au milieu de