V. notre étude sur Alfred Binet et son œuvre. (Alcan
Qui a vu, une t'ois dans sa vie, cette cime de calcaire blanc qui domine la gorge de Saint-Béat, au coucher du soleil, par un ciel clair, ne peut que féliciter cette enfant. Il n'est pas rare de faire de pareilles trouvailles dans les descriptions libres d'élèves d'âge moyen, à la condition qu'ils aient de bons maîtres.
Le cycle moral reste le dernier à se manifester.
Il n'apparaît pas tout de suite avec la cénesthésie, comme on pourrait le croire, mais grâce à la sentimentalité qui ne naît, par évolution synergique encore, que beaucoup plus tard, avec la crise pubertaire ou immédiatement après (cours supérieur et complémentaire). La volonté n'affirme vraiment son existence par les idées-forces et les préoccupations d'avenir — on l'a constaté plus haut par les rêves — qu'à cette même période. Celle-ci marque probablement, dans l'état actuel de nos connaissances psychogéniques, une frontière mentale et morale des plus importantes. C'est la fin de l'enfance proprement dite et du deuxième cycle psychogénique; c'est l'aurore de la conscience morale dont l'aube a été l'apparition de la conscience psychologique; c'est le seuil de la personnalité humaine : l'adolescence.
xili - NOUVEAUX RESULTATS
Pendant nos inspections de l'année scolaire 1926-1927, les directions générales données dans les conférences pédagogiques cantonales de novembre, furent précisées sur place, à maintes reprises, grâce à des faits occasionnels. Ainsi le nombre d'hésitants diminuait et celui des initiés ou collaborateurs bénévoles croissait. Une nouvelle circulaire explicite fut envoyée, au printemps, afin d'organiser de nouvelles promenades-tests et de profiter de celles-ci pour tenter des analyses psycho-sensorielles plus nombreuses. Il était recommandé de n'observer qu'un ou deux élèves par classe, de manière à soigner et préciser le plus possible cette investigation. M. Abadie. directeur à Luchon, centralisa les envois qui furent examinés par M. François Sarrieu. Voiei le résumé des observations de celui-ci, vérifiées par nous comme d'habitude :
Au CE. (7 à 9 ans), l'activité psychique est presque exclusivement d'ordre sensoriel, avec une prédominance très marquée de la vision et de la kinesthésie, comme nous l'avions constaté précédemment. Le cycle conceptuel ne commence de se manifester que par la mémorisation verbale, le sens du nombre ou de la quantité, quelques jugements élémentaires et surtout analogiques. Le cycle moral débute par l'esthétique dans les deux sexes, avec quelques manifestations cénesthésiques chez les fillettes seulement.
Au CM. (9 à 11 ans), l'équilibre sensoriel s'améliore; les opérations intellectuelles du deuxième et du troisième cycle deviennent aussi plus nombreuses et régulières, surtout chez les filles, dont l'évolution psychique semble momentanément plus précoce que celle des garçons.
Grosses lacunes encore pour le goût et le tact chez tous les élèves.
Au C.S. (n à i3 ans), les manifestations psychiques supérieures acquièrent une importance beaucoup plus marquée, surtout pour la mémorisation, la précision, le jugement, le raisonnement, l'imagination, le sens esthétique, la cénesthésie. La volonté apparaît comme un caractère masculin, tandis que les filles marquent une supériorité manifeste en ce qui concerne le symbolisme, l'esthétique et la cénesthésie.
Chez les sujets plus âgés (i3 à i5 ans), les trois sortes d'activité mentale considérées parviennent à un équilibre sensiblement meilleur, notamment pour les garçons. L'infériorité momentanée ou le retard occasionnel constaté parfois, à leur sujet, dans les âges précédents, fait place désormais à un avantage bien marqué en leur faveur, surtout dans le cycle moral En d'autres termes, si l'évolution psychique masculine s'est révélée, en général, plus lente que l'autre, — ce qui correspond, ne l'oublions pas, à la formation plus hâtive du cerveau féminin; — cette évolution est plus régulière et complète. C'est un problème curieux qui se pose aux anatomistes continuateurs des travaux de Flechsig, comme aux physiologistes.
Conclusion. — En résumé, les résultats de cette enquête constituent comme une ébauche de l'activité mentale spontanée aux principales étapes de la scolarité. On a constaté que l'effort sensoriel est à la base de ce processus; que le progrès s'y caractérise par une harmonie de plus en plus complète des différentes activités physio-psychiques. On peut en conclure que le principal rôle de l'éducateur devra consister non seulement à profiter des dispositions naturelles constatées (ce qui paraît actuellement suffire aux pédagogues), mais encore à ouvrir à l'enfant de nouvelles voies d'observation et d'interprétation, à équilibrer, en un mot, toutes les activités psychiques : sensorielles d'abord, conceptuelles ensuite, émotives et morales toujours.
Nous reviendrons sur ces points importants dans notre conclusion générale. Quelques formules psycho-sensorielles, relevées parmi les plus intéressantes de la même enquête, vont compléter utilement ce qui vient d'être exposé :
i. — D. A. (f. 7 a.). 11 V + 1 P. (Lymphatisme et insuffisance respiratoire.)