LE SIRE D'ARLON
A Nor de Thanesheim j'apporte ce message De Monseigneur Siegfried, comte de Luxembourg : « Concédons à jamais Thanesheim et sa tour, » Avec droit de gibet, de bannière et de lance, )) Au dit Nor, dont avons reconnu la vaillance; )) Entendons que Remich et les autres sous-fiefs » Lui demeurent acquis, avec droits de reliefs )) Et dîme triennale en chevaux de remonte ; » Exigeons qu'il renonce à son titre de comte )) Et que, sans éperons et sans insigne au cou, » Il nous rende l'hommage en ployant le genou. » J'ai dit.
NOR
Mais il est bien aimable, le bonhomme ! (// éclate de rire.) Eh bien ! qu'en pensez-vous, mes féaux ?
SWENO
Ah ! c'est comme Si le mouton disait au loup : honore-moi. La guerre I
LE SIRE DE REMICH
Luxembourg perd la tête, je crois.
La guerre !
l56 L'AN MILLE
LE SIRE DE GREVENMACHEREN, se frottant les mains. Moi, je pille Echternach. Bonne affaire.
LE SIRE DE DIEKIRCH, buvant.
Tenez ! ce vin a comme un goût de sang. La guerre !
SWENO Il doit penser qu'on fait des neu vaines ici.
FREGUS La guerre, sur-le-champ!
LE SIRE DE BIEDBOURG
La guerre sans merci !
TOUS La guerre à Luxembourg !
NOR, au sire d'Arlon.
Vous entendez, messire?
Ce que mon ban a dit, vous le pouvez redire. Allez.
LE SIRE D'ARLON Il n'y a point d'autre réponse?
L'AN MILLE iSy
NOR
Non.
(Le sire d'Arlon va reprendre sa place au fond de la salle. Le sire de Thionville s'avance et s'incline devant Nor.)