‹ L'an deux-milleChapitre 20 sur 21 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HARDION. L'ASSEMBLÉE (mxnan/ dans la place pubUque): iàbard les l'eûmes filles choisies: opris eOts, DÉSIRÉE et SOFIE ^410 n'a pas emxre Hi à son rang, p<mce ipt'il manquait une heure à son âge). LES JEUNES GENS: LES NOUVEAUX MARIÉS; LES HOMMES; LES VIEILLARDS: LE CENTENAIRE; LE ROI; UNITANVILLE (le dernier).

LE ROI. Peuple heureux, à qui j'ai Fhonneur de commander par les lois, je vais terminer le premier jour de la fête, en donnant la sanction publique aux mariages que vous allez célébrer. . . . Jeunes filles, qui cessez aujourd'hui de l'être, souvenez- vous que le lien que vous formez, peut être rompu par votre faute, et qu'alors vous deviendriez le rebut de la nation! . . . Jeunes hommes, une injustice commise par vous, peut autoriser le comité des vieillards et celui des mères à vous priver de votre épouse , pour la donner à un plus digne . . . Corifées, faites chanter l'Épithalame . . . Mais, quelles sont ces deux jeunes beautés qui n'ont pas la couronne nuptiale?

LE CX)R. Sire! . . . L'une est Déarée, la plus belle des filles, laquelle a pour père Uvidor, le plus vertueux des hommes: . . . l'autre est Sofie, la jeune sœur d'Unitanville, qui vient à l'instant même d'atteindre l'âge où l'on peut être mariée: elle est à son rang.

LE ROI (promenant ses regards). Unitanville, Hardion ne sont pas au nombre des époux!

LE CENT. O roi! Votre Majesté saura que ces deux jeunes gens ont l'exclusion; l'un pour l'avoir méritée par la désobéissance aux lois; l'autre parce qu'il a cédé toutes les belles actions, pour sauver son camarade de la peine encourue.

HARD. J'en avais appelé au trône.

LE ROI. Je sauve l'innocence, l'imprudence même, jamais le crime: et le titre de prince de mon sang, ne vous rend que plus coupable.

Bibi. TOm. 9. 4

fiO Restif.

LE CENT. Sa vie est en sûreté par la vertu d'un autre. . . d'Unitanville.

LE ROL Quel a été le motif d'Unitanville?

LE CENT. La générosité.

HARD. Oui, Sire, pour son plus grand ennemi . . . Il m'a donné le prix de ses actions, de peur que je ne fusse puni, quoique je fusse plus coupable envers lui qu'envers personne.

LE CENT. C'est la vérité.

LE ROI (à Hcrdion). Le don de son mérite vous étant fait, il est à vous. Mais il lui en reste un plus beau, celui de la générosité . . . Unitanville, choisissezvous une épouse.

UNIT, (s' inclinant). O roi, je ne suis pas digne de cette faveur . . . Pardonnez à ma présomption I . . . Et vous aussi, pères de la nation, respectables vieillards, car j'ai tout cédé à Hardion ... et je ne ref rendrai pas, à l'aide de la ruse, ce que j'ai franchement abandonné.

LE ROI. Unitanville a raison. Qu'Hardion choisisse!

HARD. (transporté). J'ai fait mon choix dans ces deux jeunes personnes (montrant Désirée et Sofie).

SOFIE (bas). Quelle est celle qu'il a choisie?

LA COR. (bas). Ses regards, ma fille, sont tombés sur vous.

LE ROI. Expliquez - vous plus clairement, jeune homme I

HARD. (s' inclinant). Sire, j'ose exposer à votre Majesté, qu'il m'est permis de ne dire mon choix qu'à notre Corifée. (Il le lui dit à l'oreille.)

LE ROI. Par ce moyen, Unitanville ne peut encore choisir . . . Chantez l'Épithalame.

D£S. (à la Corifée). Je me retire.

LE ROI. Non, faites votre rôle, jeune fille: vous j êtes préparée. D'ailleurs, vous ne pouvez savoir si vou: n'êtes pas celle qu'il a nommée.

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DÉS. (à la Corijée). Je ne sais ce que je fais!

LE ROI. Vous avez le prix de la vertu; vous serez choisie.

J Désirée se met à la tête du cercle, qui doit chanter V Epithalame.)

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