‹ L'analyse du sol méthode suive a la station agronomique de l'etat a GemblouxChapitre 1 sur 14 · Cinquième partie : Notice bibliographique · texte numérisé non relu

Cinquième partie : Notice bibliographique

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INTKSÔÈÏTIOiN.

C'est à la suite de nombreuses demandes de renseignements qui nous sont adressées depuis plusieurs années sur la méthode suivie, à la station agronomique de TÉtat, pour l'analyse des terres (sol arable, sol vierge, sous-sol), que nous nous sonmies décidé à faire cette publication. Ces consultations ont leur origine, d'une part, dans les difficultés très sérieuses que présente l'application des données de la chimie à l'étude de la terre, étude que l'on peut considérer, à juste titre, comme un des problèmes les plus difficiles de l'analyse chimique ; d'autre part, elles s'expliquent par le désir, qui se diffuse de plus en plus dans les cercles chimiques et qui se montre de plus en plus impérieux, d'arriver à une entente sur les méthodes analytiques, afin d'assurer, par une application générale des mêmes procédés, l'obtention de résultats comparables.

L'évolution scientifique de l'agriculture, spectacle heureux qui s'accentue tous les jours, a nécessairement attiré de nouveau l'attention sur l'analyse des terres, délaissée longtemps par les chimistes. Cet abandon était la conséquence logique des trop grandes illusions que l'on s'était faites, lorsque l'on commençait, il y a presque un demi-sièclo, à appliquer la chi-

mie à ragriculturc, sur rutilité pratique immédiate de ce mode d'investigation. L'enthousiasme de la première heure fit place à la désillusion. L'analyse des terres fut vite jetée pardessus bord, plaçant ainsi au même rang les problèmes qu'elle était impuissante à résoudre et ceux dont elle peut aborder la solution avec confiance. Nous nous rappelons qu'il fut un temps où le chimiste ayant encore foi dans l'utilité de l'analyse des terres était accueilli par un sourire dédaigneux et considéré comme un réactionnaire ou un utopiste. « L'analyse chimique doit faire place à l'analyse physiologique, » tel fut le mot d'ordre.

Mais, sous ce rapport aussi, un revirement d'idées s'est produit promptemcnt : si, incontestablement, l'analyse physiologique, « l'analyse du sol par la plante », opérée au champ d'expériences, est en principe plus apte que l'analyse chimique à résoudre les problèmes posés relativement aux ressources immédiates du sol arable, iî a été reconnu que son exécution prête à de nombreuses erreurs. Celles-ci sont si fréquemment inévitables et si souvent de sources inconnues (influence des intempéries, ennemis parmi les cryptogames, les animaux et les.., hommes, etc., etc.), que, défait, la méthode physiologique est inférieure à la méthode chimique sous le rapport de la précision scientifique. Tous ceux qui, à la fois, manipulent depuis de longues années au laboratoire et cultivent à titre expérimental, en ont assurément acquis la conviction.

Par conséquent, l'analyse chimique et l'analyse du sol par la plante ne doivent pas être mises en opposition. Ces deux méthodes d'investigation scientifique doivent marcher de pair, se contrôler et se compléter mutuellement (').

Là est le progrès.

(') U explorai ion chimique, de la terre arable belffc, par A. Pktkrm.vnn. Société bclfj^o de géologie, 1890, séance du 15 juillet)

Sans avoir jamais manqué Toccasion d'insister sur ce que l'analyse chimique des terres présente encore de défectueux et sur la prudente réserve dans laquelle il faut se garder lors de l'interprétation des résultats acquis au laboratoire, nous sommes néanmoins de ceux qui ont conservé une foi robuste dans l'utilité de ces analyses.

Les événements nous ont donné raison, et c'est avec une grande satisfaction que nous avons constaté que tous ceux qui, dans les derniers temps, se sont occupés de la question, et particulièrement la a Commission gouvernementale chargée d'élaborer un avant-projet de carte agronomique belge », se sont ralliés à l'idée que nous avons émise en 1883 ('), de faire la plus large part possible à l'analyse des terres dans la confection des cartes agronomiques.

La méthode analytique que nous publions n'est pas, dans son ensemble, une œuvre nouvelle et originale. Elle repose essentiellement sur l'application de procédés chimiques généraux et sur la marche proposée dans les traités classiques de M. Wolff, de M. Grandeau et de M. Mûntz. Mais notre longue expérience dans la matière, aidée de celle de nos collaborateurs à la station agronomique, nous a permis, après des essais nombreux, des vérifications et des études spéciales, de faire un triage parmi les méthodes connues, d'en améliorer plusieurs dans leur exécution, de rendre d'un usage courant l'analyse de la partie insoluble dans les acides minéraux et d'établir un procédé pour séparer de l'acide phosphorique total, la partie devant être considérée comme facilement assimilable.

En outre, notre habitude de donner aux nombreuses con-

(') Recherches de chimie et de physiologie appliquées à l'agriculture. V'^ édition, p. 42i.

sultations sur l'amélioration, la fumure, en général sur l'exploitation d'une terre donnée, des solutions basées sur son étude chimique et physique aussi bien que sur les renseignements culturaux, nous autorise à faire, parmi les innombrables opérations analytiques proposées, un choix judicieux des dosages réellement utiles à l'appréciation agronomique d'une terre. Entre l'exécution d'une analyse tout à fait sommaire et rapide, se bornant au dosage de l'azote, de l'acide phosphorique et de la potasse, et une étude complète telle que la comprend le traité de M. Wolif, exigeant par échantillon au moins deux mois de travail, il y a une telle distance, que l'on peut, en effet, être fort embarrassé sur le choix des éléments à doser, des diverses dissolutions à préparer et des essais complémentaires à effectuer.

La méthode d'analyse que nous allons exposer comprend la détermination des éléments et des propriétés physiques qui, en général, sont indispensables pour permettre d'apprécier une terre. Dans un chapitre spécial, nous renseignerons les recherches complémentaires qu'il convient d'entreprendre, lorsque l'analyse générale reste en défaut ou lorsqu'il s'agit, pour une raison quelconque, d'une étude plus complète.

Afin de ne pas nuire à la clarté de la marche analytique par (le fréquentes interruptions, nous la ferons suivre d'annotations comprenant tout ce qui a rapport à la discussion, aux observations, aux critiques et aux essais justificatifs.

La classification et la présentation des résultats analytiques ont tout particulièrement attiré notre attention. Nous résumerons rapidement la manière de calculer les analyses et nous reproduirons à titre d'exemple deux analyses complètes de terre.

Le modèle de bulletin d'analyse que nous joindrons à ce travail et dont nous recommandons l'adoption à nos collègues, contribuera, au moins l'espérons-nous, à rendre les

analyses de divers chimistes (îomparables entre elles et compréhensibles par les agronomes intelligents ayant quelques notions de chimie.

Nous terminerons par une note bibliographique n'ayant nullement la prétention d être complète, mais qui mentionnera les principaux travaux pouvant rendre service à ceux qui s'occupent de l'analyse chimique des terres.

Étant guidé surtout par le désir de préparer une entente entre chimistes, nous prions nos confrères spécialistes de soumettre notre travail à un examen sérieux et de nous sigiraler toute modification, toute amélioration et tout complément désirables.

Us serviront ainsi la grande cause de l'application de plus en plus exacte et de plus en plus approfondie de la chimie à l'exploitation scientifique du sol.

A. Pktkumann.

Gembloux, mars 1891.

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