‹ L'Anatomie PathologiqueChapitre 2 sur 12 · Marcé. Traité des maladies mentales · texte numérisé non relu

Marcé. Traité des maladies mentales

le vide virtuel. — Les sinus de la dure-mère sont gorgés de sang, et la section de cette membrane laisse échapper une grande quantité de sérosité sanguinolente. Rarement il y a adhérence de la dure-mère avec les parois du crâne ou avec l'arachnoïde. — L'arachnoïde est congestionnée, épaissie, infiltrée dans toute son étendue ; une accumulation plus intense de sérosité se trouve dans ses cavités ; cette sérosité est plus faible à la base du crâne. Elle est recouverte de plaques gélatineuses, de dépôts plastiques protéiformes^ de granulations. Parmi les produits d'exsudation, MM. Brunet, Lancereaux, ont décrit des néo-membranes ; c'est la pachyméningite dont on a le plus généralement expliqué la formation par une exsudation du feuillet pariétal qui s'organise insensiblement ; dans les vaisseaux de ces néo-membranes on a indiqué la dégénérescence graisseuse. Ces vaisseaux n'offrant pas une élasticité suffisante, se rompent souvent, et les kystes arachnoïdiens en seraient la conséquence.

La pie-mère est devenue opaque, tomenteuse^ d'un rouge variant d'intensité, et est farcie de vaisseaux turgescents et diversement entrelacés ; elle offre des irradiations de traînées lactescentes et gélatiniformes, plus remarquables à la surface du cerveau qu'à sa base. — Ces altérations, dit avec raison Marcé (1), sont d'autant plus marquées que la

i. Marcé, Traité des maladiei mentaUi,

14 RBCHERCHBS SUR l'aNATOMIE PATH0L06IQCJB

maladie a été plus longue et s'est accompagnée d'un mouvement congestif plus fort.

Dans les cas, dit Galmeil, oU le travail inflammatoire a pu se concentrer d'une façon particulière, la pie-mère happe la substance nerveuse corticale et offre des houppes vasculaires constituées par la réunion des capillaires (1). — Souvent elle est intimement soudée au cerveau dont on ne peut la séparer qu'en excitant celui-ci et laissant à nu des surfaces saignantes qui montrent évidemment les corrélations du travail des membranes et du parenchyme.

La substance corticale oSre de grandes différences de densité et de volume. Sa coloration varie du rose au brun. — Le plus souvent, il y a un défaut de consistance allant jusqu'au ramollissement ; parfois, elle est gorgée de sérosité et comme œdémateuse. — Dans d'autres cas, elle serait atrophiée et se réduirait même à une lame excessivement mince, surtout aux lobes antérieurs à travers lesquels on apercevrait la substance blanche. — Erlenmayer attribue cette atrophie à des épanchements séreux successifs. — Les éléments nerveux seraient, pour lui, remplacés par de la substance amorphe.

Des doutes sont évidents dans l'esprit d'Erlenmayer sur la notion inflammatoire.

Page 1