V. surtout II, 203 : « Pour toutes
très proche parente du schéma graphique, considéré par nous comme un premier stade.
Bergson complète le sens kantien de ce terme. Il écrit dans L'évolution créatrice (495) : « L'esprit construit le monde matériel selon les lignes mêmes que son action y doit suivre; ce sont ces lignes d'action possible qui, en s'entre-croisant, dessinent le réseau d' expériences dont chaque inaille est un fait. » Nous entrons donc ici dans une première conception dynamique et créatrice du schème. M. Delacroix parle bien (Le langage et la pensée) du «papier quadrillé » sur lequel la pensée se forme, et du rôle synergique des schèmes verbaux. Sa conception procède donc de Binet et de Bergson dans son principe. Revault d'Allonnes (Dumas : Traité de psychologie, /, 856) considère encore les schèmes à Vétat statique comme des images concrètes simplifiées et simplificatrices. Mais il en distingue d'ordinateurs (espace et temps) et de vocaux émotifs, ce qui complète le sens. M. Piéron (Le cerveau et la pensée, 24-27) conçoit le schème comme un symbole, mais aussi comme une esquisse d'évocation (cf. Bergson), et lui attribue le frayage des voies associatives, la mise en jeu des centres coordinateurs (Traité de Dumas, /, 782). Il nous renseigne donc utilement, avec sa compétence reconnue, sur le substrat physiologique; nous en avons tiré parti et profit.
Arthur Lynch (Revue scientifique, 1926, p. U61) parle du schéma comme d'une abstraction qui associe les représentations immédiates avec leurs qualités spéciales pour aboutir à la perception psychique. Il établit ainsi seulement le premier stade (galtonien) du schématisme. Lalo (Journal de psychologie, 15 mars 1926) le considère, au sens aperceptif, comme une attente d'images, une attitude intellectuelle, et le place dans le cycle dynamique; mais un peu trop étroitement, selon nous, au point de vue attentionnel. Il complète Revault d'Allonnes. Nous essaierons, à notre tour, de les compléter tous les deux.
Pascal et Davesnes (Journal de psychologie, 1926, U72) voient dans les émotions-schèmes, non sans raison, un élément de formation de la personnalité. Nous le montrerons, par de nombreux exemples, dans la genèse de la conscience morale.
Pour nous enfin, la schématisation est une résultante du dynamisme synergique déjà défini. Elle évolue phylogénique-
ment et ontogéniquement dans l'inconscient, le subconscient et le conscient. Elle est sous-jacente à toute association de percepts pour l'image, d'images pour le concept, de concepts pour l'idée. Son rôle associatif, simplificateur et créateur se révèle ainsi à chaque étape de révolution phylogénique avec des caractères progressifs, spéciaux à chaque âge. Le schèm,e est d'abord un schéma, mais devient, peu à peu, Vidée-force. C'est ainsi que Kant, transposé dans le plan psychologique, semble l'avoir compris : le développement verbal, comme le développement intellectuel de l'enfant, part du schéma, de la notion confuse, du plan indéterminé, pour évoluer vers les représentations particulières et concrètes.