‹ L'analyse psycho-sensorielle et ses applications a l'education integrale. --Chapitre 80 sur 83 · Isotre ooik- ontogéniqae était déjà celle de Wundt : « La · texte numérisé non relu

Isotre ooik- ontogéniqae était déjà celle de Wundt : « La

conscience de soi-même est le résultat d'un développement, d'une Solution »> (I, 553).

pital2 qui n'a peut-être pas été encore suffisamment dégagé. Sa répercussion est considérable dans la genèse de la conscience morale. Si l'on applique notre méthode d'analyse à cette conscience, on est obligé de s'apercevoir, en dehors de toute école, que son fondement initial est forcément somatique. Elle naît de notre corps tout entier pour le diriger, le dominer jusque dans sa moindre fibre, pour le conduire et l'exalter jusqu'à braver la mort. Elle commence, dans la pénombre du subconscient, avec les premiers gestes du bébé qui prend connaissance de son corps en voulant le diriger. Elle fait avec lui ses premiers pas. Elle se forme modestement, lentement, parallèlement avec la conscience psychologique, et, comme celle-ci, évolue longtemps sous le symbole primitif : VKDa, encore cryptique et à l'état de chrysalide.

Les perfectionnements successifs des divers organes sensoriels, le gain psychologique progressif des synergies hiérarchisées, permettent à l'enfant une connaissance de plus en plus complète de son corps, de ses besoins, de ses aptitudes. Nous ne connaissons vraiment celui-ci que par ce qu'il est capable de faire et les sports ont leur part de révélation intime. Cet affranchissement personnel, graduel, obstiné, volontaire, parce que finaliste, des forces cosmiques, de la pesanteur notamment, devrait être mieux compris de ceux qui encouragent vaguement ou maladroitement l'éducation physique. Dans l'évolution somatique, il faut voir l'évolution du moi qui en est la fin humaine.

La relation étroite, indiscutable, vue par l'antique (Mens sana...) de la conscience totale et du corps harmonieusement formé, compte cependant. C'est un de ces concepts intuitifs du passé dont la science actuelle vérifie l'exactitude. Avant d'être banales, les synergies créatrices se forment chez les hommes de génie.

Les réactions ascétiques elles-mêmes, loin de démentir notre théorie, la justifient. Aux yeux du physiologiste moderne.

2. Karl Koffka (de Giessen) écrit : « Ce qu« l'individu ressent et ce qu'il fait, oe ne sont pas deux domaines distincts que les liens du temps seuls relient : c'est un événement un. » Toutes les réactions d'un même individu ont une même forme (Gestal théorie) (Journ. de psych., 1924). Je crois que cette fine remarque s'applique su" maintenant.

toute exaltation est un désiquilibre et correspond, le plus souvent, à une déficience ou une infirmité. Il résulte de tout ceci que le substrat somatique vibrant, dynamique et total, indispensable à la conscience complète et libérée, n'existe vraisemblablement qu'après la puberté. Un corps impubère n'est qu'un complexus mineur et incomplet. L'infirme sexuel reste un minus habens. Comment s'en étonner quand on sait que le système endocrinien complet est indispensable à la vie normale dont il est peut-être à la fois l'appareil moteur et le régulateur? La psychologie officielle ne doit pas être arrêtée par une fausse pudeur. La possibilité de créer doit rester sacrée : elle est notre seule sauvegarde positive contre la mort.

Alfred Binet a dit, avec raison, que l'émotion est le facteur indispensable qui transforme l'éducation intellectuelle en éducation morale. En d'autres termes, nous pourrions écrire, d'accord avec Guyau, Fouillée et J. Payot, qui se complètent à cet égard : l'émotion seule peut transformer, par son dynamisme spécial, la connaissance en action, le savoir en volonté socialisée. Il existe là une véritable frontière ontogénique qui montre encore le rôle considérable de la cénesthésie plus ou moins évoluée.

Ampère (cité par B. Lorenz, dans le Joura. de psych. du i5 avril 1926, p. 4o5 et s.), à la suite de la question posée par l'Institut de France, en l'an XII, question qui semblait prévoir l'avenir de la psychologie expérimentale1, a été le premier, croyons-nous, à deviner, sinon expliquer, cette genèse de la conscience. Tout d'abord, il nomme concrétion, un dynamisme subconscient indispensable et de base, qui s'apparente beaucoup à ce que nous appelons synergie. Voici comment il le définit : <r Les sensations de tous les sens contractent, par la répétition simultanée, un autre genre d'union au moyen de laquelle elles évoquent mutuellement leurs traces ou leurs images. » Les perceptions sont considérées comme des concrétions d'habitudes par ce même auteur. Il nomme émesthèse le sentiment du moi et considère la personnalité comme un

1. « Comment doiton décomposer la faculté de penser et quelles sont les facultés élémentaires qu'on doit y reconnaître? » C'est, à peu de chose près, notre sujet lui-même.

phénomène unique, par concrétion bien entendu, de l'émesthèse actuelle et de toutes les émesthèses passées.

L'élément cénesthésique, qu'Ampère n'a pas dégagé, reste le noyau même de l'émesthèse. C'est lui qui, au fond, provoque et, rend possible toute concrétion ,car c'est en elle et par elle que se constate cette simultanéité qui, sans elle, n'existerait pas. Ainsi nos observations d'enfants peuvent justifier une théorie centenaire qui, à son tour, vient appuyer, éclairer nos hypothèses. Cette théorie aide à comprendre l'évolution cénesthésique qui, comme tous les aspects de l'activité physio-psychique, évolue du conscient à manifestations discontinues vers le conscient permanent, et ne peut arriver à son terme qu'après la formation somatique complète, c'est-à-dire pendant l'adolescence.

Les législateurs qui nous ont donné l'organisation scolaire française de 1 881-1886 ne paraissent pas s'en être doutés, puisqu'ils ne font durer l'obligation que de 6 ans, un peu tard, à i3 ans, beaucoup trop tôt. Les fins éducatives ne leur étaient point indifférentes, car « éducation physique, intellectuelle et morale », la formule célèbre de Spencer, ils i'ont mise en vedette et souvent répétée dans les textes officiels.

Nos écoles publiques françaises, je suis heureux d'en témoigner ici, font de très bon travail. Mais, si les résultats immédiats, d'après les examens des bourses ou du certificat d'études, se manifestent comme très satisfaisants, il n'en est pas de même de ceux, plus lointains, que révèlent, par exemple, les enquêtes sur les conscrits. La loi de l'oubli exerce de véritables ravages, des destructions profondes sur les connaissances proprement dites, parce que le temps de scolarité, après la formation de la conscience psychologique, ne paraît pas suffisant.

Que dirons-nous de l'éducation morale, la plus indispensable, qui ne peut rationnellement se compléter avant l'éclosion de la conscience totale? Oui, l'on peut donner une instruction morale qui aide et prépare cette éducation, mais ne la remplace jamais. Les mots célèbres : « Je connais le bien, je l'aime et pourtant je fais le mal », suffiraient à justifier ce que nous disons ici. C'est par l'exercice continu de la conscience morale que l'adolescent diffère de l'enfant et devient homme. Pourquoi supprimer l'influence indispensable de l'école juste à ce moment-là? Une démocratie, qui veut éviter la décadence et

l'anarchie, doit savoir consentir des sacrifices pécunaire» quand il s'agit de gagner les âmes.

Puisque nous envisageons, en pédagogue professionnel, des conclusions pratiques, on nous permettra d'ajouter que la prolongation de la scolarité n'est qu'un aspect du très sérieux problème éthique. La préparation de tous les éducateurs, sans exception, par de sérieuses études de psychologie théorique et pratique, comme de physiologie, ne s'impose pas moins.

C'est ainsi, mais ainsi seulement, que pourrait être bien donnée l'éducation harmonieuse et intégrale que nous souhaitons, afin de mieux préparer l'avenir. Cette éducation, d'abord sagement sensorielle, perceptive, puis schématique et conceptuelle, enfin abstraite, émanciperait progressivement l'esprit tout en formant les synergies progressives qui le constituent.

S'il est évident, depuis la civilisation athénienne, qu'un esprit logique ne peut exister que dans un corps normal, il n'est pas moins vrai qu'une conscience morale ne peut coexister avec une intelligence déficiente. L'équilibre spirituel est encore la première condition d'une vie honnête1. Il est facile de constater que toutes les bonnes habitudes psychiques forment la conscience morale, tout en éclairant la conscience psychologique. Un subconscient commun les unit : celui qui sert de même substrat à la pensée et à l'acte.

Il en résulte, qu'avec un progrès sérieux de nos méthodes d'éducation intellectuelle, nos élèves gagneraient non seulement de mieux résister à la loi de l'oubli, à cette torpeur rurale ou à cet énervement urbain également néfastes à toute vie spirituelle, mais encore et surtout, une âme supérieure.

Si la morale religieuse peut se contenter, le plus souvent (et nous en parlons avec respect), de cette synergie mimétique et cénesthésique, imaginative aussi, qui constitue la foi vulgaire, la morale, indépendante des dogmes, que nous enseignons doit être sociologique. Les fins sociales, si bien évoquées déjà dans l'impératif catégorique kantien, sont la seule autorité dont nous puissions nous réclamer.

V. -'.'an Philippe et J.-Paul Boncour (ouv. cit., p. 1 c25 > .

Sans ce caractère sociologique, la morale laïque resterait une sorte de contrefaçon timide des éthiques confessionnelles. Ou bien, soumise à des normes personnelles et variables quotidiennement, elle errerait ainsi dune religion sans Dieu à un sectarisme condamnable. Nous désirons établir, pour le bonheur de tous nos élèves et la paix sociale, une éducation morale ayant pour base l'étude impartiale des faits sociaux dans les deux cadres concentriques de la patrie et de l'humanité. Notre idéal modeste, mais sûr, sera l'amélioration progressive de la vie spirituelle autant que de l'autre. Existerait-il d'ailleurs un progrès social réel sans cela?

Il est bien entendu surtout que nous ne voulons p;î«< d'une simple instruction morale catéchétique, superficielle, verbale et vaine contre le torrent de l'animalité. Nous nous défions aussi, expérience vécue, d'une éducation religieuse mimétique, affective, trop fragiie au souffle de la raison et qui peut disparaître brusquement dans une crise d'adolescence, laissant l'esprit vide, le cœur désespéré. Notre morale laïque, tout en laissant respectueusement aux familles la faculté d'y joindre le complément religieux ou philosophique de leur choix, peut se suffire toute seule si eile est basée sur la coexistence des deux consciences nées harmonieusement grâce à l'éducation intégrale. Elle doterait chaque être humain de la lumière nécessaire et de la force indispensable. Nous pourrions citer nombre de ses martyrs, pour en témoigner. dan9 la paix et dans la guerre.

Tout ceci ne sera pas l'œuvre d'un jour ni d'une période psychogénique. Nous espérons y revenir plus tard, afin de creuser davantage ce problème essentiel et passionnant. Indiquons simplement, dans l'attente des découvertes physiologiques prochaines, les grandes lignes de la genèse de l'inhibition1, facteur de la connaissance par son conditionnement

1. Des précisions biologiques et physiologiques très intéressantes sur l'inhibition sont données par le professeur italien G. Faro (Le cerveau et le cœur). Il montre notamment le rôle de l'écorce cérébrale de la région frontale, sur la moelle épinière qui est inhibée aussi par le cerveau moyen. Tout ceci est une preuve nouvelle de la nécessité d'une formation physiologique complète comme substrat de la conscience totale.

Note complémentaire. Ingénieros. après Sergi, croit k 1» strati-

constant, indispensable à {'attention et sous-jacente à toutes les contraintes morales. Le problème attentionnel ne peut être éludé dans une éthique vraiment philosophique. Conformément à l'intuition géniale de Plotin d'Alexandrie, il évolue dans les trois cycles, comme le « nous » lui-même. Nous l'avons montré, dès l'inconscient, par l'adaptation organique et le rythme vital. Nous l'avons aperçu, dans la subconscience, à la faible lueur des mémorisations, des synergies, des habitudes. Nous le voyons enfin dans la pleine clarté de l'acte volontaire, conscient, acte d'acquisition intellectuelle, acte de réalisation morale. Encore ici, le parallélisme de tout à l'heure, reparaît : la méthode psychogénique prouve son utilité.

La conscience morale totale, supérieure, de l'adulte bien éduqué, nous la voyons poindre chez l'enfant, par intermittences, sous la contrainte négative et la suggestion positive de la famille, de l'école, cette minuscule, mais idéale cité. Le mimétisme suggestionnel continue de s'exercer par les exemples vus ou vécus, vivants ou passés, voire ceux que l'on invente dans ces crises de rêverie sublime qui parfument l'adolescence. Ainsi, dans ce nouveau domaine, du mimétisme animal nous accédons à l'autosuggestion qui fait la volonté souveraine.

Etre moral, c'est savoir observer, juger, prévoir et agir dans l'intérêt commun.

fication du caractère {Principes de psychologie biologique, 192). Se superposeraient successivement : la mentalité de l'espèce (inclinations innées), la mentalité sociale (expérience sociale), et enfin la mentalité individuelle. Ceci serait dû à une myélinisation progressive des centres nerveux, provoquée par les agents énergétiques du milieu et liée à des réactions adaptatives (243). Ingénieros montre bien l'évolution ontogénique fonction de l'évolution phylogénique pour les fonctions psychiques : mémoire et conscience. Sergi considère celle-ci comme la révélation des phénomènes psychiques. Mais eette définition reste incomplète pour la conscience morale qui suppose aussi la révélation du fait social, c'est-à-dire de l'interdépendance de T individu et de la société. Pour Beehterew, la conscience est un produit de l'énergie des centres cérébraux. Ceci indique la «enes^ du dynamisme supérieur qui justifie notre thèse.

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