‹ L'anatomie mandchoue et les figures de Th. BartholinChapitre 20 sur 21 · Faisceau · texte numérisé non relu

Faisceau

P- 361. Sténo: Obser- Orne à droite la feuille de

musculaire du

vat. anat. spe- titre. La figure delà planche

cimen, 1664. 90 est inversée.

Le tableau ci-dessus des planches et des sources des ligures montre que c’est à juste titre que le nom de Th. Bartholin est attaché à l'atlas chinois; d’ailleurs 118 dessins sur 175 se remontrent dans l’édition 1673 (1674) de l’Anatomie. Mais le modèle de toutes les figures chinoises n’a pas encore été déterminé. Il manque 20 ou plutôt 19, parcequ'un dessin se trouve en double. Pour 24 dessins nous savons que Bartholin n en a pas été la source; néanmoins E. Ingerslev a raison de dire que la détermination des originaux des dessins chinois est intimement liée à l’iconographie Bartholinienne.

Nous parlerons plus loin des sources probables des dessins, dont on ne connaît pas l’original, mais déjà la question se pose si les 118 figures sont copiées d’après Bartholin, ou plutôt d’après les originaux de cet auteur, c est a dire d après les sources elles-mêmes. Nous savons qu’au temps du missionnaire J. Bouvet, qui revint en Europe en 1697, quelques ouvrages furent mis à la disposition de ceux qui préparaient 1 anatomie impériale, mais nous ignorons si c’était seulement pour la rédaction du texte. Il n’est

L’Anatomie mandchoue et les figures de Th. Bartholin.

pas impossible qu’ils aient également servi à choisir les images. Il est vrai qu’en général les illustrations de Bartholin furent substituées à celles de Dionis, mais il est également vrai que cette substitution n’a pas été réalisée complètement; il reste un nombre assez considérable d’illustrations chinoises qui proviennent de l’auteur français. Il faut donc chercher d’autres moyens de répondre à la question posée.

En annotant le tableau précédent nous avons montré pourquoi il est probable que Bartholin a servi de modèle aux gravures chinoises. D’autres preuves sont plus décisives; nous le montrons par quelques exemples. Une preuve certaine est la lettre f de la planche 13, qui es! une signature de Bartholin, restée par méprise. Il va sans dire que les sources danoises originales ont passé à l’étranger par l’intermédiaire de Bartholin, telle la figure de J. H. Paulli. Pour ce qui est des gravures de Sténon le fait pourrait être douteux, si le dessin de l’atlas chinois ne montrait pas un petit rameau — la tige d’une fleur décorative — , qui vient du cœur, copié du titre de Observationum anatomicarum specimen. L'atlas ne reproduit de Sténon que les gravures employées par Bartholin. Nous parlerons plus loin des figures des reins et des capsules surrénales, parcequ’elles offrent un intérêt tout spécial, mais parmi les autres il existe une gravure qui est presque décisive, le dessin de Schneider de la muqueuse de voilier. La gravure chinoise est identique à celle de Bartholin et de même format. L’original se trouve dans le livre des Schneider: I)e catarrhis en trois grands tomes in 4°. L’original est de grand format, couvrant une page entière. Il semble peu vraisemblable qu’on ait envoyé ce grand volume en Chine pour réduire une figure de grand format en une autre de petite dimension. On a certainement copié la gravure de Bartholin. Tout fait supposer que les

Vidensk. Selsk. Riol. Medd. Vil, 7.

Nr. 7. J. W. S. Johnsson :

illustrations du savant danois ont servi de modèle, même quand elles ont été empruntées à d’autres auteurs.

Pour avoir d’autres preuves, on pourrait examiner les signatures, mais elles ne donnent pas de résultats probants. Comme elles ne se trouvent point sur toutes les planches, il en restera toujours un certain nombre qui seront douteuses. Ce qui rend encore un pareil examen difficile, c’est que les planches chinoises se servent d’un plus petit nombre de signatures que Bartholin ; ainsi la comparaison est toujours difficile, parceque le texte mandchou a perdu beaucoup de son exactitude par la traduction d’abord en Danois, puis en Français.

11 est impossible de dire si l’atlas est complet ou non; pour cela il faudrait comparer le manuscrit de Copenhague avec ceux de Paris et de Léningrade, et nous n’avons pas eu la possibilité de faire cet examen. Il est probablement incomplet; si l’atlas a été destiné à illustrer un manuel d’anatomie, on estimera sans doute que certaines parties sont traités avec parcimonie par comparaison avec d’autres. U y manque beaucoup de figures qui vers 1700 étaient bien connues, et qui étaient si appréciées qu’on les retrouve dans presque toutes les anatomies du temps, par exemple celles de Wharton. Les figures de l'atlas semblent aussi avoir été prises un peu au hasard, quelques parties de l’anatomie étant représentées par un très petit nombre de figures, d’autres par un plus grand nombre, surtout celle qui concerne la splanchnologie. Toutefois il faut se souvenir que les manuels de ce temps témoignent souvent d’un intérêt particulier pour certaines parties du corps humain, tandisque d'autres sont plus négligées. Aussi hésite-t-on à attribuer une trop grande valeur aux figures splanchno-

I/Anatomie mandchoue et les figures de Th. Bartholin.

logiques de l’atlas. Le chapitre De infimo ventre est celui qui sert d’introduction dans beaucoup de ces manuels, entre autres dans celui de Bartholin; il est traité plus explicitement en raison des grandes découvertes faites dans ce domaine. La splanchnologie a eu de 1600 a 1700 une période de floraison, alorsque l’ostéologie et la myologie furent traitées a un point de vue plutôt physiologique, cai on étudiait surtout les fonctions de locomotion et de contraction, témoin les recherches de Sténon sur la structure de la musculature.

Il n’existe aucune trace de ces préoccupations nouvelles dans l’atlas chinois, mais il est possible de nommer un ouvrage qui a pu servir de fil conducteur, alors même qu’il est fort douteux que ce livre ait été connu. C’est le Syntagma anatomicum de J. Vesling avec les commentaires et un appendice de Gérard Blasius. L édition originale date de 1647, et l’édition commentée a été reéditée quatre fois. La première édition parut à Amsterdam en 1659, la seconde en cette même ville en 1666 (celle-ci existe aussi en une réimpression, datée de 1673 et sur le titre gravé de 1669). A la 3e édition (Padoue 1677) fut ajoutée une lettre de G. H. Welsch, et cette édition-ci fut réimprimée à Utrecht en 1696. Le supplément de Blasius concerne les découvertes récentes. Il reproduit avec leurs figures les articles des anatomistes et comme Blasius n’est pas un auteur inconnu aux artistes de l’atlas, un certain intérêt peu! s’attacher au fait que quelques figures existent à la fois chez lui, chez Bartholin et dans l’atlas chinois.

En voici la liste:

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