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PARALYSIE GÉNÉRALE

Comme précédemment, notre intention n'est pas de reprendre en sous-œuvre ce qui a été dit sur la Paralysie générale, de refaire pour l'instant la monographie complète de cette affection. Nous émettrons uniquement des pensées nouvelles sur sa physiologie pathologique et son histologie appliquées à la clinique.

La Paralysie générale a dû, à l'instar de toutes les maladies, avoir sa période mythologique. Mais, malgré l'esprit d'observation des siècles passés, le défaut de connaissances anatomiques, l'ignorance en physio-

4 nRCnKROlKS son L'aNATOVIB PATHOLOCIOn

loKin, particulièromcnt en physiologie nerreiise. I*irirorrocli()n dcvs termes cliniques, firent qa'dle fat niôronriuc ou qull y oui confusion à son endroit.

Ilasl.'uii fui lo premier qui la découvrit ; mais, il faul arrivcT jusiprà Ësquirol, Georget, et snrtoat Ituyin, [)(Mir avoir de véritables données permettant dn roiistiliuT (\ la Paralysie générale une place à part daiiH lo radn^ di's maladies internes ressortissant aa HyHtriii(<! iMTVoux.

Drrritn sous lo nom do Paralysie générale des alién/'H {HstinivoD ; d'Araclinilis chronique (Baylé); de par.'dysii* ({ôiirraln progressive (Requin et Sondras) ; dn tiirtiiu^o-ciirrphaliln chronique diffuse (Calmeit) ; dn Patvsin nu folies Parôsiliquo par les Allemands, la fiialadii* (|iii va nous ocrupor semble avoir à peu-près Hidii r.'M'rord rommim (H la consécration de l'usage pour qu*on puisso lui doimer le nom de Paralysie g/^tiéralo.

(In irpsi point pourlant, à scientifiquement parler, unn paralysie telle ipie son mot est compris par les nosoloftisles ; mais, nous agirons occasion de démontrer que c'en (*sl inie d'un {{enre spicial qui, attaquant p«Mi-à-pen tnus bvs or;*anes, aimihile leurs fonctions. iVi'sl. en un mnt. pour nous, et par excellence, la maladie vaso-molrie.e et de.s actions réflexes.

Par ce cpic nous avançons, on peut déjà pressentir

le rôle que nous devrons attribuer à Torgane cérébral et à la congestion.

On n'a guéres que dans les Asiles l'occasion de voir la Paralysie générale, de prendre sur elle les renseignements nécessaires à l'observation, de suivre les incidents de la maladie et de pratiquer la nécropsie. Ce fut donc dans des Asiles où, pour la première fois, la Paralysie générale dut attirer sérieusement l'esprit de l'observateur. — S'il n'y eut pas erreur de lieu, car tous les paralysés ont une compromission des facultés, le lieu dut nécessairement influer sur l'appréciation de la maladie, et la tendance originelle qui dura longtemps et existe encore chez quelques médecins fut d'en faire le corollaire de la folie. — On est encore disposé maintenant, et que ne devait-ce pas être il y a trente ans, à donner une royauté trop absolue au cerveau et à voir en lui le principe initial des délires. Très-souvent, néanmoins, il n'agit que secondairement et n'est qu'organe de détermination. On vit donc dans la Paralysie générale une complication.

Telle a été, dit M. Baillarger, qui, dans son travail sur la découverte de la Paralysie générale, a nettement précisé les litiges primitifs, telle a été la doctrine d'Esquirol et de Georget. Cest la doctrine de la dualité opposée à celle de Bayle qui est Vunité. — Dans la première, on voit chez V Aliéné paralytique

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deux maladies ; dans la seconde, on n'en reconnait qu'une seule caractérisée par deux ordres de symptômes pathologiques.

Que les symptômes de paralysie chez les déments paralytiques ne doivent pas être confondus avec les symptômes qui caractérisent la démence, pas plus que les signes de scorbut qui compliquent souvent cette maladie ne peuvent être pris pour elle. — C'est Espqnirol qui parle.

M. Baillai^er donne très-justement aux deux doctrines les épigraphes suivants qui spécifient le point de séparation :

Que le parallèle entre les lésions de rtntelligence et les lésions des mouvements, fait à toutes les époques de la maladie, offre un rapport constant entre le délire et la paralysie et que, par conséqumt, on ne peut se refuser à admettre que ces deux ordres de phénomènes sont les symptômes d'un même mal. — C'est la doctrine de l'unité de Bayle.

Bayle, à notre avis, Bayle dont on ne parle plus dans notre siècle trop personnel, Bayle voyait juste. Il ne voyait que par la clinique ; mais, son immense jugement a devancé son époque.

Encore à cette heure on trouve les mêmes divergences, les mêmes deux camps.

Les divergences sont les suivantes

La maladie est-elle fatalement subordonnée à Valiénation mentale ou la précède-t-elle ?

Les troubles somatiques de la paralysie générale sont'ils invinciblement liés aux troubles intellectuels ?

Les lésions anatomiques du cerveau deviennent-elles de toute force une cause de Paralysie ?

En dehors de ces lésions ne s'en trouverait-il pas d^autres qui produiraient V affection ?

La Paralysie générale viendrait-elle insensiblement ? — Serait^e ensuite que les diverses altérations psychiques se produiraient ?

Les symptômes de Vordre mental et de Vordre physique sont-ils parallèles ? — En ce cas, ne pourrait'il pas se faire que, tout en marchant simultanément, certains phénomènes masquent les autres, et qu'il y ait latence parfois d'un côtét

Nous chercherons à résoudre le problème.

Pendant longtemps, nous nous sentions disposés à subordonner la Paralysie générale à la folie. D'autres fois, nous avons flollé indécis. Mais, des exemples trop visibles nous ont rattaché à la théorie de l'unité morbide et de la simultanéité symptomatique.

Nous avons pleinement, en principe, adopté les vues sémeiologiques de Bayle, et nous nous sommes

accordés avec lui sur l'élément congestif. — Mais, nous sommes séparés sur le primum movens de cet élément. — Bayle, comme la majorité des auteurs, comme Calmeil, en notant la congestion du cerveau et de ses enveloppes, n'ont vu rien au-delà, et ils localisent dans l'organe encéphalique les conditions de causalité congestive. — Pour nous au contraire, la méningo-encéphalite, autant qu'elle existe, serait secondaire et non pas primitive, et nous refusons au cerveau et à ses enveloppes un rôle principal.

Si la méningo-encéphalite existe véritablement, elle n'est que très-postérieure et ne dérive que d'un processus ascendant qui l'a en partie déterminée. — Mais, les éléments anatomo-pathologiques vus aux premières inspections nécropsiques, et qui semblent tous se rapporter à l'inflammation secondaire^ ne sont à peu près pour nous que des apports d'une défectueuse nutrition, qu'aux limites infinitésimales d'assimilation un sang vicié a transmis aux organicules encéphaliques. — Si l'inflammation s'adjoint, elle n'est que le tardif efi'et d'une cause lointaine et d'une désorganisation de la nutrition générale. — Tous nos examens microscopiques unis à l'observation clinique nous le prouvent abondamment.

Donc, si nous sommes d'accord sur deux points

importants, Tunitè du mal et l'élément congestif, nous différons essentiellement sur le mode d'interprétation des symptômes de l'affection et sur le point de départ.

La clinique, dernier terme des connaissances et de Fart du médecin, exige qu'on mette tous ses soins de jugement aux procédés d^investigation. — Elle ne saurait vraiment exister si Ton ne saisit pas toutes les occasions possibles d'expliquer physiologiquement les faits et d'en déduire des aperçus qui montrent les inconnues à dégager ou mettent sur leurs traces. L'histologie lui apporte son puissant concours, et, souvent, on peut se croire en position de conclure, car on a laissé tout empirisme de côté.

L'étiologie et la symptomatologie, en tant que description pure et simple, ont été suffisamment établies par les auteurs pour que nous ne nous en occupions ultérieurement qu'au point de vue de la philosophie générale.

L'anatomie pathologique présente seule, à cause de ses grandes conséquences, un vaste champ à explorer, et son examen demande d'autant plus de sévérité qu'il établit la base de la physiologie de Taffection.

Nous allons exposer ce qui a été dit^ et nous met-

troos en regard ce que nous avons vu en signalant ce que nous n'avons pas trouvé, et en cherchant à expliquer les causes probables d'erreur. — Les lésions anatomiqnes visibles à l'œil nu se trouvant décrites dans les traités et monographies, nous ne devrons en parier brièvement que comme mémoire.

ANÂTOMIE PATHOLOGIQUE

Les premiers auteurs, dont il y a une légère tendance à se séparer, mais qui conservent encore beaucoup d'adhérents, ont rapporté la palhogénie de la Paralysie générale, tantôt à l'inflammation des méninges, tantôt à celle du cerveau, tantôt aux deux réunies.

Pour M. Baillarger, deux groupes d'altérations anatomiques se distinguent. — Dans le premier se trouvent les altérations de la méningo-encéphalite ; dans le deuxième, les caractères de Thydrocéphale chronique avec atrophie, ramollissement du cerveau.

Calmeil, convaincu de la nature inflammatoire des lésions membraneuses et parenchymateuses, et se croyant autorisé par les turgescences initiales ainsi que par les exsudations fibrineuses ou plasmatiques, n'a

plus accepté la qualification de Paralysie générale et Ta remplacée par celle de péri-encéphalite chronique diffuse.

Nous avouons d'abord que, malgré les auteurs, nous comprenons mal une affection débutant d'emblée par l'état chronique. — D'un autre côté, le mot diffus employé par Galmeil dénote les incertitudes de son esprit et de l'impuissance à déterminer.

Gomme Marcé, nous pensons que, malgré la grande autorité de M. Galmeil, on doit éprouver des scrupules en face d'une opinion aussi nettement affirmative.

Comment se fait-il (1), dit justement Marcé, qu'une inflammation ne se termine jamais par suppuration, et qu'elle se prolonge pendant deux années, trois années et même plusl — La marche de la maladie et l'aspect de ses lésions le porteraient plutôt à admettre l'idée d'une congestion ; mais, il la rattache au cerveau lui-même.

Nous ne parlerons pas des altérations osseuses. — Si les parois du crâne montrent parfois une épaisseur anormale, elle ne nous paraît avoir qu'une importance d'hypernutrition secondaire.

Quand on ouvre la boîte crânienne^ on peut voir souvent que le cerveau ne remplit qu'incomplètement

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