DES MEMBRES
pC PAIRE.
2e PAIRE.
3e PAIRE.
4e PAIRE.
5e PAIRE.
6e PAIRE.
7e PAIRE
et suivantes.
Cladocères inférieurs.
.Antennes
de la ire paire.
Antennes
de la 2e paire. .
Mandibules.
Pattes
Pattes
Pattes.
Pattes . .
Cladocères supérieurs.
Antennes
de la V^ paire.
Antennes
de la 2e paire..
Mandibules.
Mâchoires .
Pattes
Pattes.
Pattes . .
Branchio rODES
Antennes
de la pe paire.
Antennes
de la 2» paire..
Mandibules.
Mâchoires
de la l^e paire. . .
Mâchoires
de la 2e paire.. ..
Pattes.
Pattes . .
Cette formule des membres des Phyllopodes, rapportée à la série totale, et prise dans ses trois modalités dilTérentes, exprime toute l'importance de ces animaux au sujet de l'anatomie comparée des appendices chez les Crustacés, car elle montre, dans l'étendue d'un môme ordre, des variations de forme et de situation, qui se fixent et se précisent dans les autres groupes secondaires de la classe.
4) / Corps
divisé en.
(Tê
ête.
onc.
Appendices considérés
pourvu parfois d'une carapace
r quant au chiffre.
quant à la forme.
j ( Repli tesrumentaire.
composée de < m ■ , T-
^ ( lest chitineux.
/ Lame incubatrice.
en forme de.. .'Bouclier.
( Coquille à deux valves.
Bas. — Cladocères.
Élevé. — Branchiopodes.
(Antennes — 2 paires.
Mandibules — 1 paire, de la tète. . . 1 / — o.
\ Mâchoires. ) — 1 paire.
' — 2 paires.
Appendices du tronc, ^ Cylindriques, ou pattes ( Lamelleux.
Série particulière des Ostracodes, Cirrhipèdes, Ascothoracides et RiiizocÉPiiALEs. — L'ordre des Phyllopodes montre une série de variations, relatives à la présence et à la forme d'une carapace comme au nombre et à la différenciation des appendices, suffisante pour dénoter l'importance
du groupe en tant que plasticité et diversité à cet égard. Les ordres des Ostracodes, des Ascothoracides,des Cirrhipèdes, et des Rhizocéphales, composent, à leur tour, une succession de types, où certaines particularités variables des Phyllopodes deviennent fixes et constantes, et où les modalités du simple au complexe s'adressent à d'autres dispositions organiques. Les qualités rendues constantes touchent à la présence d'un repli tégumentaire, établi en un manteau qui entoure le corps entier et se recouvre souvent d'une carapace ; elles tiennent également à la nature des membres, toujours en petit nombre lorsqu'ils existent, et, malgré leur faible quantité, dilTérenciés d'une manière suffisante pour que les plus antérieurs d'entre eux soient convertis en deux paires d'antennes, une paire de mandibules, et deux paires de mâchoires. Les qualités variables portent sur la forme même de l'économie, principalement sur celle du manteau, et sur l'existence ou le défaut des appendices ; elles dépendent du mode de vie, par une relation de cause à effet, et se subordonnent à lui d'une manière étroite. — Les Ostracodes sont des animaux libres; leur carapace ressemble à celle des Eslheria parmi les Phyllopodes, et consiste en une coquille, aux deux valves mobiles l'une sur l'autre, qui entoure le corps entier. Les Cirrhipèdes vivent fixés, soit à des objets inertes, soit à l'organisme d'autres animaux ; leur extrémité antérieure, ou plus exactement le sommet de leur tète, se convertit en un appareil de fixation, qui les attache à leur support ; leur manteau se double souvent d'une carapace épaisse, calcaire, aux pièces immobiles; de plus, les deux replis de ce manteau se soudent souvent l'un à l'autre, par leurs bords, sur une étendue assez grande. Les Cirrhipèdes qui adhèrent à des animaux présentent, par cela même, un début de parasitisme ; dans un certain nombre de cas, leur zone d'adhésion, ou la surface de leur manteau, émettent des expansions longues et minces, véritables suçoirs, semblables à des radicelles qui pénétreraient dans les tissus de l'hôte pour puiser en eux des sucs nutritifs. Cette disposition établit un passage vei's les Rhizocéphales, toujours parasites, dont la région de fixation porte un nombre cou* sidérable de ces appareils. — Une série s'établit ainsi parmi ces trois ordres, allant d'une existence libre au parasitisme, en passant par une vie fixée; dans cette succession de formes, le manteau persiste toujours à l'extérieur du corps ; seulement, les appendices se réduisent, et diminuent d'une manière connexe, ainsi que le tube digestif et les appareils de relation. Alors que les Ostracodes sont munis de pattes puissantes et de plusieurs formes, d'un intestin complet, de centres nerveux volumineux, de systèmes sexuels, les Rhizocéphales manquent de membres, d'intestin, d'organes sensitifs, et ne possèdent qu'un ganglion de dimensions minimes. Le corps de ces derniers animaux se ramène à un amas de glandes sexuelles, et à un manteau établi en un sac presque entièrement fermé. Par surcroît, et comme conséquence de cette manière d'être, l'unisexualité, de règle chez les Ostracodes, disparaît pour céder la place à l'hermaphroditisme. Sur ces
divers sujets, les Cirrhipèdes consliluent une transition entre les deux extrêmes de la série.
Les Ostracodes sont parmi les plus petits et les plus simples des Crustacés. Leur corps ne présente aucune annulation extérieure, ni aucune division en tète et tronc; il est simple, pourvu, sur sa face inférieure, d'appendices relativement volumineux, et complètement enveloppé par une carapace bivalve. Cette dernière rappelle de tous points sa similaire des Estheria parmi les Phyllopodes ; elle est seulement plus petite, à cause des dimensions restreintes de l'économie, et supportée par un manteau plus mince, souvent à peine discernable par places. Les données fournies par les Estheria au sujet de la nature de ce test, de son origine, de ses relations avec le reste de l'individu, et de la façon dont il est actionné, s'appliquent exactement aux Ostracodes; les difterences ne portent que sur la taille (fig. 650 à 653, p. 841).
Si la disposition générale de l'économie est à peu près constante chez tous les représentants du premier ordre de la série, et si elle concorde avec une existence libre, il n'en est plus de même pour les Cirrhipèdes; ceux-ci sont toujours fixés, parfois même parasites, et leur organisation extérieure varie, d'un genre à l'autre, dans des limites assez grandes. Les caractères différentiels atteignent surtout la zone de fixation, et la carapace dont le manteau s'entoure. Les qualités constantes, chez eux, s'adressent à la vie fixée, et à l'établissement du manteau en une sorte de sac plus ou moins fermé, qui enveloppe tout le corps; les qualités variables touchent à la manière d'être dans ces deux sortes de faits. Pourtant, les diverses modalités sont liées les unes aux autres, et s'agencent en une série assez complète. 11 n'est guère d'exception à cet égard que pour les Cirrhipèdes appartenant aux sous-ordres des Apodes et des Abdominaux ; les premiers, •encore mal connus, bornés au seul genre Proteolepas, sont privés de manteau comme de membres; le tube digestif manque complètement; ils habitent en parasites la cavité laissée entre le manteau et le corps de plusieurs autres Cirrhipèdes. Les seconds sont unisexués ; les femelles seules possèdent une structure complète ; les mâles, de dimensions restreintes, ont une organisation de beaucoup plus simple que les précédentes, et subissent une véritable dégénération à partir de leurs phases larvaires ; du reste, il en est de même pour quelques autres Cirrhipèdes, tels que les Scalpellum et les Ibla, avec cette différence qu'il s'agit ici de mâles complémentaires d'individus hermaphrodites (fig. 654 à 664, p. 847, 853, 857).
Au sujet de la forme donnée au corps par la vie fixée, deux types existent parmi les Cirrhipèdes, qui concordent avec la nature même de l'habitat : celui des Cirrhipèdes seulement attachés à un support, et celui des Cirrhipèdes parasites. — Les premiers possèdent un pédoncule d'adhé-r rence, qui répond au sommet antérieur de Ja tête ; très long et cylindriijue chez certains genres, les Lepas par exemple, cet organe est beaucoup plus court ailleurs, ou presque absent, comme chez les Balanus; il contient des
Roule. — Anatoniie. II. 54
faisceaux musculaires, un abondant tissu conjonctif, de spacieuses cavités vasculaires, et des glandes, dites cémentaires ; celles-ci équivalent aux appareils glandulaires situés dans la tète des Ostracodes et de la plupart des Phyllopodes. Ces glandes, munies de deux conduits excréteurs, qui parcourent le pédoncule, servent à assurer la fixation de l'individu, et peut-être l'expulsion des produits de désassimilation. — Les types parasites sont privés de pédoncule. Les uns, compris dans le sous-ordre des Abdominaux, et seulement en ce qui concerne les femelles, enveloppent leur corps dans un manteau allongé, et ovale. Les autres, rangés dans l'ordre des Ascothoracides (ou des Bhizothoracides), ressemblent aux Ostracodes en ce que leur économie s'entoure d'une carapace bivalve; seulement, les deux lobes latéraux du manteau porteur de ce test se soudent par leurs bords libres, de manière à ne ménager qu'un petit orifice ventral, et la surface de ce même manteau porte des expansions en radicelles, qui pénètrent dans les tissus de l'hôte pour y puiser, par osmose, leur nourriture. Pareille structure commence à se montrer chez les Atielasma, genre voisin desLepas; ces êtres s'attachent aux téguments des Requins, et le sommet adhérent de leurs pédoncules émet des radicelles, qui s'enfoncent dans la peau de l'hôte. De telles particularités étabhssent un passage vers la disposition offerte par les Rhizocéphales.
En ce qui tient au manteau et à la carapace des Cirrhipèdes, les deux types précédents se retrouvent encore. Dans tous les cas, le manteau consiste, comme celui des Ostracodes, en deux replis qui enveloppent le corps. Ces lobes, fort épais, contiennent souvent des dépendances de plusieurs organes de l'économie, surtout du foie et des glandes génitales; ils se soudent par leurs bords libres sur une étendue de longueur variable ; ils forment, par cette union, une sorte de sac placé autour de l'individu, et ménagent autour de lui une spacieuse cavité palléale, où l'eau du dehors est capable de pénétrer. Seulement, les Cirrhipèdes parasites ont une carapace relativement restreinte, réduite à deux minces valves chitineuses, ou môme absentes ; alors que les Cirrhipèdes fixés possèdent une carapace épaisse, encroûtée de calcaire, formée de plusieurs pièces, dont le rôle protecteur est des plus efficaces. Une série du simple au complexe s'établit, en cela, parmi ces derniers. — L'un des états les moins élevés est donné par les Lepas, dont le test entoure le corps seul, et laisse le pédoncule à nu. La face dorsale, du sac constitué par le manteau, se recouvre d'une plaque médiane et impaire, dite la carène, ou la carina ; les deux lobes latéraux de ce même manteau portent, en avant et un peu
Fig. 654 à 658. — Pkincipales formes extérieures des Cirrhipèdes. — En 654, "i Lepas (Anatife). — En 655, une Verraca. — En 656, un Scalpellnm, — En 657, un Balanus. — En 658, diagramme représentant l'agencement des plaques de la carapace des Balanus; les scuta et les terga ne sont pas indiqués, car ils ferment l'orilice supérieur (le plus étroit) delà coquille, et se trouvent quelque peu en dedans. En partie d'après les recherches faites par Darwin et par Hœck. — Se reporter aux figures 659-664 des planches suivantes (p. 853, 807).
I 7\ Tergum
Carène
Peaoncule
Scutum
If'^
Carène
Rostre
en bas, deux pièces, les sciita, une pour chacun d'eux, el, en arrière et un peu en haut, deux autres pièces, nommées les terga. La carapace de ces êtres comprend ainsi cinq éléments; entre les scuta et les terga, sur la face ventrale de l'économie, les deux lobes palléaux sont capables de s'écarter pour laisser passer les pattes; toutes ces pièces sont distinctes, et isolées par d'étroites zones non calcifiées; parfois la carène manque. Un degré plus avancé est otïertparles Scalpellum, dont le pédoncule est fort court; les deux lobes du manteau se soudent entre eux sur une assez grande étendue de leurs bords ventraux, et cette zone d'union se recouvre d'une plaque calcaire, impaire et ventrale, le rostre ou rostrum, qui fait en bas le pendant de la carène dorsale. De plus, de nouvelles pièces calcaires, les latérales ou lateralia, sont produites en supplément, et s'insinuent entre les scuta et les terga, ou bien renforcent la carène et le rostre. Enfin, chez les Balanus, les latérales acquièrent une grande taille, et unies à la carène et au rostre, engrenées les unes dans les autres, elles composent une boîte en tronc de cône qui enveloppe tout l'animal. La l)ase la plus large de cette carapace répond à la région antéro-ventrale du corps, et sert à la fixation. La base la plus étroite équivaut à la zone antéro-dorsale ; elle porte les scuta et les terga, mobiles comme chez les Lepas, et capables de s'écarter pour laisser passer les pattes. Tout pédoncule différencié fait ici défaut. — Malgré une telle complexité, cette carapace est strictement l'homologue de celle des Ostracodes. A la suite d'une vie fixée, qui permet la soudure des bords du manteau, comme la présence d'un test lourd et épais, les deux valves des Ostracodes se scindent, chez les Lepas, en scuta et en terga, puis s'adjoignent une carène dorsale; un rostre ventral s'ajoute, chez les Scalpellum, à ces éléments primordiaux, et des latérales commencent à prendre naissance pour atteindre toute leur extension dans l'organisme des Balamis. Les trois étapes principales de cette série du simple au complexe sont seules indiquées ici ; les autres genres des Cirrhipèdes fixés complètent les transitions à cet égard. Ainsi, les Anelasma sont à peu près privés de test; les Conchoderma ont une carène fort petite, ou même absente; les Pœcilasma montrent le début du rostre, et les Loricula, avec les Pollicipes, celui des latéi^ales ; enfin les Vernica effectuent un passage des Scalpellum vers les Balanidés.
Les Bhizocéphales s'établissent à demeure comme parasites sur le corps des Crustacés supérieurs ; aussi montrent-ils l'exagération des phénomènes présentés par les Cirrhipèdes doués du même mode de vie. Leur corps, privé d'intestin, presque réduit aux seuls organes sexuels, s'enveloppe •d'un épais manteau en forme de sac, auquel toute carapace fait défaut, du moins chez les individus hermaphodiles, complets et adultes ; leur pédoncule émet un très gi'and nombre de suçoirs comparables à des racines, qui pénètrent dans l'économie de l'hôte et entourent tous ses iippareils, sauf le cœur et les branchies. Le manteau est, par sa situation comme par.sps rapports, l'homologue strict de celui .des Cirrhipèdes; une
altération du développement embryonnaire, consécutive à l'état parasitaire de ces êtres, le fait se façonner sur place par délamination, et non par la production d'un repli qui s'étalerait en une lame. De son côté, le pédoncule est également riiomologue de son correspondant des Cirrhipèdes. Les variations, montrées par ces derniers animaux au sujet de ces deux organes, et connexes au mode de vie, sont des plus probantes à cet égard. — Le corps, arrondi ou ovalaire, est enfermé dans une cavité spacieuse que limite le manteau ; son extrémité antérieure se prolonge en un pédoncule volumineux, dont le sommet s'attache au corps de l'hôte, traverse ses téguments, et porte les racines-suçoirs. L'espace, compris entre le corps et le manteau, a reçu le nom de chambre incubatrice, étant donné son rôle ; il équivaut à l'espace palléal qui est laissé, chez les Ostracodes et les Cirrhipèdes, entre les deux parties similaires de l'économie. Le manteau, épais, ressemble à un sac complètement fermé, sauf une petite ouverture, dite à tort le cloaque, et qui mériterait davantage, à cause de ses connexions et de ses homologies, d'être désignée par le terme d'orifice palléal; tantôt diamétralement opposée au pédoncule, tantôt plus proche de lui, suivant les genres, elle permet à la cavité palléale de communiquer librement avec le dehors. La paroi du manteau s'attache au corps dans la région même où celui-ci donne naissance au pédoncule, et, laissant ce dernier à nu, se soude intimement à sa base suivant une bande annulaire ; en outre, sur la ligne médiane et dorsale, sa face interne porte une membrane disposée verticalement, qui traverse la zone correspondante de la chambre palléale, et va se joindre au corps. Cette membrane, par sa forme et son allure, a été nommée le mésentère ; une telle expression est impropre. Elle équivaut à un repli longitudinal et médian de la région dorsale du corps, qui s'élève en une crête allant s'unir au manteau; elle répond à la bande d'insertion du manteau des Cirrhipèdes et des Ostracodes, devenue plus vaste à la suite de l'extension acquise par le manteau, et de sa disposition en un sac immobile. Les racines sont formées par le sommet du pédoncule, et notamment par ses bords; leur lieu d'origine consiste en ces bords eux-mêmes, subdivisés en fortes saillies contiguës. Ces dernières s'allongent, et se ramifient à mesure, en pénétrant dans l'organisme de l'hôte; leurs branches, grêles et minces, fort nombreuses, s'enfoncent dans tous les appareils, et puisent sur place les sucs de ceux-ci pour s'en servir comme d'aliments. Chacune de ces racines" ressemble à une baguette cylindrique, dont l'axe se compose d'un tissu conjonctif aux nombreuses cellules ramifiées, d'origine mésodermique, et dont la surface revient à un épithélium ectodermique recouvert d'une mince lame chitineuse ; les sucs alimentaires sont transmis de proche en proche par la diffusion entre les cellules conjonctives, et remontent le pédoncule pour arriver dans le corps, où ils servent à la nutrition des volumineuses glandes sexuelles du parasite (fig. 6G7-66S, (iOO, ()7(>, p. 863, 868, 869).
Le parasitisme est si prononcé chez les Rhizocéphales, que leur organisme entier se ramène presque à un énorme amas d'appareils génitaux, protégé et nourri par les téguments établis en deux systèmes, l'un palléal et protecteur, l'autre pédonculaire et nourricier. Toute autre disposition, faite en vue de fonctions déterminées, leur manque complètement. Pourtant, plusieurs observations autorisent à penser que ces animaux possèdent un dimorplîisme sexuel, semblable à celui de la majorité des Crustacés parasites. Les individus mâles ne dépassent point, dans la succession de leurs phases embryonnaires, l'état de larve cypridienne, et, munis d'appendices, arrêtent là leur développement. Par contre, les femelles seules en arrivent à posséder la structure précédemment décrite, au moyen d'une dégénérescence dans un sens, et d'une complication dans un autre ; elles perdent leurs pattes et leur intestin, mais elles grossissent beaucoup, convertissent leur pédoncule d'adhérence en un appareil nutritif, modifient leur manteau en un sac, et gagnent des testicules en supplément, de manière à devenir hermaphrodites, et à se passer des mâles; ceux-ci, du reste, meurent et disparaissent rapidement.
I A deux valves mobiles | Ostracodes.
recouvert par une 1 A plusieurs pièces: corps fixé par ] „. , . , , ,, I . • „< * ,.•....■ . / Cirrhipedes thoepaisse carapace I son extrémité antérieure, souvent ■ .'
Torns l lu- • 1 1 \ raciques.
'-^'^'H* \ I allongée en un pédoncule ' ^
pourvu 1 / /-• 1 • • 1
dun ,' Absent (?) C.n-h.pedes apo-
manteau / ^^pais, en formel ,^ , ., , ■ i r'"'-^', ,,
' de sac plus ou) i^^^ ^^ pédoncule m de ^ Cirripedes abdo-
■ " , 1 l suçoirs S minaux.
moins ouvert. .. / 1
f , 'Pas de pédoncule; des; . ,, .,
\ Présent. ■ ■ i \ t Ascothoracides.
\ '<=^f ^- suçoirs sur le manteau. )
I Un pédoncule muni de ^ r.i • ■ i i f ' . 'i liluzocephales.
I suçoirs . . . . ) ^
De môme que la forme générale du corps, les appendices offrent, suivant les types, des dispositions différentes, liées au mode de vie. Bien développés, et volumineux, chez ceux qui mènent une existence libre, ils se réduisent de quantités variables dans l'économie de ceux qui se fixent à des supports, et manquent aux parasites. Deux ordres de faits sont à considérer en eux : leur chiffre et leur structure. Sous le premier rapport, leur nombre, égal à sept paires chez les Ostracodes, atteint celui de onze paires chez les Cirrhipedes thoraciqaes, pour descendre à huit paires chez plusieurs des Cirrhipedes abdominaux, et finalement faire défaut aux Apodes ainsi qu'aux Rhizocéphales. En ce qui concerne leur aspect : conformés d'une manière normale chez les Ostracodes et différenciés en antennes, mandibules, mâchoires, et pattes nageuses, ils se convertissent seulement, au sujet des Cirrhipedes, en pièces masticatrices petites et Iranchantes, et en pattes semblables à des tentacules, chargés de battre l'eau pour déterminer des courants capables d'apporter des matériaux de
nutrition. L'adaptation particulière de l'individu, d'où dépendent ses relations avec les milieux extérieurs, règle en cela toute la manière d'être. — Si les Cirrhipèdes et les Rhizocéphales offrent ainsi, à leur état adulte, une telle réduction fonctionnelle et une semblable atrophie des appendices, il n'en est point de même pour leurs phases larvaires. Capables alors de nager et de se déplacer, ils sont, en conséquence, pourvus de pattes ; ces dernières diminuent, ou disparaissent, au moment de la fixation, et de la tin du développement embryonnaire. Aussi, dans les cas de dimorphisme sexuel, ces rétrogradations de membres atteignent-elles les femelles seules ; les mâles conservent plus ou moins leurs appendices, et sont susceptibles de se déplacer.
Les Ostracocles se caractérisent, dans la série présente, par leur existence libre, et par le nombre de leurs appendices, égal ksept paires. Parmi eux, les Cythere montrent la plus simple disposition ; les membres des deux paires antérieures, convertis en antennes, sont grands et forts, les seconds plus que les premiers, et s'emploient à assurer en même temps les fonctions du tact et de la locomotion ; les membres de la troisième paire composent des mandibules, puissantes et destinées à broyer les aliments, dont chacune est munie d'un palpe à trois articles ; ceux de la quatrième paire constituent des mâchoires, bien développées également, et pourvues d'exopodites conformés en palpes lamelleux ; enfin, ceux des trois dernières paires, la cinquième, la sixième, et la septième, répondent à autant de pattes volumineuses, servant à la locomotion. — Une disposition semblable se retrouve chez les Cypris] seulement, les appendices de la cinquième paire se rapprochent de la bouche, et perdent leur aspect de pattes, pour se convertir en mâchoires; leurs palpes seuls, outre leur partie lamelleuse, possèdent une forme et une taille capables de leur permettre un rôle dans la natation. Enfin, en ce qui regarde les Cypridina, ces membres sont complètement changés en mâchoires, semblables à celles qui les précèdent et qui appartiennent à la quatrième paire. Contrairement aux Cythere, les représentants des deux derniers groupes possèdent ainsi deux paires de mâchoires et deux paires de pattes. Les qualités variables à cet égard, dans l'ordre des Ostracodes, portent donc sur les changements subis par la cinquième paire des appendices, suivant leur nature de pattes ou de mâchoires, tandis que les qualités constantes s'adressent au nombre et à la répartition d'ensemble : sept paires conformées, d'avant en arrière, en antennes, mandibules, mâchoires, et pattes locomotrices (fig. 652, p. 841).
En revanche, chez les C irrhipèdes, les sen\s à avoir des membres parmi les autres représentants de la série, les qualités variables s'adressent au nombre seul. — Les phénomènes constants portent sur la distribution des appendices. Les antennes font à peu près défaut ; bien développées chez les larves, où elles composent les deux paires normales, elles manquent aux adultes, sauf celles de la paire antérieure, semblables à des petits moignons, sur chacun desquels se trouve percé rorifiec extérieur du canal
excréteur de la glande cémenlaire correspondante. Une telle diminution résulte du mode de vie ; l'individu se fixe par son extrémité antérieure, par celle qui porte les antennes chez les types normaux et chez les larves; ces membres, devenus inutiles, pris dans la zone même de l'adhésion, se réduisent et disparaissent. Les pièces masticatrices, au nombre de trois paires, sont montées sur un petit mamelon, souvent nommé la tête, au sommet duquel la bouche est creusée ; parmi elles, les deux premières répondent à des mandibules, et les quatre autres à des mâchoires : toutes sont minces et tranchantes, destinées à saisir et à diviser de fines particules. Enfin, les pattes, dites des cirrhes. d'où le nom de l'ordre est tiré, consistent, pour chacune d'elles, en une base très courte et épaisse, munie de deux rames fort longues, cylindriques, semblables à des tentacules divisés en nombreux et petits articles, hérissés de poils abondants ; ces membres servent à battre l'eau, à la renouveler, à diriger les courants vers la bouche, et à permettre ainsi la respiration avec l'alimentation. — Les Cirrhipèdes thoraciques, seulement fixés, c'est-à-dire les LépacUdés, les Balanidés et les groupes voisins, possèdent, en totalisant tous les appendices ébauchés par leurs larves, onze paires de ces organes, quatre de plus que les Ostracodes: deux paires d'antennes, réduites, ou absentes, chez les adultes; une paire de mandibules ; deux paires de mâchoires ;^ et six paires de pattes conformées en cirrhes. Cette quantité descend à neuf paires chez les Alcippides, parmi les Cirrhipèdes abdominaux, et à huit paires chez les Cryptophialides, car le nombre des pattes tombe à quatre et à trois paires, les autres appendices demeurant de même ; ces réductions sont plus considérables, à cause du dimorphisme sexuel, en ce qui concerne les mâles, car tout appendice, sauf les premières antennes, leur fait défaut, et le tube digestif leur est même absent. Les pattesmanquent complètement aux Cirrhipèdes apodes, d'où leur nom ; ces animaux ne sont pourvus que de pièces masticatrices. Ces dernières s'allongent en aiguillons capables de piquer; l'individu suce ensuite, et aspire ses aliments au moyen desabouche, en les puisant dans l'organisme de son hôte; une semblable modification commence, du reste, à s'effectuer chez certains Ostracodes, tels que les Paradoxosloma, dont le mode de nutrition est identique.
En dernier lieu, les Ascolhoracides possèdent une conformation spéciale, qui tient à la fois de celle des Cirrhipèdes thoraciques et de celle des Apodes. Leur nombre total d'appendices paraît être égal à onze paires, comme celui des premiers. L'extrémité antérieure de leur corps, privée de pédoncule fixateur, constitue une tête assez volumineuse, dont la base porte une paire d'antennes réduites, et dont le sommet est percé par la bouche. i»ourvue d'une paire de mandibules en pointes (•oni(iues, et duiie paire de mâchoires en petites lames tranchantes. Sans doute, par comparaison avec les Thoraciques et les Ostracodes, deux antennes et deux mâchoires sont atrophiées; de plus, les pièces
Pédoncule
arrhes
/Husclos
Carapace
Manteau
Caoite palléale
OeBire
Cirrhes
Ceroeau
Orifics ramelle
Orifice mâle
Fig. 609 et 65o. — Orgamsaiion des Ciiuîhipèdes. — En 609, un Lepas, dépouillé de sa carapace et du manleau qui la double intérieurement, ayant son pédoncule coupé en majeure partie; l'expression de muscle s'ai)iilii(ue au muscle destiné à ra|ipi'ochcr et à fermer le manteau avec la coquille; au-dessus du muscle sont deux lilamenls en l'orme de fouets, tiui dépendent des hases des pattes appartenant aux deux premières paires ; les traits, partant du nuit màchuirr.-i, sont destinés à encadrer le mamelon buccal, plissé, au centre duquel est la bouche entourée des mandibules et des mâchoires. Pour le distinguer du reste du corps, le pénis est représenté en noir. — En GGo, figure diag rammntique , Cù\qnée sur la précédente, indiquant les formes et les connexions des principaux organes, y compris une assez grande part du manteau et de la carapace. — Se reporter à la figure G.J4 de la planche précédente (p. s',7). et aux ligures tJGi et 6G', de la planche suivante (p. 857).
masticatrices sont disposées pour piquer, comme celles des Apodes. La quantité des pattes est de six paires; courtes et nullement modifiées en cirrhes, celle-ci contractent des relations étroites avec les organes de la reproduction. Celles de la première paire portent à leur base les orifices des glandes femelles, et celles des quatre paires suivantes contiennent, dans la région similaire, les testicules eux-mêmes, dont les produits sont directement rejetés au dehors par de nombreux et petits orifices, percés à leur niveau ; les membres de la sixième paire se trouvent seuls à n'avoir aucune connexion avec les appareils sexuels. Au sujet du chiffre, les appendices des Ascothoracides concordent ainsi avec ceux des Cirrhipèdes thoraciques ; mais, en ce qui lient à leur taille et à leur forme, ils sont plus petits, nullement convertis en cirrhes, et effectuent par là un passage vers l'absence totale, telle que la montrent les Cirrhipèdes apodes (fig. 665 et 666, p. 863).