‹ L'analyse du sol méthode suive a la station agronomique de l'etat a GemblouxChapitre 3 sur 14 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Annotations.

1. Les échantillons prélevés par l'Inspection de Tagriculture sont accompagnés d'un bordereau spécial fournissant les renseignements (*omplets sur les terrains sondés : désignation exacte de l'emplacement des prises d'essai, indications géologiques et agronomiques, fumures, rendements, épaisseur et dénomination de la couche représentée par l'échantillon.

Nous engageons vivement tous les chimistes agricoles à demander à leurs correspondants des renseignements précis sur la véritable dénomination qu'il convient de donner aux échantillons envoyés à l'analyse.

On arrivera ainsi peu à peu à remplacer par une dénomination scientifique la confusion qui règne dans l'emploi des mots (( sol, sous-sol, etc., etc. », et celle qui existe entre le soussol des agronomes et le sous-sol des géologues.

La classification suivante que nous avons proposée a été adoptée par la Société belge de géologie et par la Commission de la carte agronomique belge.

Nous entendons par sol arable la couche remuée par les instruments aratoires ; par sol vierge, la couche que la charrue n'a jamais atteinte. Le sol arable comprend donc nécessairement la couche remuée par les labours ordinaires et les labours de défoncement.

Le schéma suivant exprime clairement la nomenclature admise :

Sol.

Sol arable . . . l proprement dit

de défoncement.

Sol vierge.

Sous-sol

F^a méthode d'analyse que nous exposons dans cette brochure s'appliquant indistinctement au « sol arable w, au « sol vieipge » et au « sous-sol »-, nous nous servirons du nom générique de « terre ».

2. La dessiccation exige ordinairement trois à quatre jours; celle des terres argileuses ou très riches en matières organiques, cinq à six jours.

Cette opération peut aussi se faire en étendant la terre sur une aire sèche et propre. Mais comme il faut prendre le poids avant et après la dessiccation, nous nous servons de plateaux en zinc de 60 centimètres de côté, munis d'un rebord de 2 centimètres. Deux plateaux sont suffisants pour recevoir 5 kilogrammes de terre.

Il arrive que les échantillons sont tellement durcis au moment de leur réception qu'il est impossible de les émietter. Dans ce cas, il faut les humecter d'eau distillée avant de les soumettre à la dessiccation à l'air.

Lorsque les échantillons de terre ont été pesés et placés immédiatement après le prélèvement dans des bocaux en verre ou dans des boîtes en zinc, un dosage peut déterminer le titre en eau, au moment du sondage, chiffre auquel nous attachons du reste peu d'importance.

3. A cause de la présence des cailloux et des débris organiques, cette opération se fait plus aisément dans une mesure en métal que dans des ballons en verre jaugés. Comme on opère sur une forte prise, environ 1 kilogramme de terre, Terreur due au manque de précision causé par la largeur d'une mesure en métal comparativement au col étroit des ballons jaugés est négligeable.

Il est à remarquer que le poids du litre fournit naturellement la « densité apparente », chiffre à utiliser pour transformer en poids le volume de la couche arable représentée par réchantillon. La densité réelle se détermine d'après les procédés connus.

4. La détermination du pouvoir absorbant pour Feau est beaucoup plus exacte lorsqu'on opère sur un volume de terre ayant de haut en bas la même section, cercle ou carré, que lorsqu'on expérimente sur un cône, comme cela se fait habituellement en employant un entonnoir.

Nous préférons des cylindres en verre aux boîtes en zinc recommandées par M. Wolff, parce qu'ils permettent de s'assurer du tassement complet d'abord et du mouillage parfait ensuite.

A moins de faire confectionner des cylindres spéciaux, on peut très bien utiliser les réfrigérants de l'appareil à ammoniaque de Boussingault.

5. La réaction du sol arable est, en règle générale, neutre ou faiblement acide, rarement alcaline ou fortement acide (décomposition très avancée des débris organiques avec formation d'acides ulmique et humique incomplètement saturés par les bases).

Quoique la réaction au tournesol ne soit pas très sensible, nous considérons comme inutile l'emploi d'autres réactifs, par exemple la phénol-phtaléine, car la réaction acide ou alcaline du sol présente seulement de l'intérêt lorsqu'elle est d'une certaine intensité, appréciable alors au tournesol.

6. 11 faut dans tous les cas opérer sur un poids as^ez fort pour obtenir finalement 2 kilogrammes de terre fine.

7. Nous préparions jadis la terre fine au tamis de o millimètres; nous nous sommes rallié depuis à l'opinion de M. Grandeau et de M. Mùntz, qui emploient le tamis de 1 millimètre. Si, en général, les stations agronomiques de l'Allemagne vont jusqu'à faire usage du tamis de 3 millimètres, M. Wolff reconnaît cependant que cette dimension ne se justifie que pour des sols détritiques, mais qu'il faut la réduire, pour ceux de transport, à 2 et même à 1 millimètre.

M. de Gasparin et M. Risler emploient un tamis présentant dix fils de laiton par centimètre carré, laissant entre eux une ouverture de 0.7 millimètre, et M. Pagnoul emploie un tamis ayant i40 ouvertures par centimètre carré. L'accord est donc à peu près complet.

On entend par terre fine à soumettre à l'analyse la partie de la terre séchée à l'air qui passe au tamis de 1 millimètre.

8. Dans des cas exceptionnels (terre de prairies, terre tourbeuse, bois défriché),' lorsque la proportion des débris organiques dépasse le chiffre de 10 p. c, il faut les incinérer après la pesée et ajouter les cendres à la terre fine; des expériences faites à ce propos dans notre laboratoire par M. de Marneffe (Bulletin de la station agronomique, n** 47. — Bulletin de la Société belge des chimistes, 1890), ont démontré que l'épuisement des matières organiques par l'acide chlorhydrique n'est pas complet.

Lorsque les débris organiques sont abondants, il faut en prélever une partie, faire un dosage d'azote et tenir compte de celui-ci lors du calcul, des éléments nutritifs contenus dans la couche d'un hectare.

9. La détermination minéralogique de ces débris, éventuellement l'examen de la terre fine à la loupe, est du plus haut intérêt ; elle doit porter particulièrement sur la consta-

tation de la présence des minerais dont la composition peut intéresser la nutrition végétale : calcaire, dolomie, gypse, phosphate de chaux, vivianite, glauconie, feldspath, mica, schistes pyriteux, etc.

Lorsque l'analyse des terres se fait comme complément de cartes géologiques ou agronomiques, l'analyse minéralogique doit naturellement comprendre la détermination de toute substance ayant rapport avec la composition et l'origine, en général avec toute l'histoire naturelle de la terre. A moins que de posséder une compétence spéciale, le chimiste doit avoir recours à un minéralogiste expérimenté.

dO. Cette séparation ne présente de l'intérêt agronomique que lorsque là somme : cailloux, gravier, débris minéraux, dépasse environ 5 p. c. du poids de la terre séchée à l'air, chiffre rarement atteint en Belgique (Condroz et Ardenne).

11. La dessiccation doit toujours se faire à une température de loO" C. dans l'étuve à air; il est impossible de débarrasser une terre de son eau hygroscopique dans l'étuve à eau ou dans l'étuve à air à 110**, système le plus souvent employé, et les dosages de la matière organique sont souvent trop élevés pour cette raison.

Dans des terres tourbeuses seules, nous avons constaté un commencement de décomposition par une distillation d'hydrocarbures. Dans ce cas spécial, on ne dépassera pas la température de 110** C. ; il convient de n'y arriver quegraduellement,

12. Nous avons, depuis cinq ans déjà, complètement abandonné tous les appareils de séparation mécanique par lévivigation. Ces appareils, quelque parfait que puisse être leur fonctionnement, donnent, en principe^ une idée fausse du squelette du sol, parce qu'ils reposent tous sur la séparation mécanique d'après la grosseur et la densité du grain sans se préoccuper de sa nature chimique.

Il ne faut pas se méprendre sur la portée de l'analyse

physico-chimique. Il ne faut pas attendre de cette opération phis qu'elle ne peut donner : séparation du squelette de la terre en ses divers composants par grosseur et par densité, avec indication du caractère chimique général des produits de séparation. L'analyse physico-chimique de la terre n'a pas pour but d'établir le taux des éléments chimiques qui la composent, mais de donner une image générale de la proportion relative de ses quatre grands constituants : sable, argile, calcaire, matière organique.

Le sable que l'on obtient n'est pas de l'acide silicique cristallisé pur; il renferme du fer, etc., des traces d'argile échappées à la séparation, certains silicates de (Caractères physiques rapprochés de ceux du sable; de même l'argile isolée n'a pas la composition du silicate d'aluminium hydraté pur, elle contient du fçr et peut renfermer une faible proportion de sable poussiéreux. On peut constater ces impuretés en décomposant cette argile par l'acide sulfurique ou en la soumettant à l'examen microscopique.

Il en est de même du terme « calcaire ». Cette expression ne comprend pas le carbonate calcique pur des chimistes, mais l'espèce minéralogique « calcaire » pouvant renfermer une certaine proportion de sulfate et de phosphate calciques, de carbonate magnésique, de sulfure de fer, etc.

La séparation physico-chimique peut se faire actuellement, non pas avec une précision scientifique, ce qui est et sqra toujours matériellement impossible, mais avec une approximation suffisante pour répondre au but que cette opération a en vue. Elle a déjà fait reconnaître que les chiffres élevés, 40 à 00 p. c, renseignés dans d'anciennes analyses, n'existent en réalité pas dans les terres cultivées. Dans loO analyses complètes de sols belges exécutées à la station agronomique, le taux de 20 p. c. n'a été que très rarement atteint ; le limon hesbayen donne seulement de 9 à 14 p. c. d'argile.

13. Le lavage absolument complet est indispensable, car la moindre trace d'un chlorure alcalino-terreux ferait perdre à l'argile son état colloïdal et s'opposerait à sa parfaite séparation.

14. Nous nous servons avec avantage du tamis Mûller — fourni par la maison Gerhardt, de Bonn. — Il se compose de trois compartiments en cuivre ot acier, emboîtés les uns dans les autres. Les ouvertures que nous recommandons sont de 0.5 et 0.2 millimètre. On peut accélérer beaucx)up le tamisage en travaillant le résidu des divers tamis avec un pinceau.

15. M. de Marnefte a reconnu à la station agronomique que le chlorure d'ammonium est de tous les sels celui qui produit le plus promptement la coagulation ; seulement il ne convient pas à l'usage analytique, car il en faut une proportion plus forte que de chlorure de potassium, ce qui constitue un inconvénient au point de vue du lavage.

L'acétate d'ammonium ou l'acide chlorhydrique (voir pour ce dernier aussi : Adolf Mayer, Forschungen aitf den Gebieie der Agrikulturphysikj 11 Bd.) produisent rapidement le phé-. nomène de la coagulation.

L'acide chlorhydrique ne peut cependant pas être employé dans l'analyse, la liqueur devant rester ammoniacale pour maintenir la matière organique en dissolution. C'est aussi la raison pour laquelle on doit, avant d'employer à la coagulation de l'argile une autre matière que le chlorure de potassium, essayer si celle-ci ne précipite pas la matière noire en même temps.

M. de Marneffe a constaté, par exemple, que les carbonates, lès nitrates, les phosphates et les sulfates de sodium et de potassium ne précipitent pas un extrait de la (c matière noire » obtenu par l'épuisement d'une terre avec moitié eau et moitié ammoniaque. Les chlorures calcique, barytique, magnésique, le sulfate magnésique, le chlorure ferrique, précipitent la <c matière noire »; l'acide acétique seulement en partie.

d6. M. Grandeau dose dans ce filtrat la « matière noire », c'est-à-dire la matière organique soluble dans les alcalis, après décomposition des humâtes et ulmates. Faire intervenir ce dosage dans le compte de l'analyse physico-chimique expose à cet inconvénient que celle-ci ne renseigne pas la totalité de la matière organique, une partie s'étant déposée et ayant été pesée avec le sable que M. Grandeau dessèche seulement. Nous préférons porter en compte le sable calciné et la totalité des matières organiques trouvées par l'analyse de la terre fine et renseigner la partie soluble, (c matière noire » de Grandeau, dans une note additionnelle. L'analyse physico-chimique ainsi présentée figure mieux l'image de la constitution du sol. (Voir Recherches spéciales, § 27).

17. L'argile ainsi obtenue renferme, quelquefois même après lavage soigneux, un peu de matières organiques; elle charbonne en l'incinérant; mais l'erreur que l'on commet ainsi est moins importante que celle à laquelle on s'expose en pesant l'argile calcinée. (Voir aussi note 18.)

18. En expulsant d'abord complètement l'eau hygroscopique et en restituant ensuite au moins une partie de l'eau de combinaison, on obtient pour les .matières organiques un chiffre beaucoup plus rapproché de la vérité qu'en négligeant ces précautions.

Nous nous sommes maintes fois assurés qu'aucune perte d'acide carbonique des carbonates n'est à craindre lorsqu'on se borne à incinérer au rouge sombre.

Si, par accident, la température s'était élevée plus haut, on évaporerait le résidu de la combustion une ou deux fois avec de l'eau chargée d'acide carbonique, que nous employons déjà depuis longtemps au lieu du carbonate d'ammoniaque.

Le chiffre constaté ainsi pour les matières organiques est nécessairement un chiffre maximum, car l'argile et d'autres silicates perdent leur eau de combinaison pendant l'incinéra-

tion et n'en reprennent qu'une partie lorsqu'on les met en contact avec Teau, ce qui résulte des expériences suivantes :

Essais de M. de Marnclîe.

Argile calcinée en p. c. . .

Après mouillage de l'argile

calcinée et dessiccation à

ioO" C, p. c

Eau reprise (Différence) . .

Eau que Targile aurait dii re-

prendre, calculée au taux

moyen d'un silicate d'alu-

minium à 45 p. c. d'eau .

Essais de M. Motquin.

Argile calcinée en p. c. . .

Après mouillage de l'argile

calcinée et dessiccation à

450OC., p. c

Eau reprise (Différence) . .

Eau que l'argile aurait du re-

prendre, calculée au taux

moyen d'un silicate d'alu-

minium à 13 p. c. d'eau .

19. Le dosage de l'ammoniaque contenue dans le sol est une opération très délicate.

Il résulte d'une série d'essais faits dans notre laboratoire par M. Motquin, sur divers sols et sur des mélanges de sols avec du sulfate d'ammoniaque et une matière organique facilement dée-omposable :

1<* Que, dans l'appareil de Schloesing, la magnésie agissant à froid ne permet pas de recueillir toute l'ammoniaque contenue dans la terre ;

2** Que la potasse, même étendue et à froid, attaque la matière organique azotée;

3° Que la magnésie à chaud, dans l'appareil de Boussingault, déplace l'ammoniaque toute formée, sans décomposer la matière organique azotée.

La magnésie du commerce, même calcinée, retient souvent avec énergie des traces d'ammoniaque; elle doit être bouillie à l'eau distillée et recalcinée pour servir à ce dosage.

L'acide sulfurique doit être chauffé pendant quelques instants avant la titration.

Certaines terres moussent fortement ; cet inconvénient peut être combattu par un peu de vaseline (la vaseline renferme souvent de l'ammoniaque qu'on peut lui enlever par lavage); on évite aussi la mousse en laissant réagir à froid avec la magnésie pendant quelques heures (ballon bouché), avant de chauffer.

20. Des auteurs dosent l'acide nitrique dans un extrait de la terre par l'acide chlorhydrique étendu, qu'ils emploient également pour le dosage de l'ammoniaque. Cette manière d'opérer expose à une réduction des nitrates par les sels de fer dissous en même temps.

21. Il est recommandable de réduire proportionnellement à la richesse en matières organiques le poids de terre pesé pour l'analyse et de n'employer qu'un gramme lorsque leur taux dépasse 20 p. c.

Il est inutile d'avoir recours à la méthode de Dumas pour le dosage de l'azote dans la terre; la faible proportion de nitrates y contenue est réduite par les matières organiques. L'addition du sucre comme réducteur n'est pas indispensable, mais est à conseiller pour les terres à moins de 2 p. c. de matières organiques.

L'excellent procédé de Kjeldahl n'est pas d'une exécution facile dans le cas où il faut opérer sur plus de 3 à 4 gi*ammes de prise d'essai. La terre se déposant continuellement, les soubresauts violents sont inévitables, quelles que soient les précautions que l'on prenne pour régler la flamme.

Les dosages d*azotc doivent être opérés immédiatement après la préparation de la terre fine, hes traces d'ammoniaque réparties dans une grande masse de substance poreuse, telle que la terre, étant très oxydables. D'autre part, une longue conservation de la terre fine dans des flacons bouchés expose à la réduction des nitrates.

22. La grande majorité des chimistes agricoles préparent, comme principale dissolution à soumettre à l'analyse, un extrait à l'acide chlorhydrique concentré froid, en laissant en contact deux fois 24 heures, conformément à la proposition de M. Wolff'.

Il peut paraître à première vue préférable de faire l'attaque par l'acide nitrique ou par l'eau régale, afin d'oxyder le fer, de détruire dès le commencement les matières organiques et d'assurer ainsi un meilleur épuisement de celles-ci. Les deux analyses suivantes, exécutées dans notre laboratoire par les deux méthodes, démontrent que l'attaque est très sensiblement la même, quel que soit l'acide que l'on choisisse. Les chiffres s'entendent pour mille.

Eau

Matières organiques .

Oxyde de fer el alumine Chaux ....

Magnésie . . .

Soude . . , .

Potasse ....

Acide phosphorique

— sulfurique .

— siliciqne.

Analyse de r insoluble

Matières organiques restées inattaquées dans 1,000 parties de Tinso lubie sec . . .

Potasse

Chaux ....

Magnésie . . .

Acide phosphoricjue

Sol 114

analysé par M. Molquin.

Extrait

à l'acide

chlor-

hyilrique.

Extrait

l'eau régale.

SoL 117

analysé par M. de MameflTe.

Extrait à l'acide

chlorhydrique.

Extrait

l'eau régale.

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11 faut a^oirpran^i >v»in do najvHiîi^r l'aoivlr ir.inqno »juo j^^r

at*t«nàant*' f! aTîmiiri* la tin *)<• la rf;^rîivM> ax^nî dVn ajvMUor à Di^uvt-au.

Ni»us rtxx»mmandon> iiu-mo tlo i\»nnni*iuvr la rx^aoïion ^ froid en aJ4>utaDt aux ^kH» 0, o. niesurt's, a\-ant IVva|x>raiion, quelques centimètres culx^s d'aoiilo nitrique.

Faire grande attention de ne ^kis chauffer tn>p fort, tv qui prcHluirait une dtvoni|x»sitîon du nitnUe ferrique avtv dêjMM d oxyde très ditti cil entent soluhlo. Nous t\>innieucons 1 eva|Hw ration à feu nu sur un foui^neau à gai, puis sur toile n>t^tallique lors<[ue la liqueur est nxluite au tiers et arlu*\ons réva|>oratioii au bain-niarie lors<pril n\ a plus que 4>0 e, e, environ. A l'aide de Tagitateur, de quehpies gouttes dVau, éventuellement daeide ehlorhydrique, on évite la dessiivation de la matière sur les parois de la capsule. Remuer fréquemment avec l'agitateur lorsque la masse sV|>;tissit.

Les laboratoires ne disposant pas de cages ù évapt>ration

assez nombreuses ou suffisamment vastes, peuvent, comme le fait M. Mercier, directeur du laboratoire agricole de TÉtat à Hâsselt, remplacer l'évaporation par une distillation. En faisant suivre le réfrigérant d'un flacon de Woulff vide et d'un second renfermant une solution de sulfate ferreux, l'opération n'est plus gênante.

2o. II faut employer le moins d'acide possible, dans tous les cas ne pas dépasser une concentration de 10 p. c.

26. Lorsque le précipité d'oxyde ferrique et d'alumine, etc., est très volumineux, il est recommandable de le redissoudre sur le filtre par l'acide chlorhydrique étendu et de faire une nouvelle précipitation ; ce précipité retient en effet facilement des alcalis.

27. Il est rare d'obtenir par une seule opération des chlorures propres. Lorsque ceux-ci sont colorés, qu'ils charbonnent à la flamme, et lorsque, en les reprenant par quelques gouttes d'eau distillée, ils ne donnent pas une liqueur limpide, il faut les refiltrer à nouveau. Cette opération, faite avec soin et répétée deux et même trois fois, donne alors des chlorures alcalins et un chloroplatinate potassique très purs, et il est inutile de contrôler la composition du dernier par la pesée du platine.

Voici quelques essais à l'appui faits à la station agronomique par M. de Marneffe :

Poids

du

chloroplatinate.

Potasse «calculée.

Pesée du platine.

Potasse calculée.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

28. Celte méthode est préférable à toute autre pour séparer beaucoup d'oxyde de fer et d'alumine de peu de chaux et de magnésie. Soigneusement exécutée, elle donne des résultats irréprochables, surtout lorsqu'on a soin, dans le cas d'un précipité trop volumineux^ de le redissoudre après une première filtration et de le précipiter une seconde fois, en réunissant les deux filtrats obtenus pour la suite de l'analyse.

La séparation basée sur l'emploi de l'ammoniaque, encore fréquemment employée, doit être abandonnée. Une très forte proportion de la chaux se trouve sous forme de carbonate dans le précipité de l'oxyde de fer et de l'alumine, à cause de la présence de carbonate dans l'ammoniaque.

En règle générale, l'analyse des terres au point de vue agronomique n'exige pas la séparation de l'alumine du fer. Si pour une raison quelconque on désire connaître leur proportion respective, on fait sur une nouvelle prise d'essai la précipitation des deux corps, on redissout dans l'acide sulfurique, réduit par le zinc métallique et titre le fer par le permanganate de potassium. La dissolution primitive de la . terre, à cause de la présence de l'acide nitrique, ne convient pas à la titration directe du fer.

29. Le dosage du manganèse ne présente en général point d'intérêt agronomique. Les essais de M. P.Wagner (Landwirth. Versuchsstationen 4870 et 1872) ont démontré que le manganèse ne peut pas remplacer le fer. De récentes expériences de M. Spampani {Stazioni Speriment, Agrar. It. 1890) confirment que le rôle physiologique du fer dans la formation de la chlorophylle ne peut être rempli par le manganèse. Lorsqu'il y a lieu de le doser, pour des raisons spéciales, et que l'on a constaté une réaction appréciable par un essai qualitatif, on passe à son dosage avant de précipiter la chaux, en saturant le filtrat de l'oxyde de fer et de l'alumine par un courant de chlore dans une liqueur exempte d'annnoniaquc et on re-

cueille sur un filtre le peroxyde manganique. (Voir Frésénius.) La méthode de Leciere (voir Grandeau) est également recommandable.

30. Nous conseillons d'une manière générale d'évaporer le filtrat de ht chaux et de chasser les sels ammoniacaux qui, en grand excès, empêchent ou du moins retardent la précipitation du phosphate ammoniaco-magnésien. 11 est des cas où la précipitation directe du filtrat de la chaux fournit les mêmes résultats que Févaporation, etc., mais il arrive aussi que la précipitation n'est pas complète.

Essais de M. Motquin.

Terres

A* L lil Précipitation directe du filtrat i

de la chaux par l'ammoniaque / 1 .05 â.28 i. 91 pour mille de et le phosphate sodique . . ) magnésie.

Précipitation après avoir évaporé et chassé les sels ammo- /

niacaux, repris le résidu par , 1.00 2.5i 6.80 id.

Teau légèrement acidulée d'à cide chlorhydrique ...

31. Formule proposée par nous en 1879 et généralement adoptée dans l'analyse des engrais : SOO grammes d'acide citrique sont dissous dans l'ammoniaque concentrée (D. 0.92) jusqu'à réation neutre. On amène le liquide à la densité de 1.09 à 15" C. et on ajoute ensuite par litre oO c. c. d'ammoniaque concentrée (D. 0.92).

L'évaporation et l'incinération de la solution au citrate d'ammoniaque peuvent être facilitées en ajoutant de temps en temps quelques gouttes d'acide nitrique. Les gaz qui se dégagent empêchent la formation d'une croûte, rendent le charbon poreux et hâtent son oxydation. L'incinération directe ou l'oxydation préalable donnent du reste les mêmes

résultats. Voici quelques exemples tirés d'essais faits par M. Motquin :

Oxydé . . 0.77 0.15 / pour mille

Directe. ....... 0.68 0.12 \ d'acide phosphorique.

32. La présence dans le sol de l'acide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque a déjà été constatée en 1878 dans notre laboratoire par M. Mercier. (Uecherches de chimie, etc., 2*^ éd., p. 69).

Nous avons introduit ce dosage dans l'analyse courante de la terre depuis que nous avons reconnu qu'il constitue un excellent moyen de distinguer l'acide phosphorique qui appartient au sol par son origine géologique (soluble dans les acides minéraux) de celui qui s'y est précipité sous Tinfluence de la culture (fumure, décomposition des résidus des récoltes) à l'état de phosphates hydratés de fer, d'aluminium et de calcium (sôlubles dans le citrate d'ammoniaque).

Le citrate, véritable réactif de groupe permettant dans les engrais phosphatés de distinguer les phosphates à action rapide des phosphates à action lente, doit, appliqué à l'analyse de la terre, également permettre de séparer la partie devant être considérée comme assimilable de celle formant la réserve du sol.

Des centaines d'analyses complètes de terre dont nous disposons maintenant, il résulte que dans des terres belges i\ culture intensive (argilo-sablonneuses , sablo-argileuses, polders), la proportion d'acide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque monte à 25, 40 et même 80 p. c. de l'acide phosphorique total, tandis qu'elle n'atteint dans certaines terres schisteuses, psammiteuses, que quelques pour cent. Et ce sont précisément ces terres qui se montrent reconnaissantes d'une fumure phosphatée.

Nous faisons remarquer aussi à l'appui de notre manière de

voir que le titi*e en acide phosphorique soluble dans le citrate est généralement fort inférieur, dans le sol vierge, à celui constaté dans le sol arable.

L'action dissolvante du citrate d'ammoniaque ammoniacal est réellement due au citrate, et non à l'ammoniaque libre du réactif ou à l'ammoniaque qui peut se former par la décomposition du citrate sous l'influence des bases du sol. Nous le prouvons à nouveau par les chiffres obtenus à la station agronomique par M. de Marneffe :

S0H6. Sol 24.

Acide phosphorique soluble dans 100 c. c.

d'ammoniaque à 5 p. c 0.07 0.04 pour mille.

Acide phosphorique soluble dans 100 c. c.

de citrate d'ammoniaque (formule Peter-

mann) 0.41 0.28 —

Acide phosphorique soluble dans 100 c. c.

d'acide chlorhydrique 1.70 0.45 —

Concernant le dosage de l'acide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque, nous ajoutons que la proportion de 100 c. c. de citrate pour 25 grammes de terre est plus que suffisante. En opérant avec la quantité normale et la quantité double, M. de Marneffe a obtenu :

Acide phosphorique sohible dans le citrate d'ammoniaque.

Sol 16. Sol 17. Sol 22. Sol 24.

100 ce. ... 0.41 0.24 0.25 0.18 pour mille.

200 ce... 0.36 0.28 0.22 0.15 —

La durée de l'attaque d'une heure est également suffisante, ce qui résulte des essais suivants :

Acide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque.

M. Peter mann^^^ M. Motquin.

Solsablo-urgi- Sol sablo-argi- Sol sablo-argi- Sol sablonm ux

leuxà26p. m. Ieuxà36p. m. Ieuxà20p. m. à 219 p. m.

«le matier'S de matières de matières de matières

organiques. organiques. organiques. organiques.

1 heure d'attaque. 0.46 p. m. 0.29 p. m. O.iO p. m. 0.94 p. m.

2 heures d'attaque. 0.49 — 0.29 — 0.16 — 1.39 —

On voit que dans les terres exceptionnellement riches en

matières organiques (prairies, terrains tourbeux) la prolongation (lu contact avec le citrate d'ammoniaque alcalin augmente la quantité d'acide phosphorique dissous, provenant évidemment de l'épuisement plus complet des débris organiques passés lors du tamisage. Cet acide phosphorique peut sans inconvénient être compté avec la partie « assimilable », car il doit être considéré comme plus actif que celui dont la présence est due a l'origine géologique de la terre.

33. Le dosage de l'acide carbonique dans les terres, particulièrement dans celles du pays, est une opération délicate. U s'agit en effet le plus souvent de doser quelques dixièmes pour mille.

D'après de nombreux essais que nous avons exécutés, nous avons reconnu quç les appareils « a perte » sont impropres dans ce cas. En employant la méthode directe de Liebig, il faut, lorsque cela est possible, supprimer les acides volatils, chlorhydrique et nitrique, qui, pendant le long lavage indispensable de l'appareil, même à basse température et par aspiration lente, peuvent être entraînés, sans parler des inconvénients que peut présenter la présence des matières organiques et des sels ferreux.

L'acide sulfurique et l'acide phosphorique conviennent très bien pour l'analyse des terres pauvres en carbonates, mais les sels calciques de ces acides étant insolubles, ils peuvent englober une partie du carbonate non attaqué lorsque leur proportion est un peu forte. Ce danger disparaît si l'on a soin de triturer la terre sous l'eau avant de l'introduire dans l'appareil.

En opérant avec précaution, dans des terres pauvres en

carbonate, les trois acides donnent des résultats identiques.

Voici, à titre d'exemple, trois dosages exécutés dans le même

sol par M. Graftiau :

Acide

chlorhydrique. sulfurique. phosphorique.

Anhydride carbonique. . 0,75 0.74 0.70 p. m.

34. Nous avons fait de 1res nombreux essais pour choisir, parmi les méthodes connues pour la décomposition des silicates, la plus précise et la plus appropriée au cas dont nous nous occupons, et nous nous sommes arrêtés de préférence à l'attaque parle fluorure ammonique, opération facile, élégante, précise et rapide. Ni par Tacide fluorhydrique liquide, ni par l'acide gazeux, la décomposition nV'tait complète après vingtquatre heures; il a toujours fallu une attaque de deux à trois jours, tandis que dans plus de cent analyses, nous n'avons jamais constaté de résidu inattaqué après le traitement par le fluorure ammonique à sec, n'exigeant pourtant tout au plus que deux heures. Le procédé de Saint-Claire Deville, excellent pour d'autres cas, ne convient pas à l'analyse du sol, car il exige l'introduction d'un poids connu de plusieurs grammes de chaux dans une substance où l'on doit doser une faible proportion de ce corps; la méthode basée sur la fusion du silicate avec un mélange de carbonates alcalins présente le même inconvénient en ce qui concerne le dosage des alcalis.

Le procédé au fluorure ammonique volatilisant le sable et la silice en combinaison et le fer ne se trouvant qu'à l'état de traces dans l'insoluble, la suite de l'analyse s'effectue avec une très grande précision, et les résultats obtenus par divers opérateurs sont très concordants. En voici un exemple :

M. Graftiau. M. de MarnefTe.

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