La Mue, étude d'un adolescent, Paris
les examens comme dans les programmes; et l'on pourrait dire d'excellents élèves, à peu près ce que l'on reprochait au Régent' : ils savent tout, sauf la manière de s'en servir. Le primat de l'éducation doit s'affirmer à tous les âges de la scolarité. Il ne s'agit pas d'éducation superficielle et mondaine, que l'on est libre de priser ou non, mais de ce que nous avons exposé. La formation de l'être physiologique et psychique reste le devoir essentiel des éducateurs.
Ne jugeons pas seuls notre œuvre : c'est toujours dangereux. Etudions les faits et leurs conséquences selon la bonne méthode expérimentale. Faisons appel à l'expérience acquise par vingt années d'inspection et d'examens portant sur des élèves de quatre à vingt ans.
Nous sommes obligé d'avouer que la presque totalité des enfants qui sortent de l'école à 12 ou i3 ans, oublient très vite ce qu'ils ont appris et, chose plus grave, ne paraissent pas conserver un gain intellectuel appréciable. La lenteur du progrès agricole qui exige des qualités expérimentales, la ruée vers les villes qui témoigne d'illusions bien naïves, les résultats électoraux même, en dehors de toute question de parti (car nous ne voulons considérer que la valeur personnelle des élus), concordent à prouver que l'école primaire doit faire beaucoup mieux, malgré son réel mérite.
A un autre point de vue, combien d'anciens élèves de l'enseignement primaire supérieur ou secondaire (dont la coexistence est assez illogique d'ailleurs), même d'école normale, conservent le goût du travail personnel, désintéressé, qui témoigne seul vraiment d'une éducation réussie, d'une personnalité intellectuelle? Trop peu. Des enquêtes faites par nous dans les bibliothèques scolaires, populaires et pédagogiques, nous permettent d'affirmer que, ici encore, il faudrait obtenir mieux.
Ce mieux ne peut se définir en quelques mots. Est-il possible de définir un idéal? Nous l'espérons d'une connaissance approfondie de l'enfant à tout âge et pour chaque sexe. Cette connaissance, nous ne la souhaitons pas dogmatique, figée, enseignée une fois pour toutes dans les écoles normales, mais essentiellement expérimentale, vivante, en perpétuel devenir
comme l'esprit. C'est pourquoi, sans oublier ses défauts, nous proposons actuellement la méthode d'analyse psycho-sensorielle.
Nous nous plaisons à croire que, grâce à elle, puis à d'autres que trouveront de meilleurs que nous, brillera, plus ardente, dans chaque école, pour rayonner jusqu'au plus humble foyer, cette force lumineuse et peut-être divine, issue de tout notre être sous la triple influence cosmique, sociale et humaine : la flamme spirituelle.