CR OR TA MEANS
sur le cobaye par FRIEDEMANN, FRIEDBERGER, Doerr et Russ, Doerr et Mocpovaw, de sorte que le phénomène del’anaphylaxie in vitro est devenu classique.
Mais ce qui est singulier dans cette expé- «
rience, c’est qu'elle ne réussit pas toujours (au moinschez le chien). Parfois, même avec du sang d'animaux très fortement anaphylactisés, le mélange du sérum avec l’antigène n’est nullement offensif. Ainsi, pour prendre un exemple très net, Santa-Fé, au 92 jour, a présenté des phénomènes extraordinaires d’anaphylaxie foudroyante, et pourtant son sérum mélangé à la crépitine
n’a provoqué aucun phénomène immédiat
chez Arequipa, quoique la dose de crépitine ait été forte (05,0041 par kil.),
Il faut donc admettre que la quantité de toxogénine contenue dans le sang est extrêmement variable ; les faits d’anaphylaxie passive nous l’avaient déjà appris, et d’ailleurs les nombreux savants qui ont, dans les divers instituts sérothérapiques,
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préparé des chevaux pour l'obtention d’un sérum antitoxique savent parfaitement que, tout en procédant par des méthodes absolument identiques chez les divers chevaux, on a des rendements en antitoxine tout à fait variables.
Il en est de même pour la toxogénine.
On peut d’ailleurs admettre que la toxogénine est fixée sur un tissu organique quelconque, et quelle n'apparaît dans le sang que lorsqu'elle est en grand excès. Selon toute apparence, c’estdans le tissu cérébral qu'elle doit s'être localisée, et on comprend que dans certains cas il y en a trop peu dans le cerveau pour qu’elle diffuse dans le sang, mais cependant assez pour que l'animal réagisse à l'injection déchainante
Je disais en 1909 : « Si l'expérience ne réussit que rarement, c’est que le plus souvent la toxogénine est peu abondante dans le sang. Il est probable qu’elle n'apparaît dans le sang que lorsqu'il y en a un grand excès dans les cellules cérébrales; car,
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selon toute vraisemblance, la toxine injectée dans le sang se fixe dans le cerveau pour en disparaître lentement et se transformer lentement en toxogénine.
« On pourrait donc considérer la toxogénine comme étant essentiellementune endotoxine, fixée dans les cellules, spécialement les cellules nerveuses, et se transformant soudain en apotoxine extrêmement toxique, au moment où la toxine entre au contact des cellules cérébrales. »
Aussi ai-je tenté d'extraire la toxogénine des cellules cérébrales, et, dans quelques cas très nets, j'ai réussi. |
Un chien est tué par hémorrhagie, puis on fait l’hydrotomie par la carotide, de manière à priver le cerveau du sang qu'il contient. Alors on extrait le cerveau, et on le broye avec du sable jusqu'à formation d’un magma très homogène. A cette bouillie cérébrale bien broyée et mélangée — au sable on ajoute trois fois son volume d’eau salée; on mélange aussi intimement —
ANAPHYLAXIE IN VITRO 167 que possible; puis on centrifuge, puis on filtre, et on filtre à huit ou dix ou douze reprises jusqu’à ce que le liquide, opalescent, passe aussi facilement toujours que de l’eau sur du papier-filtre fin en plusieurs doubles. Je me suis assuré que l'injection de ce liquide cérébral ne détermine pas d'accident. Divers chiens ont reçu 110°, 90%, 68° de ce liquide cérébral sans présenter aucun phénomène.
Mais l'injection de ce liquide cérébral, mélangé à l’antigène, produit des phénomènes très nets d’anaphylaxie.
Avec le sérum du chien À mérigo qui avait reçu il y a trente-cing jours de la crépitine jaune, on obtient une anaphylaxie in vitro extrêmement nette. Du sang presque pur s'écoule par le rectum, pendant qu’on injecte le mélange du sérum d’Amérigo mélangé à de la crépitine. Le tissu hépatique d’Amérigo, mélangé à de la crépitine, est sans effet ; mais le tissu cérébral d’ A mérigo, mélangé a la crépitine, provoque
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chez Honduras des accidents immédiats ; dyspnée, angoisse respiratoire, cécité psychique, nystagmus, dilatation de l'iris, ténesme rectal, diarrhée, selles sanglantes, impuissance motrice succédant à la titubation et au vertige, insensibilité presque complète.
Dans un autre cas (Boulogna), l'injection du tissu cérébral de Pizarre, mélangé à de la crépiline, ne provoque pas de notables symptômes immédiats ; mais, une demiheure après, de très graves accidents éclatent, et l'animal meurt en quelques heures avec une diarrhée sanglante profuse et dans un état de demi-coma.
Enfin, dans un troisième cas (Honolula), le tissu cérébral de Nicaragua, chien anaphylactisé depuis deux mois et demi, fut mélangé à de lacrépitine, et l’injection de ce liquide provoque des accidents très graves, coma, impuissance motrice, diarrhée, à la dose très faible de 2,5. Le même liquide cérébral, injecté à la dose de 5° à un autre
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chien, mais sans addition de crépitine, provoque quelques troubles moteurs pendant quinze à vingt secondes ; mais au bout d'une demi-minute il n'en reste plus de trace, tandis que, pendant deux heures, Honolula est sur le flanc, dans un état de paraplégie et de coma assez grave.
J'ai repris l’expérience par une méthode un peu différente ; car, malgré la très rigoureuse filtration, il est possible que le liquide cérébral ainsi obtenu ne soit pas tout a fait par lui-méme innocent, quoique jen aie pu injecter des quantités notables, sans accidents, à des chiens normaux.
Alors, prenant le cerveau de Belem, tres bien anaphylactisé, et dont le sang, mélangé à de l’antigène, avait donné nettement la réaction de l’anaphylaxie iv vitro, je lai d’abord injecté, mélangé à une dose (immédiatement) inoffensive de crépitine, à A7royo, qui est mort en 13 minutes avec des accidents d’anaphylaxie suraigué, comme rarement j'en avais obtenu (respirations
170 L'ANAPHYLAXIE asphyxiques, dyspnée intense ; le cœur con- tinue à battre, et un liquide sanglant 4 s'écoule par le rectum). Puis, prenant ce — qui restait de l’extrait cérébral de Belem, « je le précipitai par l’alcool ; le précipité ak M coolique, lavé à l'alcool, repris par l’eau \ et filtré, a été additionné de 0:",0022 de cré- — pitine noire et injecté à un chien (Grenadio). —
Quelques minutes après l'injection, appa- «
raissent des symptômes éclatants de prurit.
Grenadio se gralte partout, se gratte le museau avec les deux pattes, et renifle contre terre en cherchant à se gratter le « museau sur le sol. Ilse frotte les oreilles avec frénésie, se mordille la queue, se lèche les pattes. |
Ce sont des symptômes évidents d’ana- M phylaxie légère, et par là il est démontré —
que l'extrait cérébral d’un chien bien ©
anaphylactisé, précipité par l'alcool et — repris par l’eau, donne un liquide qui, — mélangé à de l’antigène in vitro, développe « l’anaphylaxie. La toxogénine cérébrale a M