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en effet , Port-lioval s était avancé dans le dogme de l'assistance divine; et bien que ce dogme n’ait pus pour résultat nécessaire les superstitions dont je viens de parler, on ne peut nier que ses exagérations ne soient de nature à y conduire les esprits qu’y portait déjà leur exaltation ou leur faiblesse. Les ((‘suites, qui n’étaient pas allés si loin dans la doctrine de la grâce, n’allaient pas non plus si avant dans l’admission de ses conséquences. Ils ne voulaient pas qu’on multipliât ans nécessité le l)eu s ex maclunâ , et ils publièrent , sous le titre de Rabat-Joie { i , une réfutation un peu moqueuse des miracles de Port-Royal, dont le greffier de la suinte Epine , l’ardent abbé de Ponlcliâteau , avait fait un énorme recueil ( 2 ).
Lettre de \I . Lancelot à \ I . Ecrier père.
<'.<• Il janvier 1071.
« Quand je n aurais pas d’autre sujet de vous écrire, monsieur, que de \ous offrir mon très humble respect au commencement de cette année,
(1) Rabat Joie, ou Observations sur ce qu'on dit être arrivé au Port-Royal au sujet de la sainte Epine (par le I*. Annal); Paris, 1G5G.
(2) Mémoires de Fontaine, i. Il p. àây. — Recueil d' l I reeht , p. 429. 'i'|9.
U DIAHLi: DE UIOM.
fl (le \ous demander des nou\ elles de voire l'ainille , ce serait assez pour n’y pas manquer; mais \o ici une autre raison qui m’y oblige et qui mérite bien que nous ayons recours à vous pour nous éclaircir. MM. les princes de Modène étant venus \oir MM. les princes de Conti après dîner, leur ont raconté une histoire effroyable qui est arrivée à Riom , cl qui leur a été mandée de Clermont par une personne qui assure avoir vu le religieux dont je \as \ous parler. L’histoire est donc qu’un officier de Riom étant mort , el ayant été enterré dans les Cordeliers, la nuit suivante un jeune religieux, étant allé pour sonner matines à minuit, avait vu l’église toute en feu, et la chaire du prédicateur tout embrasée, sur laquelle jetant les veux, il aperçut un diable fort horrible; ce qui l’épouvanta tellement que, sans passer plus avant, il avait été avertir vilement le supérieur, que le supérieur accourut el vit ce même feu et ce même diable, auquel ayant commandé, de la part de Dieu, de lui dire ce qu’il faisait là, le diable avait répondu qu’il attendait que quelque prêt revînt ôter l’hostie qui était restée dans la bouche du mort , afin d’emporter le corps comme une chose qui lui appartenait; qu’aussitôt on \it la tombe se remuer ('I sortir de sa place, el que le mort sortit en même temps tout hideux et la hou-