‹ L'anatomie comparée des animaux basée sur l'embryologie (volume 2)Chapitre 22 sur 67 · LÉPIDOPTÈRES · texte numérisé non relu

LÉPIDOPTÈRES

1 Insectes lécheurs

Hyménoptères.

Il est encore difficile de connaître les affinités naturelles de ces divers ordres ; plusieurs sont si bien accentués dans leurs caractères propres, qu'il est à peu près impossible de voir leurs relations naturelles. Pourtant, certaines données se laissent discerner. — LesThysanoures constituent la base de la classe entière. Les Paléoblattinides s'élèvent au-dessus d'eux, et possèdent des ailes, mais peu compliquées. Les Orthoptères se rattachent directement à ces derniers, et fournissent le commencement d'une série qui conduit aux Neuroptères, en passant par les Neurorthoptères et par les Pseudo-Neuroptères. Les Neuroptères, à leur tour, composent un nouveau

centre, d'oîi se dégagent les ordres des Insectes dont les pièces buccales se disposent pour servir à la succion. Sans doute, ceux-ci sont indépendants les uns des autres, et se raccordent également à ceux-là ; les Phryganides, les Thaïs, les Équitidées, fournissent autant de liens entre les Neuroptères et les Lépidoptères ; VEugereon, fossile dans le carbonifère, équivaut à un Hémiptère, muni d'une trompe, dont les ailes ressemblent à celles des Neuroptères ; de leur côté, les Aptères se relient étroitement aux Hémiptères inférieurs, parasites des végétaux. Quant aux Coléoptères, leurs affinités directes paraissent tournées du côté des Orthoptères, par une plus grande accentuation de la dissemblance établie entre les deux paires d'ailes, par la soudure complète des deux mâchoires postérieures, et par l'introduction de métamorphoses dans la succession des phases embryonnaires. Les Orthoptères constituent ainsi une sorte de nœud, dont se dégagent deux séries divergentes : celle qui conduit aux Neuroptères, et, par eux, aux Insectes dont les pièces buccales servent à la succion; et celle qui mène aux Coléoptères seuls. En ce qui concerne les Strepsistères, leurs relations avec les Coléoptères sont assez étroites, pour que plusieurs auteurs les rangent dans le même ordre, et les considèrent comme satellites de ces derniers. (Voir le tableau d'affinités à la page 1141.)

IV. Classes du soiis-einbrancheinent des Tétracères, ou des Crustacés. — Ces classes sont au nombre de deux : les Entomostracés et les Malacoslracés.

Entomostracés. — Arthropodes munis de deux paires d'antennes, à l'organisation relativement simple. Le nombre des annexes de leur corps, et celui de leurs appendices, sont sujets à variations nombreuses suivant les types ; sauf les antennes et les pièces buccales, tous les autres membres sont semblables les uns aux autres, ou peu dissemblables.

Il est difficile de donner une diagnose précise de cette classe, s'appliquant à tous les Entomostracés sans en négliger aucun ; certains d'entre eux, les Artemia (Phyllopodes) par exemple, se rapprochent beaucoup des Malacoslracés inférieurs. Pourtant, un caractère général leur est fourni par l'infériorité de leur organisme, sur lequel l'impulsion de multiplication agit avec intensité, sans être corrigée par une coalescence, ni par une dilTérenciation, trop grandes. La seule région, vraiment délimitée dans la plupart des cas, est la tète, pourvue des antennes et des pièces buccales ; celles-ci dépassent rarement le chilïre de trois paires, une de mandibules et deux de mâchoires. Tous les autres membres de l'économie ont une forme identique, ou peu s'en faut ; ils ne se modifient point de manières diverses, suivant leur place dans le corps, et ne se convertissent pas en pattes-machoires, en pattes Ihoraciques, et en pattes abdominales, d'une façon aussi accentuée que leurs similaires des Malacoslracés. lùdln. en

considéranl la classe dans son ensemble, el comparant enlre eux tous ses représentants, la quantité des appendices varie dans des proportions considérables ; et celte diversité s'oppose nettement à la fixité montrée, sous ce rapport, par les IMalacostracés ( fig. (Vi'i à 690, p. 831 à 895).

Tous les Entomostracés sont des animaux aquatiques ; la plupart habitent la mer; quelques-uns, compris dans les ordres des Phi/llojjodes, des Ostracodes, et des Copepodes, vivent dans les eaux douces. Beaucoup se déplacent librement ; les Cirrhipèdes, par contre, s'attachent à un support, et lui demeurent fixés. Certains sont parasites, soit de colonies d'Anthozoaires, soit d'autres Crustacés, soit de Vertébrés aquali({ues; il en est ainsi, notamment, pour les Ascothoracides, les Bhizocéphales, et pour un certain nombre des Copépodes. — Divers groupes des Entomostracés possèdent des carapaces calcaires, épaisses et résistantes ; ces pièces ont été capables de se conserver par la fossilisation. Les Entomostracés disparus ne constituent point des séries spéciales ; ils appartiennent aux groupes actuels, et ils olïrent ce caractère commun, de compter parmi les plus anciens vestiges des animaux. Des Ostracodes nombreux ont été trouvés dans le cambrien, des Cirrhipèdes, des Branchiopodes, dans le silurien et le dévonien.

Cette classe contient six ordres : les Phijllopodes, les Oslracodes, les Cirrhipèdes, les Ascothoracides, les Bhizocéphales, et les Copépodes. Ces groupes se rassemblent, avec une précision assez grande, en trois séries principales, qu'il est possible de considérer comme autant de sous-classes. — La première série se borne aux seuls Phijllopodes ; elle est caractérisée par le nombre, souvent considérable, des appendices locomoteurs de ses représentants, cl par la ressemblance complète de ces membres, sauf, parfois, au sujet de la taille ; tous sont libres. Elle se subdivise, à son tour, en deux sections secondaires : les Cladocères, dont les pattes, tantôt cylindriques et tantôt lamclleuses, sont en petit nombre, quatre à six paires en moyenne; et les Branchiopodes, dont les pattes, toujours lamclleuses, se trouvent en quantité de beaucoup plus considérable.

La seconde série, qu'il serait permis de nommer des Palléaiix, tire sa qualité essentielle de la présence constante d'un manteau à deux replis, l'un droit et l'autre gauche, destiné à envelopper le corps entier ; l'animal est obligé de l'entr'ouvrir pour permettre à ses appendices de s'avancer au dehors. La possession d'un tel annexe tégumentaire n'est pas spéciale à ces êtres, car plusieurs des Phyllopodes en ont un ; mais elle doit son originalité à sa grande constance, et à sa liaison avec plusieurs autres particularités dont les Phyllopodes sont privés, notamment la vie fixée ou le parasitisme. Celle série renferme quatre ordres : les Ostracodes, les Cirrhipèdes, les Ascothoracides, et les Bhizocéphales. — Les Ostracodes, seuls, mènent une existence libre, à leur état adulte ; ils possèdent, à cet eiïet, des pattes conformées pour nager, mais en fort petite quantité, deux ou trois paires en moyenne, les autres appendices étant conformés en antennes, mandi-

bules,et mâchoires; leur corps est entouré, et complètement enveloppé, par une carapace, engendrée et supportée par le manteau, semblable à une coquille à deux valves. — Les Cirvhipèdes sont des animaux fixés, et ({uelques-uns, même, commencent à présenter une adaptation au parasitisme. Leur nom est dû à l'aspect de leurs membres locomoteurs, bifides, dont les deux branches s'allongent en tentacules cylindriques, divisés en articles nombreux, et comparables à des fouets dont le rôle est de battre l'eau. Leur manteau ne porte une carapace bivalve qu'au moment de leurs phases embryonnaires ; lors de Yà^^e adulte, ou bien il demeure nu, ou, le plus souvent, il se couvre de plusieurs pièces calcaires, jointes les unes aux autres, qui constituent à l'animal une loge à la paroi solide dans laquelle il s'abrite. Cet ordre contient quatre sous-ordres: les Pédoncules, les Operculés, les Abdominaux, et les Apodes. Les représentants des deux premiers groupes protègent vraiment leur corps à l'aide d'une carapace composée de plusieurs parties ; cette capsule est encore assez peu complexe chez les Pédoncules, munis en surplus d'un long pédoncule d'attache ; elle prend l'aspect, en ce qui concerne les Operculés, privés d'un tel pédoncule fixateur, d'une boîte, attachée au support par l'une de ses bases, et pourvue, sur l'extrémité opposée, d'une large ouverture que plusieurs pièces calcaires sont capables de fermer à la manière d'un opercule. Dans les deux autres sous-ordres, la carapace manque, ou possède une grande minceur, par rapport à la précédente, et une extrême simplicité ; les Abdominaux possèdent des membres en cirrhes, bien qu'en petite quantité; les Apodes, bornés au genre Proleolepas, encore mal connus, sont privés d'appendices, et, semble-t-il, de manteau. — Les Ascothoracides, ou Rhizothoracides, ressemblent aux Oslracodes en ce que leur corps se recouvre d'une carapace bivalve, mais ils se distinguent d'eux par plusieurs données importantes, dont les principales touchent: à leur possession de suçoirs sur leur manteau, à leur vie parasitaire, au nombre de leurs pattes, égal à six paires, et à l'inclusion des testicules dans plusieurs de ces appendices. — Enfin, les Rhizocéphcdes se caractérisent : par leur manteau complètement dénudé, à peu près entièrement fermé, lors de leur état adulte ; et par la présence de suçoirs sur l'extrémité antérieure de leur corps, qui les attache à leur hôte.

Les Copépodes sont, à beaucoup d'égards, les plus complexes des Entomostracés, dont ils constituent la troisième série. Toujours privés de manteau, leur corps se différencie nettement en trois régions : la tète, le thorax, et l'abdomen. La tète porte cinq paires d'appendices : deux d'antennes, une de mandibules, et deux de mâchoires. Le thorax se divise en cinq anneaux, tous munis d'une paire d'appendices pour chacun. L'abdomen comprend aussi cinq anneaux, mais privés de membres. Cette série se subdivise en deux groupes : les vrais Copépodes, ou Eucopépodes, et les Branchiures. — Les pièces buccales des premiers ne subissent d'autres modifications que celles destinées à permettre la mastication ou

la succion des substances alimentaires; les yeux, lorsqu'ils existent, sont petits d'habitude, et de structure simple. Les Eucopépodes comprennent, à leur tour, deux sous-ordres : les Nageurs, encore nommés des Gnalhostomes, dont la vie est libre, et dont les appendices buccaux sont conformés pour broyer des aliments solides; et les Parasites, encore dits des Siphonostomes, dont l'existence est parasitaire, et dont les membres buccaux sont disposés pour piquer et pour aspirer, souvent à l'aide d'une trompe, des sucs liquides. Les Branchiiires se rapprochent des Siphonostomes en ce qu'ils possèdent une trompe buccale, contenant des aiguillons ; mais, en outre, leurs mâchoires de la seconde paire s'annexent deux ventouses fixatrices, avec une glande venimeuse, et ils portent deux- volumineux yeux composés.

Les Cladocères sont placés à la base des Entomostracés, et, par là, de tous les Crustacés. Deux séries de formes se dégagent de leur groupe : la première conduit aux Branchiopodes, et la seconde aux Ostracodes. Les Branchiopodes se rapportent aux Cladocères par une multiplication plus intense, et par une augmentation corrélative du chiffre de leurs appendices ; les Ostracodes se raccordent à eux par un autre moyen, par l'extension du manteau en un repli volumineux, qui enveloppe le corps entier. Dans la totalité de leurs genres, les Cladocères montrent ces deux impulsions déjà présentes, quoique faibles; il suffit de les accentuer, chacune dans sa voie, pour aboutir aux Branchiopodes par l'une, et aux Ostracodes par l'autre. — Ces derniers, à leur tour, composent un centre, auquel se rattachent les Ascothoracides, les Cirrhipèdes, et les Rhizocéphales. Ceuxci, pendant leur développement embryonnaire, passent par une phase larvaire, au cours de laquelle ils diffèrent peu d'un Oslracode adulte. Quant aux Ascothoracides, leur allure d'ensemble est celle des Ostracodes; leurs particularités caractéristiques découlent de leur existence parasitaire. — Il est plus difficile de concevoir les affinités naturelles des Copépodes, en l'absence de toute forme transitionnelle, soit larvaire, soit adulte. Pourtant, d'après leur organisation, ils se rapprochent des Cladocères privés de manteau plus que de tout autre groupe ; ils peuvent être considérés comme répondant à des Cladocères complexes, voisins des Branchiopodes, ayant la même formule buccale et la même division du corps en trois régions, tout en possédant moins d'appendices. Sous beaucoup de rapports, un Copépode équivaut à un Branchiopode supérieur, à un Branchipus par exemple, dont les membres seraient moins nombreux et moins aplatis, conservant ainsi l'allure de ceux des Cladocères. Parmi les représentants de cette série, les Branchiures ne diffèrent des Eucopépodes que par des détails secondaires, au point que plusieurs auteurs les confondent avec ces derniers, et ne les en séparent point.

Corps souvenl privé d'un manteau complet ; pattes semblables, conformées pour nager et pour respirer

oc

fa

ta

Corps entièrement entouré par un manteau.

Palléaux

Corps divisé en | trois régions privé de manteau.Pattes conformées pour nager ou pour accrocher. Copépotles

Phyllopodes

Animaux libres ; pattes peu nombreuses, conformées pour nager ; carapace bivalve.

Animaux fixés ou parasites ; pattes conformées en cirrhes, ou fouets, pour battre leau.

Animaux parasites; carapace bivalve, supportée par un manteau muni de suçoirs

Animaux parasites ; pas de carapace ; extrémité antérieure munie de suçoirs.

èces buccales simples..

Pièces buccales disposées pour sucer, munies de ventouses et d'une glande

ai

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