‹ L'analyse psycho-sensorielle et ses applications a l'education integrale. --Chapitre 17 sur 83 · OBTENUES · texte numérisé non relu

OBTENUES

Garç.

Filles

Garç.

Filles

Garç.

Filles

Garç.

Filles

élèves

élèves

élèves

élèves

élèves

élèves

élèves

élèves

élèves

élèves

Très bien

Bien

Assez bien

Passable

Médiocre

Mal

Nul

Notes moyennes

V^XteK* A.fH i i t

L'examen du tableau 6 prouve que, sauf pour les fillettes du CE., le centre d'intérêt a donné de meilleurs résultats que le préavis. Nous nous y attendions un peu pour une leçon pareille, toute d'observation indirecte, rétrospective, exigeant de la réflexion, et d'allure plutôt conceptuelle. Par son caractère même, en général, comme on l'a vu déjà, le centre d'intérêt, qui déclenche un dynamisme associatif subconscient régi par un schématisme de catégorisation naturelle ou logique, convient mieux à ce genre d'adaptation psychique.

L'étude du graphique l\ fait ressortir les différences du comportement au point de vue du sexe. Les filles sont plus sensibles que les garçons à l'adaptation, au G. S., pendant la crise pubertaire. Après comme avant cette crise, dont l'importance psychogénique ressort une fois de plus, les courbes masculine et féminine se rapprochent. Ceci est d'autant plus frappant que le CM. offre un groupement inattendu : c'est une véritable identité momentanée de comportement; identité d'autant plus typique qu'une divergence sérieuse des sexes se manifeste à l'âge qui précède immédiatement (CE.). Lisons le graphique de droite à gauche, dans l'ordre d'âge des sujets, et nous constatons :

i° De 7 à 9 ans, une réaction féminine meilleure pour le préavis et moins bonne quant au centre d'intérêt;

2° De 9 à 12 ans, une identité de comportement pour les deux sexes;

3° Après 1 2 ans, garçons et filles réagissent mieux au centre d'intérêt; îa supériorité féminine étant évidente.

Il semble donc possible de croire que la période pubertaire est une étape très importante dans la genèse ontologique de l'attention. Jusqu'à cette période, elle ne se manifeste guère que sous la forme d'abord inconsciente et infantile des adaptations organo-sensorielles; puis sous une deuxième modalité subconsciente, synergique, déjà physio-psychique, d'adaptations perceptives associées. Celles-ci exigent une participation plus complète et évoluée du système neuro-cérébral. Mais tout cela paraît dépendre encore surtout du mésencéphale. Nos remarques personnelles à propos des mouvements pupillaires pendant l'effort attentionné!, si nous les rapprochons des tra-

vaux récents de MM. G. Dumas et il. Piéron sur l'émotion, permettent d'avancer que l'activité corticale reste encore assez restreinte et limitée jusqu'à la période prépubertaire. L'écolier appartient encore alors au cycle perceptif-sensoriel.

Aux approches de la période pubertaire, quand le corps finit de se former, le potentiel physiologique de base s'accroît et s'équilibre1. Le cerveau se complète. La cénesthésie gagne en profondeur et finesse, car si le thalamus suffit à ses manifestations ordinaires, l'inhibition corticale la discipline et perfectionne. Ainsi l'être humain s'élève enfin au niveau de la vie complète « aussi intense qu'extensive » selon J.-M. Guyau. La conceptualisation, élaborée peu à peu, grâce au dynamisme progressif des synergies antérieurement acquises, finit probablement aussi de se former alors avec les schèmes indispensables à cette troisième modalité psychique.

Ici nous nous rencontrons avec M. Kevault d'Allonnes. Peut-être apportons-nous, par nos observations psychogéniques quelques précisions utiles à sa théorie séduisante des schèmes attentionnels. L'attention, en effet, libérée de son substrat primitif sensoriel-perceptif, comme du premier cadre étroit des images élémentaires, se dégage de la chrysalide de la subconscience sous l'impulsion d'une cénesthésie intense à quoi elle doit son essor. Nous avons dit comment, par la substitution, à la même époque et sous les mêmes influences, de l' auto-suggestion libératrice à la suggestibilité passive de l'enfance, chaque jeune esprit se révèle à lui-même dans la crise de l'adolescence.

Voilà pourquoi, dans nos formules psychogéniques à venir, nous ne représenterons l'attention en facteur distinct qu'à cette période : celle de son émancipation psychique. Faisceau d'attitudes kinesthésiques et cénesthésiques d'abord, polymorphes et de plus en plus complexes ensuite; puis schème syner-

1. Rappelons ici simplement le rôle, peut-être majeur, des glande* et tissus endocriniens; mais avec toute la prudence que recommande M. Gley dans ses conférences de Bruxelles (1923) et Toulouse (1929). Sa théorie de la physiologie individuelle et de la spécificité des plasmas aura certainement, tôt ou tard, ainsi que ses autres travaux sur les hormones, une influence déterminante sur la psychologie individuelle. Il est assez curieux de savoir que M. Gley est un parent et un admirateur d'Alfred Binet.

gique supérieur et prévalent, dominant tous les autres qui, sans lui, ne seraient point : tel nous apparaît déjà, sous bénéfice de vérifications expérimentales nombreuses, sévères, en dehors de toute métaphysique comme de toute école, ce cornplexus de l'attention scolaire.

Une nouvelle enquête fut décidée en mars 192 1 (c'était la troisième de l'année) sur les bases suivantes :

L'influence du centre d'intérêt s'étant révélée, dans les expériences précédentes, comme particulièrement favorable à l'acte attentionnel, on recherchera quelques précisions, à ce point de vue, en essayant de déterminer comment cette circonstance agit suivant la nature des leçons et quels sont ses effets particuliers chez des élèves d'âge et de sexe différents.

On avait choisi, dans ce but, les deux tests suivants que des leçons préalables devaient préparer dans des conditions identiques :

Le premier consistait en une lecture expliquée d'un genre facile et agréable où la curiosité de F enfant est largement mise en jeu, d'après les directions suivantes :

« Après avoir fait, la veille au soir, une leçon sur les mœurs des insectes, on lira aux élèves, à 9 heures du matin, un récit ayant pour titre : « L'esclavage chez les fourmis. » Les commentaires des maîtres se borneront à l'explication des mots ou expressions dont le sens pourrait échapper aux élèves des différents cours. L'analyse des idées ne devra pas avoir lieu en commun. Faire résumer ensuite, par écrit, le récit d'après le plan suivant écrit au tableau noir :

« 1. L'attaque de la fourmilière.

« 2. Les détails du combat.

« 3. Le butin. Que devient-il?

« l\. Punition des « amazones » et conclusion.

« Maximum : 5 points par réponse.

« Point particulier : Indiquer le nombre de réponses où seront précisés V heure et le lieu de l'événement raconté. »

Le deuxième test s'appliquait, au contraire, à une leçon plus

sévère (arithmétique) ne présentant aucun caractère émotif et s'adressant plus particulièrement au jugement et au raisonnement. On l'annonçait ainsi :

« Après une leçon faite la veille sur les placements d'argent et les prêts à intérêt, expliquer aux élèves ce qu'on entend par emprunts, titres de rentes, Bourse et cours de la rente. (Bien entendu, adapter la leçon à l'âge et à la culture des élèves.) Faire répondre ensuite aux quatre questions suivantes : Que vous a-t-on dit?

(( i° Sur les emprunts de l'Etat? ?.° sur les titres de rentes? 3° sur l'établissement appelé « Bourse »? 4° sur ce qu'on appelle « cours de la rente » ?

Une notice, distribuée à tous les maîtres, précisait les règles à observer pour l'organisation de cette enquête dans les différentes classes.

On voudra bien constater les modifications progressives de notre méthode. A mesure que nos expériences se poursuivaient, elles nous suggéraient des améliorations, souvent inspirées par l'étude attentive de la technique de Binet.

Examinons maintenant, le tableau n° n.

PREMIER TEST Lecture expliquée, avec centre d'intérêt'

NOTES

obten :;<•■»

Garç.

élèves

'Très bien (18 à 20)

Bien (15 à 17)

Assez bien (12 à 14) j Passable (9 à 11). .

Médiocre (5 à 8)

Mal (1 à 4)

Nul (0)

Moyennes pur cours! 15,6

Filles < Garç.

élèvesjélèves

Filles

élèves

Garç.

Filles

élèves élèves

Garç.

lfi élèves

élèves

TOTAUX

Filles

élèves

NOTES obtenues

Très bien.

Bien

Assez bien Passable . .

Médiocre .

Mal

Nul

DEUXIEME TEST

Arithmétique, avec centre d'intérêt.

Moyennes par cours i 1 5

Garç.

Filles

élèves

élèves

Garç.

ÎH

élèves

Filles

élèves

Garç.

Filles

élèves [élèves

Garç.

élèves

Filles

élèves

TOTAUX

Gan;.

6f> élèves

Filles

élèves

Nous voyons que le centre d'intérêt, pour les garçons, donne les résultats comparatifs suivants :

TKCTURE ARITHMÉTIQUE MOYENNE

Au C. C 15,6 15 15,3

Au G. S 16,4 16,4 16,4

Au C. M 14,5 15,1 14,8

Au C. E 10,6 17 13.6

Avec l'âge, c'est-à-dire dans le sens psychogénétique, d'après la moyenne, l'influence croît régulièrement jusqu'à la puberté, pour diminuer brusquement après.

On constatera, une fois de plus, le changement de comportement qui coïncide avec la crise pubertaire. Chacun des résultats partiels le confirme : aussi bien l'arithmétique conceptuelle que la lecture expliquée, toujours plus ou moins affective et cénesthésique.

Observons maintenant les résultats pour les filles

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