‹ L'an mille; drame en cinq actes, en versChapitre 47 sur 58 · SCÈNE VI NOR, ODILE, LE SIRE DE DIEKIRCH · texte numérisé non relu

SCÈNE VI NOR, ODILE, LE SIRE DE DIEKIRCH

NOR, rampant à genoux jusqu'aux pieds d'Odile,

Grâce!...

ODILE, lentement.

Demande grâce à Celui que j'implore Pour que sa main sur moi s'appesantisse encore, Si, dans sa providence, il juge qu'à ce prix Sa loi divine enfin peut toucher ton esprit. Je ne suis qu'une enfant qui pleure sans comprendre. Va! je me fais horreur de me sentir si tendre.

Les mots, les justes mots que m'inspire ce jour, Se changent sur ma bouche en paroles d'amour. Pourtant, quelle que soit la force qui me presse De t'aimer à jamais d'une égale tendresse, Souviens-toi qu'aujourd'hui le glaive de douleur A tué les transports ingénus de mon cœur. Et que toujours, hélas ! ton amour, s'il persiste A priser les soupirs d'une amante si triste. Sur ce pauvre visage où la mort a passé, S'abreuvera de pleurs autant que de baisers. Renonce donc au rêve où ton âme ravie Crut découvrir un jour l'essence de la vie, Renonce ! laisse-moi m'éloigner et mourir En quelque cloître obscur, si tu ne peux m'oÔrir, Dans la voie inconnue où le destin nous mène, Un amour aussi grand que la souffrance humaine.

(Nor sanglote éperdument aux pieds d'Odile,)

RIDEAU

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