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Vaisseaux lymphatiques et art. aspera — XXV, p

Ces ligures sont en si petit nombre qu’il y a lieu de supposer que ce livre n’a pas été employé; du reste la figure de Schneider est reproduite en grand format.

L idée de Blasius, de collectionner dans un livre les articles et les thèses les plus réputés, fut réalisée encore une lois par Daniel Leclerc et Jean Jacques Manget qui publièrent leur Bibliotheca anatomica (Genève 1685) en deux tomes. Bien que ce livre contienne des articles de plusieurs auteurs que nous avons rencontrés dans l’atlas chinois, un coup d’œil sur les figures nous montre immédiatement que cette œuvre n’a pas servi de modèle, non plus le T h e a t r u m anato m i c u m de Manget, Genève 1716; en regardant les figures de ce livre nous nous trouvons devant un art nouveau, devant une période nouvelle de l’illustration anatomique.

Encore quelques mots sur les figures, dont par une raison ou par une autre il a été impossible de trouver l’original. Ce sont les suivantes: planches 14; 22,1; 28,3; 34,3—8; 35,1; 36,4; 50,4; 51; 52; 59,1,2,5; 83,1—2: 86, 1—2; 89.

La signification de la planche 22, que répète la planche 28, reste incertaine, car on ne peut pas distinguer ce qu’elle représente. La figure no. 4 de la planche 50 montre le gésier et le ventricule succenturié d’un grand oiseau, peut-être d’un cygne, mais elle ne se trouve pas chez Bartholin (De cvgno). Elle est sans doute tirée d’une de ces anatomies comparées, qui étaient en vogue dans la seconde moitié du XVIIe siècle. A cette catégorie appartient aussi la figure du cœur etc.

L’Anatomie mandchoue et les figures de Th. Bartholin.

d’un poisson et du repli sémilunaire, dont nous ne connaisons pas l’original.

La planche 14, qui représente la moëlle épinière, semble être basée sur une figure de Vésale, mais celle-ci n’a pas servi directement de modèle. On retrouve le même sur les planches 51 et 52: La figure, qui montre les ramifications du nerf pneumo-gastrique sur la face antérieure et postérieure du sac stomachal se rapporte aux figures de Vésale, — le premier, semble-t-il, qui ait décrit cette distribution — mais il y en a un intermédiaire inconnu. Une autre figure renvoie à Vésale, c’est le no. 5 de la planche 59, montrant le cœur divisé en deux parties par une section transversale. Mais le modèle de cette figure (et des deux autres figures 1. et 2. de la même planche) est inconnu, quoiqu’on la puisse trouver ornant la page de titre de l’Anatomie de Horstius.

Quant aux différentes figures de l’œil elles présentent quelque analogie, mais pas d’identité avec celles de Vésale et de Casserio. Au sujet du modèle des osselets de l’oreille (planche 36, 4) bornons-nous à dire qu’il ne se trouve pas dans Duverney: Traité de l’organe de fouie de 1683, livre qui est mentionné par Bouvet comme une œuvre ayant servi de hase à l’anatomie rédigée par lui pour l’empereur chinois.

On ne peut attacher autant d’intérêt aux figures de fœtus qu’aux figures des capsules atrabiliaires de l’homme, car celles-ci sont sans doute de copies des figures originales de Caspar Bartholin. On se souvient que ce savant croyait avoir trouvé dans ces capsules — découvertes par Eustache — une cavité dans laquelle il supposait qu’était sécrétée la bile noire, fluide imaginaire qui jouait un grand rôle dans les spéculations de ce temps, et dont on rapprochait la production d’un état mental triste, la mélancholie1. Gosch, p. 12.

Nr. 7. J. W. S. Johnsson:

Quant à l’iconographie de ces organes, il faut se rapeller ([ue i’édition de 1641 de l’anatomie de Caspar Bartholin (publiée par les soins de Th. Bartholin) était la première comportant des illustrations au sujet desquelles O. Worm écrivit: »Memini me apud Parentem tuum piae memoriae vidisse eleganter depictas rararum suarum observationum figuras, quas aeri insculpendas magnopere desiderabat: has si habere et jungere posses, ad operis elegantiam multum faceret, tum quod capsulas atrabiliarias aliqve, a Parente tuo inventa eleganter expresserint« 1. Les ligures des capsules ne parurent cependant que dans l’édition de 1651, et ce sont les mêmes que celles qu'on trouve copiées dans l’atlas chinois, et dans beaucoup d’anatomies du temps. Un dessin de ces organes existe encore dans Historiarum anat. cent. 1, 1654, p. 59 où on trouve le récit d’une autopsie d'un supplicié, mais cette figure est différente; c’est une médiocre gravure sur bois.

Une question très discutée est de savoir si cet atlas appartient au »traité fort ample«, que le missionnaire J. Bouvet commençait à compiler en exécution des ordres de l’empereur, ou s’il est une partie de l’ouvrage analogue, élaboré par les soins de Parennin. Le lecteur a sans doute trouvé la réponse dans les diverses citations de ce dernier auteur. D’ailleurs on ne sait rien (ou fort peu de chose) sur le travail de Bouvet, qui fut interrompu pendant la maladie de l’empereur, et mis de côté pendant qu’on écrivait 18 ou 20 petits traités sur autant de maladies différentes. Plus tard on s’égara dans des recherches chimiques sur les drogues et les remèdes. En 1697 Bouvet revint en

1 O. Wormii et ad eum doctorum virorum epistolae I — II, Hauniae 1751. La lettre porte le no DCLVIII, tome II, et. (Iosch, p. 15.

Europe et l’année suivante Dominique Parennin se rendit en Chine, et ce fut ce savant religieux qui commença encore une fois de compiler une anatomie suivant l’ordre de l’empereur. Mais il faut bien remarquer que Parennin, qui décrit avec détails comment il s’y prit pour préparer une œuvre aussi importante, ne dit pas un mot du travail de son précesseur. Aussi ne peut-on pas dire qu’il ait continué ce travail, mais il reste la possibilité que l’atlas contienne des planches dues au pinceau du peintre de Bouvet, car l’exécution ne semble pas uniforme et on trouve deux sortes de lettres mandchoues sur les planches; mais la chose ne saurait être décidé sans une comparaison avec les manuscrits de Paris et de Léningrade.

Si l’on cherche à se rendre compte de l’époque à laquelle l’atlas fut dessiné, on a deux points de repère: 1698, l’année ou Parennin est venu en Chine, et 1722, l’année de la mort de l’empereur K’ang-hi. Il n’est pas à présumer que le travail de la rédaction de l'Atlas ait été continué après la mort de l’empereur, qui en avait été l’initiateur et qui en avait suivi la préparation et les progrès avec tant d'intérêt. Cependant il est impossible de déterminer avec précision la date; on sait seulement que le travail dura cinq années et que la période postérieure à 1700 ne présente rien d’original. Il semble donc que l’atlas ait été composé dans les toutes dernières années du XVIIe siècle et dans les premières années du XVIIIe siècle, peut-être de 1698 à 1703.

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