‹ L'analyse psycho-sensorielle et ses applications a l'education integrale. --Chapitre 53 sur 83 · As — Ir — le + 3 S + 9 C + 5 Es ' + Se · texte numérisé non relu

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Après la misère psychologique, nous trouvons là un exemple de richesse et même d'harmonie absolument remarquable. Certains psychologues, plus connaisseurs en livres qu'en enfants, essaient en vain, depuis des années, de nous doter du moyen de reconnaître aisément et sûrement les surnormaux (Binet) ou les sujets d'élite. Il n'est pas besoin de chercher désormais longtemps un procédé simple pour les découvrir : c'est notre méthode. Toutes les fois qu'elle a attiré notre attention sur un sujet, les renseignements du maître, la visite des cahiers, les questions d'intelligence que nous avons posées, ont prouvé que le diagnostic primitif était suffisamment exact. De plus, les résultats aux examens nous ont fourni confirmation nouvelle. Marthe B... a obtenu le certificat d'études primaires à 12 ans, avec la mention très bien.

Il nous paraît inutile d'insister sur les avantages de cette investigation pour assurer et compléter une inspection de classe ou d'école. Binet s'était préoccupé de cette question vraiment délicate sans aboutir à un résultat positif. Nous pouvons offrir cette solution, au moins provisoire, en nous aidant de ses travaux comme de notre expérience personnelle.

C'est Alfred Binet également qui a montré toute l'importance de l'orientation psychique, mère de l'orientation professionnelle. Celle-ci, dont nous avons pu étudier l'application méthodique mais incomplète et empirique en Allemagne, pendant un séjour à Cologne et grâce à l'extrême obligeance du sous-directeur de « l'Arbeitsnachweiss » de cette ville demande

beaucoup plus de compétence psychologique. Elle exige aussi la collaboration étroite des instituteurs et de leurs inspecteurs que l'on oublie trop souvent. Une organisation administrative, trop particulariste et compliquée, l'empêche encore en France. C'est regrettable.

En Allemagne, tout candidat à l'apprentissage doit apporter un livret scolaire sur lequel on a déjà noté ses principales aptitudes. Mais la notation est vague. La nôtre serait plus complète, précise et utile.

Comment discernons-nous l'orientation psychique?

Approximativement, on voit, dès la première formule, et bien mieux encore lorsque le tableau est garni, les dominantes sensorielles et psychiques de chaque sujet. Le coefficient qui précède chaque initiale est assez éloquent. Les recoupements et variations, que l'ingéniosité de l'observateur ou les hasards de l'expérience amèneront méthodiquement ou fatalement, seront excellents pour accuser encore ces dominantes. Cette simple observation, consignée huit fois par an, presque chaque mois scolaire, à la page 4 du tableau n° 19, synthétisée dans une dernière étude d'ensemble, à la fin de la scolarité, guiderait utilement familles et patrons au début de l'apprentissage. Il suffirait à l'enseignement technique de constituer une commission de techniciens et de psychologues qui dresserait, d'un commun accord, un tableau des professions en fonction de notre formule psycho-sensorielle ou de tout autre meilleure que nous accepterons sans faux amour-propre. L'idée excellente, mais beaucoup trop vague et empirique dans sa réalisation actuelle, de M. Mauvezin, de la Chambre de commerce de Bordeaux, dont la « Rose des Métiers » est bien connue, reposerait alors sur une base psychologique et scientifique. La décision récente du Ministre de l'Instruction publique, plaçant l'enseignement technique sous le contrôle des recteurs et inspecteurs d'Académie, est d'heureux augure. La création d'un office national d'orientation professionnelle l'est également. Mais il reste à instruire et entraîner les directions régionales.

Il est possible d'ailleurs, si l'on veut faire de la psychornétrie, à l'instar de l'étranger, de donner une base mathématique à la recherche de la formule d'orientation psychique. Il suffirait d'établir la moyenne des coefficients par âge et pour

chaque mode d'activité psjeiio-sensorielle. Ensuite, soit par le procédé des percentiles, soit par un autre plus simple et tout aussi efficace, il serait facile de distinguer les sujets qui émergent, pour chaque modalité ou chaque groupe d'activité caractéristique. L'orientation psychique, comme la professionnelle, sera, en effet, presque toujours exprimée par trois facteurs au moins : un par cycle. Il conviendra d'y ajouter, surtout pour les métiers manuels, une notation médicale ou pathologique et dynamométrique. La première page du tableau spécial a été prévue dans ce but, que doit remplir plus complètement le carnet médical scolaire lorsqu'il sera mieux compris, comme nous l'avons indiqué.

On a pu remarquer, dans ce même tableau, une colonne destinée à recevoir, pour chaque test, L'indication du temps moyen d'attention. Dans ce but, le maître note exactement l'heure où tous ses élèves commencent leur compte rendu et celle de la remise libre de ce travail pour chacun. A la condition, bien entendu, que la discipline soit bonne, la différence des moments en heure et en minutes donnera le temps maximum d'attention. Nous procédons en somme de la même façon que pour le calcul du temps d'attention à l'école maternelle. Le principe est le même. Une précision plus grande appartient exclusivement au laboratoire.

La formule psycho-sensorielle que nous proposons, permet, on l'a certainement deviné déjà, d'analyser de beaucoup plus près et qualitativement l'acte d'attention. Si la promenade est bien choisie et dirigée, tous les moyens d'activité psycho-sensorielle se manifestent. En surveillant discrètement ses élèves, le maître prend note, au besoin, des incidents inattendus. Dans une promenade à laquelle nous assistions, à Arbas, nous avons pu noter trois incidents qui provoquèrent des résultats très différents chez les élèves. Une salamandre traversa la route encore humide du brouillard du matin. Tous les enfants se précipitèrent pour l'observer. L'attention perceptive paraissait donc complète. Dans les devoirs du lendemain, la salamandre fut moins souvent citée et dessinée (manifestation surtout subconsciente de mémoire, croyons-nous, VK1) qu'un cycliste qui nous eroisa brusquemenl dans un

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