‹ L'anaphylaxieChapitre 7 sur 17 · D. — AUTRES ANIMAUX · texte numérisé non relu

D. — AUTRES ANIMAUX

Il est probable qu'un phénomène aussi:

éclatant que l’anaphylaxie doit se pouvoir observer chez tous les animaux. Toutefois Dorrr ne l’a pu observer chez les souris blanches, malgré de nombreuses expériences ; non plus que Frey (cité par Doerr). On l’a observé chez les chevaux (Kraus), les chèvres, qui sont extrêmement sensibles (Kraus et STENITZER ; Kraus et Doerr), les rats (ArTaus).

Il est vrai que l’anaphylaxie du rat a été révoquée en doute. B. Gatu-VaLerio (43) n’a pas pu provoquer l’anaphylaxie chez Mus ratus et Mus decumanus, alors que des cobayes, traités de la même manière, présentaient des phénomènes anaphylactiques très graves. GaLLi-VALERIO confirme donc les expériences de Frey, Dorr, Tromms-

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porrr, Ugcenaurm et Werpanz, qui n'ont pas pu davantage anaphylactiser les rats.

ALExANDRESGU et Ciuca (1910) ont étudié les phénomènes de l’anaphylaxie chez les bovidés après sérovaccination anticharbonneuse. Sur un total de 70,000 animaux deux fois vaccinés ils ont observé, dans 10 p. 100 des cas, des accidents anaphylactiques ; dans un cas il y eut mort.

Ils distinguent plusieurs degrés.

1°La forme foudroyante: dyspnéeintense, œdème énorme des mamelles, cyanose des muqueuses, jetage et salivalion abondante, chute de l’animal avec contractions généralisées. |

2° La forme très grave : dyspnée ; œdème pulmonaire, vertige, état d’hébétude pendant trois quarts d'heure environ.

3° La forme grave: prurigo intense au museau et à l’anus; course impulsive en avant, urlicaire; le tout durant environ une demi-heure.

4° La forme légère : edéme des muqueuses

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anale et vulvaire ; cyanose de la mamelle, urticaire ; pas de rumination. -

Les mêmes auteurs ont observé aussi de l’anaphylaxie sur le cheval, caractérisée par une excitation extrême, de l’æœdème et de l’urticaire. |

FriepBeRGER et Hartoca ont produit l’anaphylaxie chez les pigeons, et ils la décrivent ainsi. « L'animal, immédiatement après l'injection, est pris de respirations profondes, asphyxiques. Il ouvre le bec et rend de l’écume et du mucus. Ses pattes tremblent ; il ne peut plus voler, tombe, comme épuisé, perd son équilibre, puis la respiration devient polypnéique, et enfin, au bout de dix à vingt minutes, les symptomes graves s’amendent, et en une heure il y a retour à la normale. La mort survient rarement après la première injection déchaînante, mais presque toujours après la seconde injection déchainante. »

ArTaus a vu aussi l’anaphylaxie chez les pigeons et les canards.

Quant aux animaux à sang froid, FrIEDBER- GER et Mira viennent d'observer qu'on peut les anaphylactiser (Z. I., 1910, vi, 245).

E. — ANAPHYLAXIE CHEZ L'HOMME.

Les phénomènes d’anaphylaxie chez l’homme sont faciles à observer chez les individus, spécialement les enfants, qui reçoivent à divers intervalles des injections de sérum antidiphtérique.

Artuus a le premier étudié — et on sait avec quel succès — l’action anaphylactique du sérum. En 1903, sur le conseil de CALMETTE, qui avait pu observer sur luimême l'effet très pénible et presque dangereux d’une seconde injection de sérum, il étudia les injections répétées de sérum et il rattacha tout de suite les effets a l’anaphylaxie que je venais de décrire (1902) (Comm. orale).

D'ailleurs, dès le début des injections sérothérapiques, certains phénomènes

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avaient été observés, et tout naturellement, comme j’ai été le premier à faire des injections sérothérapiques, j'ai été le premier à décrire ces accidents (Bull. de la Soc. de Biologie, 1891, [17 janvier, 33) : érythème, prurit, urticaire plus ou moins généralisée, avec un peu de fièvre et de malaise. Puis d’autres auteurs ont observé et décrit les mêmes phénomènes. Mais, jusqu’à PmQuer et Scxicx (1903), on n'avait pas observé une relation entre ces éruptions sérothérapiques et le fait qu’elles n'étaient pas primitives. On ne s'était pas rendu compte qu’elles ne survenaient que lors de la seconde ou de la troisième injection ; c’est-à-dire qu’elles étaient des phénomènes anaphylactiques.

Pirquer et Scuicx ont appelé maladie du sérum (Serum krankheil) ces accidents, et ils en ontdonné une description détaillée.

Il faut noter d’abord que, dans certains cas, une première injection de sérum de cheval est parfaitement capable de déterminer des accidents, urticaires, arthralgies,

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étatnauséeux, vomissements, œdème, prurit. On a même constaté que le sérum de chevaux non immunisés par la toxine diphtérique, et normaux, peut, chez des individus prédisposés, produire ces accidents.

On peut se demander s’il s’agit alors d’anaphylaxie spontanée, naturelle, idiosyncrasique. Mais le mot idiosyncrasie nexplique rien; il vaut mieux supposer qu il y a eu une anaphylaxie spéciale par alimentation. Ce qui tend à prouver qu'il en est ainsi, c’est que, chez les individus soumis (pour une cause thérapeutique) à l’alimentation par la viande crue de cheval, les accidents sont constants, après une premiére injection de sérum de cheval (Comm.

inédite, de Rist et Ch. Ricuer fils). Assurément il est des individus sensibles a une première injection de sérum de cheval, qui n'ont jamais mangé de la viande crue de cheval; mais on n'est pas encore suffisamment fixé sur les limites plus ou moins rigoureusement spécifiques de l’antigène

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anaphylactisant pour conclure qu'il n’y a pas eu, dans leur alimentation, des substances capables de développer un état anaphylactique spécial contre le sérum de cheval.

Aussi cette constatation, qui a été formellement établie, nous paraît-elle de la plus haute importance pour prouver que, par l'ingestion alimentaire de viande de cheval, on peut provoquer un certain état anaphylactique vis-à-vis le sérum de cheval.

En tout cas ces réactions al injection première sont exceptionnelles. Au contraire la réaction à l'injection seconde est constante.

Pirquet et Scuicx distinguent la réaction immédiate et la réaction tardive.

La réaction immédiate (pour l'injection seconde) se produit parfois un quart d'heure seulement après l'injection (urticaire, vomissements, prurit, état comateux et nauséeux). C’est dans des cas hautement exceptionnels que, chez des individus n'ayant pas reçu d'injection première, il y a une réaction immédiate.

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SYMPTOMES DE L'ANAPHYLAXIE 19 La réaction non immédiate qui s’observe, chez les individus prédisposés (c'est-à-dire exceptionnels), vers le 10°jour (du 8° au 12°), apparaît plus tôt chez les individus réinjectés, c’est-à-dire le 5° ou le 6° jour. Elle est done toujours, quoique non immédiate, accélérée. Voici la statistique que donnent Pirover et Scmicx sur 91 cas d’anaphylaxie.

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