‹ L'Anatomie PathologiqueChapitre 6 sur 12 · Areh.Pfiy^L — 1868, n · texte numérisé non relu

Areh.Pfiy^L — 1868, n

22 RICIIBRCHSS SfTR L ANATOMIB PATHOLOGIQIJI

Westphal (1) cherche, comme Lockhart Clarke, à voir dans la moelle et le cerveau la connexité de rap[Kirts qu'on pourrait établir. — Il décrit, dans quelr|Qes cas, un travail de dégénéréscence granuleuse sur if^ cordons postérieurs et latéraux qu'il a pu suivre en remontant jusrjue dans les pédoncules cérébraux, mais pas plus loin, ce qui ne lui permet pas le rapprochement avec les lésions secondaires de la moelle. Fuis, en dessus, les cordons postérieurs et la partie postérieure des cordons latéraux offraient une altération décroissante de bas en haut. Au-dessous du point maximum la lésion des cordons postérieurs s'arrêtait ; mais, les cordons latéraux restaient malades, et la lésion décroissait en descendant pour se reporter vers la partie externe des cornes postérieures. Westphal n'attribue pas ces lésions ascendante et descendante à une cfimpression par des exsudations méningitiques. Il songerait plutftl à une myélite localisée qui amènerait la nécrobiosc par inertie fonclionnclle.

t On pourrait peut-être, fait observer M. iMagnan, en admettant Vidée d'une myélite localisée, songer plutôt à une dégénération secondaire par perte de faction trophique. » — Quoi (|u'ilcn soit, pour Westphal, les lésions spinales accompagnent toujours la Paralysie générale.

i. Arch. Phijtiol. — 1868, VP 2, Magnan.

M. Magnan a repris les travaux de Lockart Clarke et de Weslphal. — Dans un travail très-explicatif et des plus consciencieux, il fait l'histoire microscopique du cerveau et de la moelle.

Fidèle à Virchow, il attache la plus haute hnportance à la névroglie dans la pathogénie des centres nerveux. Son importance serait surtout bien établie pour la Paralysie générale dans certains cas, où, la moelle étant atteinte en même temps que le cerveau, il est permis de suivre le processus malade jusqu'à son développement le plus complet.

« Tout r encéphale, dit M. Magnan, devient le siège d'une sorte d'irritation formative, travail lent qui se traduit par une prolifération nucléaire abondante dans le tissu interstitiel et sur les parois des capillaires. — Le tissu nerveux lui-même présente des altérations secondaires bien notables y excepté dans la couche corticale où Von trouve les cellules infiltrées de granulations, mais sans déformation. — Cette lésion diffuse et étendue à tout le cerveau ne présente jamais, même dans les cas de Paralysie générale à la troisième période, le dernier terme de son évolution, sa présence à un degré avancé n'étant sans doute pas incompatible avec la vie. — Mais, il n'en est pas de même dans la moelle où ces altérations peuvent, sans compromettre Vexistence, atteindre un degré avancé. •

Arrivant à la moelle, M. Magnan décrit une irrita-

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tien formative avec prolifération nucléaire de la gangue interslitielle des tubes nerveux qui s'étend dans la substance grise jusqu'à l'épendyme et la périphérie, et s'étale en s'épaississant jusqu'à la pie-mère. De là une hyperthrophie à marche lente qui aboutit à la transformation des gaines de myéline en granulations graisseuses, et plus tard à leur destruction complète. — Les cordons postérieurs seraient plus particulièrement atteints. L'altération présenterait son maximum d'intensité à la fin de la région dorsale pour diminuer en général, graduellement^ à mesure que Ton se rapproche du bulbe, restant plus marquée à la périphérie de la moelle, au pourtour de la substance grise, et sur les faisceaux postérieurs, où elle se circonscrit de chaque côté du sillon médian postérieur.

Ainsi, pour M. Magnan; la lésion constante qu'on doit, avant tout, chercher tant dans le cerveau que dans la moelle, est la prolifération nucléaire du tissu interstitiel ; les altérations parenchymatcuses ne seraient que consécutives et caractérisées parla transformation granuleuse. — Un point essentiel pour nous à noter est l'indication [)ar M. Magnan de Télément graisseux à la suite duquel il y aurait destruction des gaines de myéline.

Allant plus loin que M. Lockart Glarke et que M. Wcstphal, M. Magnan nous parait évidemment attacher une caractéristique plus grande au processus

ascendant de la moelle vers le cerveau que du cerveau vers la moelle.

Nous arrivons maintenant à nos propres recherches (1). — Nous avons abordé l'anatomie pathologique intime de la Paralysie générale sans la moindre idée préconçue. Pour nous, l'interprétation n'a point précédé l'observation ; elle est née après. C'est en raison de cette tendance d'esprit, et frappés des troubles de l'organisme entier, et en dernier lieu de la dégénérescence graisseuse, des atteintes circulatoires des gangrènes

inopinées (2), que nous avons examiné sans

distinction d'esprit toutes les parties du système nerveux, la moelle, le sympathique, aussi bien que l'encéphale, alors qu'a priori on aurait cru devoir être porté à localiser l'affection dans ce dernier organe.

Notre attention a tout d'abord été vivement arrêtée par la coloration brune de toutes les cellules quand nous avons examiné les ganglions du grand sympathique. — Nous qui n'avions, antérieurement, étudié la

1. Nos planches relatives à chacun des départements de Taxe cérébro-spinal et du sympathique n'ont que la prétention de . l'exactitude. La plupart du temps, les différents points d'un élément ne sont par tous aperçus dans la même position du foyer et, quand on donne un dessin, on donne la résultante de plusieurs observations prises en faisant varier la vis micrométrique Il nous a semblé qu on reproduisait mieux la nature en ne donnant qu*un seul aspect du tout. Cest pourquoi les contours des cellules de nos dessins se montrent souvent inachevés.

2. H. Bonnet. Considérations sur la Paralysie générale, Paris ; Victor If asBon, 1860.

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stracture des ganglions que sur le sympadiiqae des animaux ; nous, qui savions que les auteurs âgnalèrent cette pigmentation spéciale comme un attribut des vieillards et des convalescents de fièvre typhoïde grave, nous pensâmes avoir trouvé la caractéristique anatomique de la Paralysie générale ; mais, nous dûmes renoncer à une partie de nos espérances.

Nous avons examiné des ganglions pris chez des individus non aliénés et atteints de maladies très-variées et dont l'âge oscillait entre trente et cinquante ans, et nous avons toujours rencontré une teinte rooillée du contenu des cellules ; mais, nous pouvons» sans hésitation, déclarer que cette coloration est, de beaucoup, moins générale et d'une intensité bien moindre que dans la Paralysie générale. Depuis, nous avons multiplié nos observations, et nous avons acquis ia conviction que ceux qui se nourrissent avec des aliments exactement naturels ont toujours des cellules ganglionnaires incolores ou teintées seulement d'un jaune pâle. — Nous avons été conduits ainsi à penser que les conditions de la vie civilisée nous ont peu-à-peu, à travers de nombreuses générations, créé un nouvel état normal, que l'alimentation de plus en plus artificielle à laquelle est soumise l'espèce humaine a eu pour résultat de modifier profondément, avec transmission héréditaire, la constitution hislologique des éléments du système nerveux affecté à la vie de nutrition. — Ce qui nous a confirmés dans cette ma-

nière de voir c'est que nous constations le summum de celte modification chez des paralysés qui avaient abusé des alcools ou qui, par leur position dans le monde, sont contraints à figurer dans ces repas où le plus sobre attiré par les productions excitantes de Tart culinaire fait, à son insu, des excès insensibles. Nous avons également constaté que des hommes les plus sérieux, fatigués par de longs et continus travaux d'esprit et les excitations intellectuelles et morales qui y sont inhérentes, sont sujets d'abord à des perversions d'appétit, font à peine choix d'aliments, se sustentent vicieusement et se font anormalement des réparations qui aboutissent peu-à-peu au terme histologique que nous décrivons.

Voici ce que nous avons constaté chez nos paralysés généraux du côté du grand sympathique.

Jous les anneaux, sans exception, de la chaîne ganglionnaire présentent à un faible grossissement une multitude de petites taches de rouille, les unes d'un bleu foncé, les autres d'un jaune fauve. — A l'objectif 3, et surtout à l'objectif 5, on reconnaît que chacune des taches correspond à une cellule et qu'elles sont dues à des grains de pigment qui remplissent tantôt la cavité cellulaire et qui, tantôt, n'occupent qu'un des pôles ; que le noyau siège souvent au centre de cet amas pigmentah'e, mais que parfois

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aussi il en est éloigné. — En général, la pigmentation est plus accentuée au cou que dans toutes les autres régions. Souvent, elle ne reste pas limitée aux cellules ganglionnaires ; les cellules adipeuses voisines ont un contenu plus ou moins teinté de brun. Dans le tissu cellulaire ambiant on aperçoit çà et là de petits dépôts de pigment qui alors est tout-à-fait noir.

Le plus ordinairement les vaisseaux sont intacts ; mais, on en trouve qui sont mouchetés de pigment noir. Il en est même dont les contours sont dessinés par des traînées pigmentaires. Un fait fréquent dans les ganglions cervicaux, c'est leur distension et même un certain état variqueux.

Si, dans l'observation microscopique du sympathique des paralysés, la coloration des cellules frappe d'abord, un examen attentif fait bientôt constater deux autres altérations, moins apparentes au premier abord, mais des plus sérieuses et des plus significatif ves. — A part quelques points très-limités du ganglion, il y a une pauvreté incontestable en cellules. Par contre, le tissu connectif domine. La plupart da temps, ce tissu cellulaire surabondant est parsemé de nombreux et vastes départements de cellules adipeuses. La forme de ces départements qui rappelle parfois le mode de groupement des cellules nerveuses, la présence au milieu de ces cellules adipeuses de quelques cellules ganglionnaires qui y sont comme perdues, enfin leur teinte brune, font naître la pensée

d'une substitution. — Nous avons même rencontré des ganglions thoraciques presqu'exclusivement formés par de la graisse noyée dans un magma connectif.

Dans tous les cas, ces trois altérations, pigmentation, surabondance du tissu cellulaire , substitution de la graisse à 1 élément actif, doivent concourir à diminuer Taction des ganglions et à entraîner les conséquences d'une paralysie de l'innervation vaso-motrice.

Nous avons examiné avec la plus scrupuleuse attention l'état des vaisseaux et des méninges. — Nous les avons étudiés en place au sein de la substance grise et de la substance blanche. Nous les avons, en outre, isolés à l'aide d'un filet d'eau ou parle battage dans l'eau acidulée par l'acide acétique. Nous en avons bien rencontré quelques-uns légèrement encroûtés de tissu cellulaire, et toujours dans des points limités ; mais^ nous pouvons certifier n'avoir jamais trouvé les preuves d'une véritable sclérose, surtout une sclérose capable d'entraîner les conséquences mécaniques invoquées par M. Salomon pour expliquer la production de la Paralysie générale. — Les capillaires les plus fins conservent leur lumière parfaitement libie. On ne peut pas admettre un seul instant ici un défaut de nutrition dû à une imperméabilité des vaisseaux. Il en a été ainsi chez les sujets de nos dix dernières observations, mais encore chez sept autres

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dont les observations ont été publiées dans la dissertalion inaugurale d'un de nos internes distingués de l'asile de Maréville, le docteur Mangenot (1).

Un mode d'altération vasculaire beaucoup plus constant et presque général pour chaque individu consiste en la présence dans la tunique celluleuse des petites artérioles de plaques plus ou moins étendues de pigment brun enchevêtrées avec des cristaux jaunâtres et des granulations graisseuses. Tous les rameaux ne présenteraient pas ces plaques ; mais» on peut dire que c'est presqu'une règle générale. — Et, de plus, il n'y s. point d'exceptions individuelles. — Les capillaires qui sont munis du manchon signalé par M. Robin présentent en nombre considérable les mêmes plaques cristallines et pigmentaires dans la cavité circonscrite par cette enveloppe.

Très-souvent on remarque sur le trajet des vaisseaux de vastes agglomérations de granulations graisseuses. Elles sont, pour ainsi dire, fixées sur le trajet du vaisseau par une lamelle très-fine qui semble appartenir à la tunique celluleuse et en avoir été soulevée à la manière del'épiderme dans la formation del'ampoule.

Un fait qui nous a frappé, c'est la présence d'une quantité d'énormes globules dégraisse dans la colonne sanguine qui stagne dans les vaisseaux. Ces globules de graisse libre, chimiquement et physiquement sé-

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