INSECTES
Pauropodes
Tableau d'affinités des Myriapodes.
oiïerles par les Archipolypodes, eu égard à la dissemblance de taille des segments, et à leur soudure plus ou moins complète ; chacun de ces anneaux étant muni d'une paire de pattes, le système double, donné par leur coalcscence, possède deux paires de ces appendices. L'organisation des Chilognathes comporte une cohésion plus accentuée, car les deux anneaux primordiaux ne se laissent guère reconnaître qu'à la présence des quatre membres; ainsi, leur organisation particulière découle de celle des Archipolypodes, et, par là, de celle des Pauropodes, au moyen de la liaison des anneaux deux par deux, d'une soudure, et non de la subdivision d'un anneau simple. Les Symphyles, de leur côté, se rattachent aux Archipolypodes, et, sans doute, aux moins élevés d'entre eux ; la dissemblance se manifeste seule, va jusqu'à l'atrophie des pattes appartenant aux segments de petite taille, et ne s'accompagne pas de la soudure deux par deux. De cette manière, comme les notions de l'anatomie comparée autorisaient à le pressentir, les Symphyles correspondent à des ^lyriapodes de structure peu élevée, supérieurs aux Pauropodes cependant, et rangés non loin du groupe des Chilognathes, à leur tour plus complexes qu'eux. — Les Chilopodes se raccordent également, mais d'une façon plus lointaine, aux Symphyles. La dissemblance des anneaux n'existe point chez eux; mais la
coalesccnce se manifeste, pour joindre à la tète l'anneau anlérieurdu tronc. Par toutes leurs particularités, ils équivalent à des types complexes, que leurs affinités naturelles rapprochent, à la fois, des Pauropodes et des Symphyles, et que la supériorité de leur organisme met au haut de la classe des Myriapodes.
Insectes. — Arthropodes munis (.lune paire d'antennes. Leur corps comprend trois régions : une tête., pourvue des antennes et des pièces buccales; un thorax^ divisé en trois anneaux dont chacun possède une paire d appendices bien développés ; un abdomen, privé de membres ou nen ayant que des rudimentaires, scindé en segments plus ou moins confondus, dont le nombre n excède Jamais onze et descend rarement au-dessous de huit.
En opposition avec les Myriapodes, les Insectes se font remarquer par la constance de leurs caractères, au sujet de la quantité des anneaux de leur corps, et de leur groupement en régions. Les trois anneaux, placés en arrière de la tête, composent à eux seuls un thorax bien délimité; chacun porte une paire de pattes, les seules, d'habitude, qui existent chez l'individu parvenu à l'état adulte; de la présence de ces trois paires de membres découle le ternie d'Hexapodes, souvent employé pour désigner ces animaux. Dans le cas, très fréquent, où les ailes ne font point défaut, ces nouveaux appendices locomoteurs s'insèrent également sur le thorax. L'abdomen constitue dans l'économie une volumineuse région postérieure, dont les segments ne se séparent que par des sillons peu profonds, et dont les membres manquent à l'adulte. Seuls, quelques représentants inférieurs de la classe, rangés dans l'ordre des Thysanoures, font exception, en ce qu'ils possèdent des appendices abdominaux ; mais ces derniers sont toujours réduits, soit en nombre, soit en dimensions, par rapport à ceux du thorax, et ne modifient ]3as, dans de trop grandes proportions, l'allure générale et caractéristique de l'organisme. — Cette constance des particularités essentielles se maintient à l'égard de tous les appareils. Elle donne aux Insectes une réelle uniformité de structure, malgré rextrème abondance de leurs genres et de leurs espèces. Cette classe est des plus curieuses en ce sens, par cette disproportion même entre la fixité du plan organique et la diversité des variations secondaires. Aucun autre groupe animal ne montre, à un tel degré, une semblable dualité (fig. 850 à 879, p. 1091 à 1 123).
Les Insectes sont établis dans presque tous les milieux, et adaptés à toutes les circonstances capables de permettre la vie; leur extraordinaire pullulation leur fait jouer un rôle des plus prépondérants dans le monde organique de l'époque actuelle. Si les Vertébrés l'emportent sur eux par la taille, et par la prédominance des manifestations vitales, ils reprennent l'avantage par la quantité de leurs formes, et la variété de leurs habitats; ils dépassent, par là, tous les autres animaux. — La plupart sont terrestres. Certains vivent en parasites, soit à l'état adulte, soit à l'état larvaire, et
toutes les coudilions du parasitisme se réalisent pour eux; toutes les transitions sont oilertes à cet égard, depuis un ectoparasitisme temporaire, comme celui des Moustiques [Culex), jusqu'à un endoparasitisme permanent, comme celui des larves de plusieurs Diptères. Quelques-uns, tout en conservant une respiration trachéenne, habitent Teau. Parmi ces derniers, plusieurs sont des larves, dont les adultes présentent une adaptation difTérente ; il en est ainsi pour les Ephémérines, les Libellulides, les Culex, et bien d'autres. Divers, par contre, demeurent dans l'eau durant leur existence entière. La majorité de ceux-ci se tient dans les eaux douces : les Dytiques, les Hydrophiles, les Notonectes, les Hydromètres, etc. Mais certains, classés dans plusieurs ordres différents, vivent dans la mer : tels sont des Machilis parmi les Thysanoures ; des Philaniscus parmi les Neuroptères; desHcdobates, des /Epophilus, psirmiles Hémiptères; le Chironomus oceanicus parmi Jes Diptères ; des Hesperophilus, des lEpus, parmi les Coléoptères ; et quelques autres.
Les Insectes existaient déjà, lors de l'époque silurienne ; l'aile de l'un d'eux, dont on a fait le genre Paleoblattina, remarquable par l'absence presque complète de ramifications à la plupart de ses nervures, a été trouvée dans les dépôts de cette période. Ils ont également laissé des vestiges nombreux dans le carbonifère. Depuis cette époque, leurs restes ont conservé une certaine abondance dans plusieurs assises, principalement dans celles du tertiaire. — Les Insectes primaires appartiennent, pour la plupart, aux ordres inférieurs des Insectes actuels, Thysanoures, Orthoptères, Neuroptères. A dater du secondaire, la plupart des ordres d'aujourd'hui font leur apparition, munis de leurs caractères propres. Une notion importante est fournie par plusieurs groupes, qui montrent, dans la succession de leurs genres depuis l'époque primaire, une complication croissante de leurs appendices, et surtout de la nervation de leurs ailes; telles sont, notamment, les familles des Phasmides, des Mantides, des Blattides, parmi les Orthoptères.
En l'état actuel des connaissances acquises, et tenant compte des types fossiles, il est possible de répartir les Insectes en treize ordi'es : les Thysanoures, les Paléoblattinides, les Orthoptères, les Neurorthoplères, les Pseudo-Neuroptères, les Neuroptères, les Coléoptères, les Strepsistères, les Aptères, les Hémiptères, les Diptères, les Lépidoptères et les Hyménoptères. Leurs caractères distinctifs sont basés sur la nature de leurs appendices, et sur la présence, ou sur l'absence, des métamorphoses embryonnaires ; parmi eux, en etïet, les uns sont des Amétabolaires et manquant de changements larvaires, tandis que les autres sont des Holométabolaires, et possèdent de telles transformations (Voy. Embryologie comparée, p. 515 et suiv.).
Ces ordres nombreux sont susceptibles de se rassembler en une plus petite quantité de séries principales. — La première se borne aux Thysanoures seuls. Ces êtres équivalent aux plus simples des représen-
tants de la classe, et ils s'opposent à tous les autres. Toujours privés de métamorphoses, et dépourvus d'ailes, leurs pièces buccales sont disposées pour mâcher, et les deux composantes de leur lèvre inférieure sont distinctes l'une de l'autre. Leurs anneaux abdominaux portent des rudiments d'appendices, soit en chitïre assez considérable, soit bornés aux plus postérieurs d'entre eux. Leur défaut d'ailes est essentiel et fondamental ; ces organes ne s'ébauchent point durant les phases du développement embryonnaire, et leur privation ne concorde point avec une adaptation parasitaire, qui manque à tous. — Ils se distinguent par là des autres Insectes. Ceux-ci n'ont point, à l'état adulte, de membres abdominaux, même réduits à des vestiges de provenance indiscutable ; et ils sont pourvus d'ailes. Ces appareils sont capables, parfois, de ne point exister : mais, en ce cas, leur absence s'accorde avec une vie parasitaire, et semble découler d'elle, par un rapport de cause à effet.
La section des Paléoblattinides mérite, à son tour, de constituer une série spéciale, caractérisée par la nature des ailes. Les nervures de ces dernières, ditTérentes en cela de leurs similaires des autres Insectes, sont simples pour la plupart, c'est-à-dire privées de ramifications, et presque parallèles. — Cet ordre est le moins connu de tous, car on n'a de lui qu'une aile seule, trouvée dans le silurien moyen, avec laquelle Brongniart a fait le genre Paleoblattina. Cependant les particularités, possédées par elle, ont une si grande valeur, qu'elle justifie, malgré l'imperfection des données acquises, la création d'un ordre particulier pour les Insectes disparus, qui vivaient au début de la période primaire, et qui possédaient de semblables caractères.
Les êtres, rangés dans les six ordres suivants, composent, à leur tour, une nouvelle série, dont les qualités fondamentales tiennent aux appendices buccaux, toujours disposés pour mâcher les aliments, quelle que soit leur taille. Parmi eux, les Orthoptères^ les Neurort/wptères, les Pseudo- Neiiroptères, et les Neiiroptères, s'associent également en un groupe, opposable à celui des Coléoptères eides Strepsistèi^es. — Les quatre premiers ordres se relient entre eux, en effet, par l'entremise d'un certain nombre de formes transitionnelles, fossiles dans les terrains primaires. On avait autrefois rassemblé ces types éteints en un ordre spécial, celui des Patéodictijoptères ; des recherches plus récentes, dues à Ch. Brongniart, ont montré que leurs caractères n'ont point une telle importance, et qu'ils les placent dans les quatre ordres de la présente série. Cette dernière lire ses dispositions principales de ses ailes ; les deux paires de ces appendices sont grandes, bien développées, souvent égales et de semblable consistance, l'antérieure étant parfois un peu plus forte et plus épaisse que l'autre, sans atteindre jamais la compacité de sa correspondante des Coléoptères. Les Ortlioptères oni leurs ailes antérieures plus petites et plus épaisses que les postérieures; les deux composantes de leur lèvre inférieure sont, pour la majeure part, distinctes l'une de l'autre ; les métamorphoses larvaires
1140 AHTimOPODES.
sont absentes chez eux, ou très incomplètes. L'ordre des Neiirorthoptères, créé par Brongniarl, comprend deux l'amilles fossiles dans les terrains primaires, les Protomantidés et les Protophasmides, intermédiaires aux Orlhoptères et aux Neuroptères, et caractérisés par la minime quantité, comme par la simplicité, des nervures de leurs ailes. Les Pseiido-Neuroplères se rapprochent beaucoup des Orthoptères, avec lesquels plusieurs auteurs les classent ; ils se distinguent d'eux, cependant, par la similitude complète de leurs ailes, dont les antérieures ne ditïerenl point des postérieures. Enfin, les Neuroptères ont des ailes disposées comme celles des précédents, mais ils subissent des métamorphoses larvaires complètes; parmi eux, les Pliryganides constituent un groupe quelque peu aberrant, avec lequel on établit parfois l'ordre des Triclwptères, et caractérisé par la diminution de taille des pièces buccales, capables de sucer, comme par la présence, sur les ailes, de petites écailles ou de poils. — Les Coléoptères et les Strepsistères composent deux ordres, d'importance fort inégale quant au chilïre de leurs représentants, dont les qualités tiennent aux ailes et aux pièces buccales. Chez les Coléoptères, les plus nombreux, de beaucoup^ de tous les Insectes, les ailes de la paire antérieure se modifient en élytres dures et épaisses, qui recouvrent et protègent celles de la paire postérieure ; les pièces buccales sont fortes, puissantes, et les deux dernières mâchoires s'unissent complètement en une lèvre inférieure. Les Strepsistères montrent un dimorphisme sexuel des mieux accusés ; les mâles seuls possèdent des pattes el des ailes ; les femelles, parasites dans labdomen des Hyménoptères, manquent de ces appendices. Les pièces buccales sont petites, et presque atrophiées; les ailes antérieures sont de beaucoup plus restreintes, comme dimensions, que les postérieures. Les représentants de ces deux ordres subissent des métamorphoses complètes.
Les Insectes, rangés dans les cinq derniers ordres de la classe, se séparent de tous les précédents par ce fait, que leurs pièces buccales, nullement disposées pour mâcher les matériaux alimentaires, sont conformées dans le but de piquer, ou de sucer, ou de remplir à la fois ces deux fonctions. En outre, sauf au sujet des Aptères, ils possèdent des ailes, et leurs métamorphoses larvaires sont complètes. — Parmi eux, les Aptères, les Hémiptères, et les Diptères, composent une première série, dont les appendices buccaux s'établissent en une trompe munie de piquants, destinée à pratiquer des blessures pour en aspirer les sucs. Les Aptères, parfois classés avec les Hémiptères, manquent entièrement d'ailes, et sortent à l'état parfait de leurs enveloppes embryonnaires ; leur armature buccale consiste en une trompe, plus ou moins longue, contenant chez certains [Pédiculides), un aiguillon, et munie sur ses côtés, chez les autres {Mallophages), de mandibules capables, soit de piquer, soit de mâcher. Les Hémiptères subissent des métamorphoses, quoique peu prononcées, et portent des ailes, tantôt semblables, tantôt inégales, les antérieures se
trouvant converties en clemi-élytres ; leur trompe, volumineuse, contient, d'habitude, quatre aiguillons, donnés par les mandibules et les mâchoires de la première paire. Les Diptères ont des métamorphoses larvaires très accentuées, et complètes; parmi leurs ailes, les deux antérieures, minces et membraneuses, existent seules à l'état fonctionnel, car les deux postérieures s'atrophient presque, et se convertissent en balanciers ; leur trompe renferme un nombre variable d'aiguillons, dont deux, constants, équivalent à un hypopharynx et à un épipharynx, et dont les autres, de distribution diverse quant à la présence, reviennent aux mandibules et aux mâchoires
Hyménoptères
Lépidoptères
Coléoptères
Orthoptères