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cephaio-Ttiorat
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HguUion -
XII indiquent les anneaux de 1 abdomen. - En 8o5, ex^'f';'^^^,^""^:''^" -^^s d'ordre, allant de même ge'nre ; les pattes du céphalothorax -^^ «^.;°;?;,f.'^ ;,^ hf^^es "fg se r^pp'^rtent aux 1 à 6, servent à les désigner. - En 8o6 un Bdiniuas, ^^^, ^ " ';;^ , . ^-'^ suivantes {p. 1087, anneaux de l'abdomen. - Se reporter aux figures 807 a 811 des tioi=, planches suivc y^
1040, 1041), qui s'appliquent aux Mérostomales actuels.
éléments de la rétinule étant ainsi pourvus, ils se disposent, de plus, en un groupe serré et agencé de telle manière que tous les rhabdomères se trouvent juxtaposés et accolés; ceux-ci composent ainsi, par leur union, une baguette centrale, le rhabdome ., autour de laquelle se placent les cellules rétiniennes munies de leur pigment. Ce dernier absorbe les radiations lumineuses, qui impressionnent ensuite le rhabdome, dont les rhabdomères transmettent la sensation aux fibres post-rétiniennes, et, par là, au ganglion optique. De même que dans l'œil des Vertébrés, le pigment est capable de se déplacer et de se mouvoir, grâce aux contractions des cellules rétiniennes, et suivant l'intensité de la lumière; il s'avance plus ou moins loin sur le rhabdome, afin de se prêter à toutes les exigences de la perception visuelle.
Les ommatidies, ainsi conformées, sont placées côte à côte pour constituer, par leur ensemble, l'œil composé; mais elles ne s'accolent point d'une façon directe. Elles se séparent par des espaces étroits, que remplit un tissu unissant, destiné à les cimenter et à les maintenir. Ce tissu consiste en cellules groupées, dont la nature varie suivant leur situation ; à cet égard, il comprend trois zones, et la diversité de sa manière d'être a pour résultat, combinée avec la diversité connexe des parts des ommatidies, de diviser l'œil composé en trois régions superposées et concentriques. La région extérieure équivaut aux cornées et aux portions cristallines de toutes les unités optiques ; le tissu unissant y est donné par des cellules emplies de granulations pigmentaires, d'où provient, pour cette région entière, une teinte noire des mieux accusées. La moyenne, la plus vaste des trois, comprend les portions vitrées des cristallins ; le tissu unissant est transparent, converti en une sorte de gelée à demi visqueuse ; aussi, cette région de l'œil composé se présente-t-elle comme formée d'une matière semi-liquide, traversée par les baguettes cristallines de ses ommatidies. Enfin, l'interne répond aux rétinules ; le tissu unissant y est encore pigmenté, de façon à empêcher toute déperdition de rayons lumineux, et à compléter l'action des cellules rétiniennes, en les aidant dans leur rôle d'absorption. — Malgré sa grande complexité, l'œil composé présente, par ces divers moyens, une structure régulière et relativement simple, grâce à l'uniformité de structure de ses composantes, comme à leur disposition précise et égale. Les recherches faites parles auteurs récents, notamment par Parker et Viallanes, ont contribué pour beaucoup à élucider cette organisation, et à confirmer ainsi les opinions émises autrefois par Grenacher. Ils ont démontré, en outre, l'erreur dans laquelle était tombé Patten ; ce naturaliste admettait la continuité parfaite du rhabdome avec le cristallin, son indépendance complète vis-à-vis des cellules rétiniennes; et il s'était servi de ces données pour établir une théorie générale de l'appareil optique des animaux.
/ constitué 1 assemblage
Cornée
! Part cornéenne.
d'oMMATIDIES
dont chacune comprend . . . .
divisé en
. Cornéule .
. . ! Cellules cornéagènes (2 d'ordi-
( naire).
[ Cellules cristalliniennes (4 d'ordi-
l naire). f . . j t Portion cristal-
\ Cristallin, j^^sudat transpa- \ line,
I rent ou cône < Portion vitrée.
' cristallin / Portion filamen-
[ teuse.
Part rétinienne, ou rétinule, constituée par des cellules
rétiniennes (7 d'ordinaire), qui reçoivent les fibres postrétiniennes formant des rhabdomères associés en un \ rhabdome central, d'un TISSU UNISSANT, comblant les espaces laissés entre les ommatidies.
Les cornées et les portions cristallines
des ommatidies.
Un tissu unissant pigmenté.
Les portions vitrées des ommatidies.
Un tissu unissant transparent.
1 Les rétinules et les portions filamen- RÉGioN INTERNE, Comprenant teuses des ommatidies.
( Un tissu unissant pigmenté.
RÉGION EXTERNE, Comprenant ■ RÉGION MOYENNE, Comprenant '
Les yeux composés de tous les Arthropodes, bien qu'établis sur un plan uniforme, différent pourtant au sujet de leurs pièces constitutives ; les variations, de plusieurs sortes, tiennent, soit au nombre des éléments qui entrent dans la structure des ommatidies, soit à leur forme et à leur organisation, soit à leurs dimensions et à leurs connexions. — Au sujet du nombre, les chitïres les plus fréquents, et les plus constants, sont de deux pour les cellules cornéagènes, de quatre pour les cellules cristalliniennes, de sept pour les cellules rétiniennes; il en est ainsi, notamment, pour les Crustacés supérieurs et pour les Insectes. Les divergences à cet égard sont toutes montrées par les Crustacés inférieurs, et sont remarquables en ce sens qu'elles s'établissent souvent entre des groupes fort voisins; mais les quantités ne s'écartent pas trop des précédentes, qu'il est permis de considérer comme habituelles et normales. Un tel fait a une grande importance, car il se rapporte à une série d'essais tentés afin de rencontrer l'organisation la plus parfaite, telle qu'elle se présente chez les Malacostracés et chez les Arthopodes terrestres. — En ce qui concerne la forme et la structure, les dissemblances portent sur les cristallins, de préférence ; les baguettes sont plus longues chez les Crustacés que chez les Insectes, sans doute à cause des différences de milieu, l'eau dilTusant plus la lumière que l'air, et nécessitant, pour la netteté des perceptions visuelles, un milieu transparent plus étendu. En outre, au sujet des Insectes, les cristallins font parfois défaut ; il en est ainsi, par exemple, chez les Hémiptères de la tribu des Hétéroplères, chez les Diptères Némocères, dont les yeux sont dits acones de ce fait. Dans d'autres cas, l'absence de ces
pièces est compensée par la présence d'un milieu liquide tenant sa place, et exsudé également par les cellules cristalliniennes, assez peu développées du reste; telles sont les Muscidées, dont les yeux sont désignés par l'expression de pseudacones. Les yeux bien conformés, pourvus de cristallins normaux, sont nommés des yeux eucones. — Au sujet de leurs connexions, les yeux composés appartiennent à deux types principaux : les sessiles cl les pédoncules. Les premiers sont les plus fréquents; ils se trouvent chez les Insectes, la plupart des Arthrostracés, et les Cumacés parmi les Thoracostracés. Les seconds, montés sur des pédoncules plus ou moins allongés, sont offerts par beaucoup de Phijllopodes, par les Anisopodes parmi les Arthrostracés, par les Leptostracés, les StomapodeSy et les Thoracostracés sauf les Cumacés. En ce qui regarde les Phyllopodes^ plusieurs d'entre eux enferment chacun de leurs yeux dans une loge,, donnée par un repli tégumentaire en collerette q-ui se dégage de la base: du pédoncule ; parfois cette capsule est librement ouverte au dehors ; ailleurs, elle se forme par l'occlusion de son orifice. Quant aux dimensions,, les yeux composés sont volumineux ; leur taille est indépendante du nombre,, toujours considérable, de leurs ommatidies constitutives. Sous ce rapport, il en est dont les ommatidies sont grandes et en quantité relativement restreinte, par rapport à d'autres dont les mêmes éléments, plus étroits, parviennent à un chiffre fort élevé, plusieurs milliers parfois. D'une manière générale, l'acuité visuelle est d'autant plus parfaite que les ommatidies,, dans un œil déterminé, sont plus petites et plus nombreuses.
D'après plusieurs auteurs, Kingsley entre autres, l'œil composé passe^ dans son développement embryonnaire, par un état de cupule, puis par une phase de vésicule close, à la cavité très petite. Si cela était, cet appareil optique devait être rapporté, par une complication accompagnée de multiplication et de répétition des parties homologues, aux ocelles en. vésicule. Mais il ne paraît pas qu'il en soit ainsi. — Les yeux composés prennent naissance surplace, suivant un modemassif, aux dépens d'un bourrelet issudel'ectoderme. Sur chacun des deux côtés de la tête de l'embryon,, une zone ectodermique prolifère abondamment ; elle donne un amas cellulaire compact, quipénètredans les tissus sous-jacents, et vase raccorder àl'ébauche du cerveau, de manière à se trouver en continuité avec elle. Cet amas se divise en deux couches, par le moyen d'une étroite fente, la fente optiquCr qui se creuse dans son intérieur, sans aucune communication avec le dehors, parallèlement à la surface extérieure ; la couche externe est le
Fig. 807 et 808. — Organisation des Mérostomatés actuels (aspects extérieurs). — Ces figures se rayiporlenl au genre Limulus. — En 807, un individu vu par sa face dorsale; en haut est le céplialo-lhorax élargi en bouclier, muiy de ses petits ocelles médians et de ses gros yeux composés latéraux; en bas est l'abdomen, terminé par l'aiguillon caudal. — En 808, le même individu, vu par sa face ventrale ; en liant, le céphalo-thorax porte six paires de pattes allongées r en bas, l'abdomen possède également si.v paires d'appendices, larges et lamelleux. — Se reporter aux figures 80', à 8ofJ de la planche précédente (p. io33), et aux figures 809 à 811 des planches, suivantes (p. io/,o, lo'ii). -
Fig. 807 et 808. — Orcamsation des Mékostomatés actuels {aspects extérieurs). Roule. — Anatomie. II. W
rudiment de la part cornéenne de l'œil composé, et la couche interne engendre la part rétinienne avec le ganglion optique. La première, plus mince que lautre, se compose de cellules d'abord tassées et serrées, qui engendrent, par la suite, les cornéules avec les cônes cristallins des ommatidies, après quoi elles deviennent les cellules cornéagènes et cristalliniennes ; plusieurs d'entre elles, nullement intéressées dans cette genèse, demeurent intercalées aux précédentes, et constituent le tissu unissant. Les cristallins s'avancent dans la fente optique, et s'enfoncent dans la couche interne, pour aller se raccorder à la membrane basale, qui fait son apparition. Cette dernière s'établit de façon à découper en deux zones superposées, et concentriques, la région interne. L'une d'elles, la plus étroite, directement en contact avec la fente optique, engendre les rélinulcs avec leur tissu unissant ; c'est en elle que pénètrent les cristallins. L'autre, plus épaisse de beaucoup, et située plus profondément, donne le ganglion optique, raccordé au cerveau depuis le début de son développement. — Par ces procédés, les yeux composés montrent leur vraie nature. Ils équivalent, tout comme les centres nerveux, à des productions eclodermiques strictes, et leurs ébauches seicontinuent avec celle des centres eux-mêmes. Chacun de leurs rudiments se scinde d'abord en deux parts, dont l'externe fournit les milieux transparents, et dont l'interne donne les cellules sensorielles avec les cellules nerveuses qui se rattachent à elles ; puis, cette dernière se divise également en deux zones, l'une comprenant les seules cellules sensorielles, l'autre les cellules nerveuses avec leurs fibres, qui composent le ganglion optique par leur agencement. Tous ces phénomènes s'accomplissent directement, sut- place, suivant un procédé massif; ils dénotent, pour leur part, que l'oeil composé se rapporte à un ocelle élémentaire, semblable à l'œil médian des Crustacés inférieurs, et compliqué dans un certain sens.
Répartition des ocelles et des yeux composés. — Les Crustacés possèdent à la fois, dans leur série entière, des yeux simples et des yeux composés. Les uns et les autres offrent des qualités communes ; les premiers sont impairs et médians, situés sur la face dorsale de la tête ; les seconds sont au nombre de deux, latéraux, symétriques, et placés sur les côtés de la la même région du corps. Dans l'ensemble, trois types se présentent, au sujet de leur distribution suivant les groupes. Certains Crustacés, dont la plupart entrent dans les ordres des Cladocères et des Copépodes, ont seulement des ocelles; chaque individu ne porte qu'un œil simple. D'autres, qui comprennent la majorité des Entomosl racés, ont, en même temps, un œil simple médian, et deux yeux composés latéraux; ces derniers, de taille assez restreinte, contiennent une quantité relativement faible d'ommatidies. Enfin, les Crustacés supérieurs, les Malacostracés, sont pourvus, d'habitude, de deux yeux composés, soit sessiles, soit montés sur des pédoncules; pourtant, dans leurs phases larvaires, lorsqu'elles existent, ils passent par des états qui correspondent aux deux premiers types, en ce sens que
leurs embryons libres possèdent d'abord desyeux médians, puis se façonnent des yeux latéraux, les seuls à se développer ensuite et à se compléter. Ces données générales subissent quelques exceptions, mais peu nombreuses en somme, et qui dépendent des conditions d'existence des individus.
Chez les Acères, en tant que répartition, ce sont les ocelles qui dominent, du moins parmi les groupes de la nature actuelle. La plupart des Pycnogonides ont des yeux simples, au nombre de quatre le plus souvent, situés sur la face dorsale de l'extrémité antérieure du corps, et portés par des petits mamelons. Les Trilobiles el les Mérostomatés sont remarquables en ce qu'ils possèdent à la fois, comme les Crustacés du second type, des ocelles et des yeux composés ; parfois, chez certains genres, les uns et les autres existent séparément, mais, dans la majorité des cas, et notamment chez les Limiiliis contemporains, ils sont associés. Les ocelles, dont le nombre, toujours restreint, est sujet à variations, s'établissent, d'une manière symétrique par rapport à la ligne médiane, et comme ceux des Pycnogonides, sur la face dorsale de l'extrémité antérieure du corps, non loin du bord. Les deux yeux composés sont complètement latéraux; ils offrent, avec constance, cette particularité que les cornéules de toutes leurs ommatidiesse soudent les unes aux autres, de façon à constituer une vaste cornée unique, qui enveloppe l'œil entier et forme sa surface. — Les organes optiques des Arachnides répondent à des ocelles; les yeux composés font entièrement défaut à ces êtres. Ces appareils, distribués en quantité assez grande, sont placés, comme toujours, sur la face dorsale de l'extrémité antérieure de l'économie, et symétriquement au plan médian du corps; leur nombre et leur disposition, variables suivant les genres et fixes dans chacun, servent dans les classifications. Parmi eux, les uns, dits des yeux médians, correspondent exactement, par leur position, aux ocelles des autres Acères; les autres, nommés des yeux latéraux, occupent la place des yeux composés absents. D'habitude, ceux-ci sont moins complexes que ceux-là; les latéraux appartiennent au type en plaque ou à celui en cupule, et les médians au type en vésicule.
Parmi les Dicères une opposition assez nette s'établit entre les Myriapodes et les Insectes. Les premiers sont munis d'ocelles, placés sur la face dorsale de leur tète, et dont le chiffre est relativement élevé. Par contre, les seconds possèdent deux yeux composés, situés, suivant la règle, sur les côtés de la tête. Pourtant, cette dissemblance subit quelques atténuations. Les adultes seuls, chez les Insectes, ont des yeux composés; leurs larves sont pourvues d'ocelles appartenant aux trois types de constitution. Certains des représentants de la classe, par l'effet d'une vie nocturne, ou d'une adaptation au parasitisme, manquent d'eux composés, et portent uni- ([uement des ocelles; tels sont les Pédiculides, et quelques autres. Enfin, beaucoup d'Insectes ont, à la fois, des yeux simples et des yeux composés, dont les rapports mutuels concordent avec ceux montrés dans un cas semblable par les Crustacés et les Acères; les premiers sont médians, et situés
Cêfihato-Tltorax
JEsopria£i
Boucha
Fig. 809 et 810. — Structure des Méro.stomatés {dissections). — En 809, un individu du genre Limulus, vu par sa face ventrale et dépouillé en partie de ses téguments. Les chiffres 1 a 12 désignent les appendices suivant leurs numéros d'ordre; les bandes noires indiquent 1 anneau artériel et lartére ventrale (avec leurs branches) qui engainent les centres nerveux ; 1 exprès-
Fig. 8n. — Structure des Mérostomatés (disseclion). — Centres nerveux d'une Limule, entourés par leur gaine vasculaire, dont la paroi est ouverte et étalée par places; les centres sont en blanc, la [/aine est en noir. En haut se trouve le collier œsophagien avec sa gaine formée par l'anneau artériel, en bas la moelle nerveuse avec sa gaine donnée par l'artère ventrale. — D'après les recherches faites par A. Milne-Edwards. — Se reporter aux figures 804 à 810 des planches précédentes (p. io33, 1087, io4o).
sien • œsophage » dénote la coupe transversale de cetorgane, entouré par le collier œsophagien, <iu'engaine à son tour l'anneau artériel. — En 810, coupe médiane, longitudinale et verticale du corps entier, sauf l'aiguillon; les appendices sont désignés par leurs numéros d'ordre. La part antérieure du tube digestif est seule représentée. L'expression • péricarde » s'applique à l'emplacement de cette cavité, oi!i s'ouvrent les orifices des vaisseaux branchio-cardiaques. L'expression « sinus ventral » indique le spacieux sinus veineux ventral, où se collecte le sang de cette partie du corps. — D'après les recherches faites par A. Milne-Edwards. — Se reporter aux figures 804 à 808 des planches précédentes (p. io33, 1037), et à la figure 811 de la présente page.
entre les deux autres ; leur nombre, restreint par balancement organique, est de trois ou de deux.
Certains Arthropodes possèdent des appareils photogéniques ; tels sont plusieurs Crustacés des grands fonds de la mer, les Thysanopoda, les Euphaiisia, et les Insectes de la famille des Lampyrides, avec quelques Elaiérides, parmi les Coléoptères. Ces pièces, dont la structure histologique et le mode de fonctionnement ne se trouvent pas encore élucidés d'une façon complète, sont situés sur le corps, dans des régions variables suivant les espèces, ou même suivant l'état des individus, s'ils sont des larves, ou des adultes. Ces appareils paraissent dépendre de l'ectoderme ou du mésoderme. Ils comprennent des cellules de diverses sortes, dont les unes contiennent des granulations pigmentaires, dont les autres renferment des grains d'une substance grasse et phosphorée. Parfois, notamment chez les Crustacés, chacun de ces systèmes se munit d'une lentille, comparable à une petite cornée. Par là, ces organes photogéniques se rapprochent des yeux en tant que structure essentielle; d'autant mieux que certains Crustacés des grands fonds, quelques Galathéides, les Geryon par exemple, ont des yeux phosphorescents, et capables d'émettre de la lumière, soit par leur étendue entière, soit par une zone marginale et annulaire (Voy. p. 1090).
Tous les Arthropodes ne sont pas également pourvus d'un sens optique; plusieurs en sont privés, soit par l'adaptation au parasitisme, soit par leur vie dans les grandes profondeurs de la mer, soit par leur existence dans des lieux inaccessibles à la lumière, comme les cavernes et les sources souterraines. Le premier cas est assez fréquent chez tous les parasites, dégradés par leur manière d'être quant aux systèmes sensitif et locomoteur. Le second est remarquable en ce qu'il s'oppose à l'état oiïert par d'autres Arthropodes également établis dans les mêmes milieux, et pourvus d'yeux bien développés, parfois plus grands que d'ordinaire; cette différence, au sujet des appareils de la vision, se retrouve, du reste, chez la plupart des animaux des grands fonds. Le troisième tire son intérêt des réductions, variables suivant les genres, et des atrophies plus ou moins accentuées, des diverses pièces de l'organe optique. Les Isopodesdu genre Csecasellas ont des yeux fort petits, dont les dimensions égalent à peine le cinquième de la taille ordinaire, dont les ommatidies manquent de rétinules et de cornées, et, en outre, dont les ganglions optiques ont disparu par atrophie; à part ces phénomènes, ces êtres ressemblent de tous points aux Asellus, pourvus d'yeux normaux. Les mêmes réductions atteignent d'autres Arthropodes, établis dans des conditions similaires d'habitat: les Écrevisses aveugles du genre Cambariis {C. Iianuda tus) ont des ganglions optiques fort petits; de même les Myriapodes aveugles du genre Scoterpes; de même encore les Insectes aveugles des genres Adelops^ Anopht/ialmus, où ces ganglions font défaut. — Ces faits démontrent, pour leur part, jusqu'à quel point les organes des sens sont placés, au sujet de leur présence et de leur structure, sous la dépendance des conditions environ-
nantes, et combien les centres nerveux, à leur tour, sont capables de modifications suivant l'état des appareils avec lesquels ils sont en relation.
Fonctionnement des ocelles et des yeux composés. — A en juger d'après leur structure, et d'après les habitudes des animaux qui en sont seulement pourvus, les ocelles donnent des résultats fort imparfaits au sujet de la vision. Ils servent, sans doute, à l'individu pour avoir la connaissance des variations de l'éclairage extérieur, et ne lui fournissent, en surcroît, que des images peu précises. Ces images existent sûrement, car l'un des milieux transparents est taillé en lentille biconvexe ; mais, selon toute probabilité, l'animal ne se rend compte ainsi que du mouvement des objets, de leur éloignement ou de leur rapprochement, et non de leurs formes ni de leurs dimensions. Les Araignées chasseresses, par exemple, se précipitent sur tout ce qui bouge, et passe à une certaine distance d'elles ; à cause de la petite taille de leurs yeux simples, ces organes ne doivent percevoir des images que dans les limites d'un espace peu étendu autour d'elles, au delà duquel aucune impression ne peut atteindre leur rétine. Quant aux Insectes munis, à la fois, d'ocelles et d'yeux composés, les premiers leur sont utiles, autant qu'il est permis de le présumer, pour voir dans une demiobscurité, car les seconds, à la suite de la grande taille et du nombre élevé de leurs milieux transparents, nécessitent beaucoup de lumière.
Les yeux composés donnent lieu à une vision plus nette de beaucoup, mais fort différente de celle qui est fournie par les volumineux yeux simples des Mollusques supérieurs et des Vertébrés. L'ancienne opinion de la vision en mosaïque, exprimée à leur égard par J. MiiUer, a été reconnue comme exacte dans ses grands traits, grâce aux recherches de Grenacher, et à celles plus récentes d'Exner, de Forel, et de Viallanes. — Suivant ce dernier, notamment, il se fait, dans chacune des ommatidies, et sur l'extrémité profonde du cristallin, au contact même de la rétinule, une image réelle et renversée des objets extérieurs ; cette image est fort nette, beaucoup plus petite que l'objet, et embrasse un champ de ce dernier compris, en moyenne, dans un angle de 45 degrés.
Ceci étant, et découlant des expériences, il est possible de concevoir les phénomènes qui s'accomplissent dans chaque ommatidie. Parmi les rayons lumineux émis par un objet quelconque, les uns frappent la cornée en son centre, et les autres excentriquement ; comme le cristallin est enchâssé par une gaine pigmentée, notamment dans sa région profonde, les premiers seuls traversent cette pièce suivant sa longueur pour atteindre la rétinule, et, seuls, sont perçus avec force; les seconds sont arrêtés par le pigment, d'aulantplus qu'ils sont plus éloignés du centre, et sont perçus en ce sens avec une intensité décroissante. Chacune des unités optiques donne ainsi, comme image, une tache brillante et centrale, entourée d'une zone annulaire dont les teintes se trouvent d'autant plus sombres qu'elles sont plus extérieures. — En appliquant ces données à l'œil entier, le premier fait
digne de remarque est que Tommalidie, à cause de sa petitesse, ne voit, dordinaire, (luune partie de Tobjet. Chaque ommatidie perçoit Timage de la partie située normalement par rapport à elle, car les rayons lumineux divergents, émis par cette dernière et reçus parles ommatidies avoisinantes, sont arrêtés par la gaine pigmentée du cristallin, et par le tissu unissant, également pigmenté, de la zone externe de l'œil. Toutes ces images se placent côte à côte dans la vision totale de Torgane entier, et Tindividu perçoit l'objet comme un assemblage de taches lumineuses, dont chacune est entourée par une auréole de teintes plus sombres. Si cet objet est monochrome, toutes les taches ont la môme couleur ; s'il est polychrome, elles sont, d'une manière connexe, de couleurs différentes. Si l'objet est petit, ses rayons centraux impressionnent un nombre restreint d'ommatidies ; s'il est grand, ils atteignentles rétinules d'un chitTre plus considérable d'unités optiques. Suivant sa forme, certaines ommatidies sont touchées, et d'autres non. — Ces considérations permettent de connaître l'acuité visuelle des yeux composés. Ces appareils donnent la connaissance de la forme, des dimensions, et des couleurs des objets, mais d'une façon confuse, et pour deux raisons : par ce fait que la surface des objets apparaît comme une juxtaposition de taches égales; et par cet autre fait que, la superficie de cesyeux étant fortement convexe, les objets les plus rapprochés procurent seuls des images à peu près distinctes. Sous ce rapport, ces organes sont loin d'avoir la précision fonctionnelle des yeux des Vertébrés.
En revanche, ils se trouvent mieux doués au sujet de l'appréciation des mouvements des objets ; car, pour peu que ceux-ci se déplacent, les rayons centraux vont d'une ommatidie à ses voisines, et, comme ces unités optiques sont de dimensions très minimes, la moindre oscillation est perçue, en elle-même et dans la direction qu'elle suit. Elle est perçue tout aussi bien dans un sens normal à l'œil que dans un sens latéral. En ce dernier cas, les déplacements vont d'une ommatidie à l'autre. Au sujet du premier, bien qu'il n'y ait aucune accommodation, les variations de la distance sont appréciées avec justesse ; un objet qui s'éloigne impressionne, à mesure, des ommatidies de moins en moins nombreuses, et, la quantité de lumière émise par lui devenant plus restreinte, les images en tache sont rendues de plus en plus sombres ; le contraire se manifeste lorsque l'objet se rapproche.
En résumé, les Arthropodes munis d'yeux composés ne perçoivent que des images confuses des objets, constituées par une mosaïque de petites taches brillantes, entourées d'auréoles sombres à teintes décroissantes; lorsqu'ils regardent, les objets éloignés leur semblent nébuleux, obscurs, et deviennent de plus en plus lumineux et précis à mesure qu'ils s'en rapprochent. Les déplacements de ces objets dans tous les sens sont facilement et entièrement accessibles.
Quelques particularités complémentaires s'établissent au sujet de cette vision. L'intensité en est d'autant plus nette que les ommatidies de l'œil
composé sont plus nombreuses et plus petites ; étant donné un corps quel conque, regardé par un organe à grosses ommatidies et par un autre dont les éléments optiques sont de dimensions plus restreintes, la quantité des rayons centraux, et des taches brillantes par conséquent, plus grande pour le second ([uepour le premier, procure une impression visuelle plus précise. Certains Insectes perçoivent toutes les couleurs; plusieurs même, les Fourmis par exemple, sont sensibles aux rayons ultra-violets du spectre, que nous sommes incapables de voir.