‹ L'anatomie Philosophique Et Ses Divisions Précédée D'un Essai De Classification Méthodique Des Sciences AnatomiquesChapitre 10 sur 64 · RARE LAN · texte numérisé non relu

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l'industrie humaine, c'est de reconnaître la matière dont étaient faits ces vêtements ‘après l'usage des peaux de bêtes, nous VOYOns l’homme se fabriquer des enveloppes protectrices en assemblant artificiellement des subtances textiles empruntées aux animaux où aux RÉRPIANEE et nous voyons ainsi de grossiers tissus de jonc être successivement remplacés par l’emploi de fines fibres végé-

tales, de brins de lame, de brins de soie, la substance première varie

etaussison mode d'assemblage, car à de grossiers etrudes feutrages

et entrelacements, succèdent les tissages proprement dits, donnant

des tissus fins et souples, dont la trame ne peut être bien reconnue qu’à l’aide de la loupe et du microscope, ces instruments devenant alors indispensables aussi bien pour reconnaître la nature

des fils du tissu que pour débrouiller leur mode d'assemblage.

Or, si la détermination de la forme, de la force, de l'étendue

de ces vêtements primitifs constitue une étude absolument compa-

rable à celle de l'anatomie descriptive, Pétude de leur tissu,c’està-dire de la nature de leurs éléments et de l’assemblage de ces éléments, est entièrement comparable à celle de l’anatomie générale. En eflet, la plupart des parties que nous avons jusqu'ici appelées substances semblables, sont de véritables tissus, et les membranes semblables que nous avons dites membranes muqueuses ou séreuses, sont de véritables étoiles organiques, qui s’accolent et se juxtaposent, comme dans nos vêtements, se superposent, par exemple, le drap et la doublure ; comme pour les étoftes de l’industrie humaine, il y a dans ces tissus organiques, à examiner, d’une part, le mode d’agencement, de feutrage, d’enlacement, de tissage, selon lesquels sont disposés ces éléments : l'anatomie générale étudie donc les tissus organiques,c’est pourquoi elle est encore appelée histologie (isros, tissu):et on dit que l’histologie s’occupe de la structure des tissus, c’est-à-dire de la nature des fibres ou éléments composants quelconques, et de la texture des tissus, c’est-à-dire du mode d’agencement et de la

Log

proportion relative selon laquelle telles espèces d'éléments anatomiques prennent part à la formation de ses tissus.

La recherche de l'élément anatomique est donc aujourd’hui lebut essentiel de l’anatomie générale ou histologie. Comme recherche scientifique pure, son intérêt n’est pas à démontrer ; comme utilité au point de vue de la science médicale, l'intérêt de cette étude est peut-être plus important encore. Quelques mots suffiront pour le démontrer. En pathologie, les notions d'anatomie descriptive suffisent pour comprendre et traiter une fracture osseuse : mais dans les maladies qui atteignent la substance même des os, comment se rendre compte du processus morbide, sans connaître la nature de la substance du tissu dont les éléments anatomiques sont le siège intime du travail morbide, sans avoir étudié en un mot la structure et la texture de l'os, de la moëlle osseuse, du périoste? De même, pour faire la ligature d’une artère, l'étude de l'anatomie topographique, donnera les connaissances suffisantes, pour trouver le vaisseau, l’isoler et l’étreindre dans une anse de fil ; mais les effets mécaniques de la constriction produite par ce fil, qui brise certaines tuniques et amène la soudure des autres, avec obltération cicatricielle de la lumière du vaisseau, tout cela relève directement des notions fournies par l'étude de la structure et de la texture de ces tuniques, de même pour comprendre les divers processus pathologiques qui atteignent les parois du vaisseau. |

D'autre part, les notions expérimentales acquises sur l’action des poisons et des médicaments poursuivent aujourd’hui l’analvse de cette action Jusque sur les éléments anatomiques des tissus. Claude Bernard s’est justement attaché à démontrer qu’en disant | que telle substance toxique agit sur l’homme, sur le chien, sur l'oiseau, on n’exprime ainsi qu'un résultat grossier et extérieur dont on ne peut comprendre la nature qu’en recherchant non seulement quel organe,mais encore et surtout quel élément ana-

A.descriptive.

A.topographique.

tomique de cet organe est atteint par la substance active. Nous savons,par exemple, aujourd’hui, que telle série de composés chimiques sont des poisons musculaires ; ils n’amènent la mort de l'individu que parce qu'ils tuent ses fibres musculaires et arrêtent ainsi des fonctions essentielles, comme la respiration et la circulation, où la contraction musculaire joue un rôle primordial ; tels autres sont des poisons du système nerveux, et parmi eux on peut même distinguer ceux qui agissent plus spécialement sur les cellules nerveuses sensibles ou motrices. Fe

Classification de M. Cu. Depierre

En 1888 M. Ch. Debierre également dans une leçon inaugurale (1), reprenait la même étude et, sans connaire sans doute

le travail précédent, arrivait, peut-être moins brillamment, aux

mêmes conclusions dont ilétendait encore la portée. Nous donnerons également les parties principales du travail de M. Debierre.

Si vous fréquentez assidüment les salles de dissection incessamment à la recherche d’un muscle ou à la poursuite d’un nerf, vous ferez de l'anatomie analytique, en d’autres termes de l’anatomie descriplive, objet spécial de nos travaux journaliers.

Connaître les organes et les appareils envisagés en eux-mêmes

ne suffit plus au chirurgien; il lui fautencore les envisager dans

leursrapports réciproques. Sivous examinez ainsi tout l'organisme ou seulement un régime vous faites de l’analomie des régions,

anatomie topographique ou chirurgicale.

(1) L'Anatomie, son passé, son importance, et son rôle dans les sciences biologiques par M. Ch. Debierre, — Paris (OEuvres Scientiliques) 188, p. 8 suiv: (B NT, 213 a).

pr

A.générale

Histologie.

\. comparée,

EN OARES

Mais si l'anatomie descriptive et l’anatomie topographique sont la base de la médecine et de la chirurgie, elles ne sont cependant pas suffisantes pour l'esprit ardent à arracher à la nature ses plus intimes secrets. L'esprit des penseurs n’est pas satisfait de la description pure ; il lui faut aller plus avant dans la nature des choses. are

Remarquant que, dans nombre d'organes différents, 1l existe des parties semblables, les comparez-vous entre elles, vous vous élevez à la connaissance des parties similaires et vous faites dé l’analomie générale, science des systèmes organiques, où s’est illustré immortel Bichat. | |

Si vous ajoutez à la connaissance des systèmes organiques la structure intime des éléments de leur texture, vous êtes amenés à la notion nouvelle des tissus et vous faites de l’lustologie, autrement dit vous apprenez à connaître les éléments anatomiques, les humeurs et les principes immédiats, science qui prit naissance en France avec Dutrochet et Raspail en anatomie végétale, mais qui depuis nous est revenue rajeunie et agrandie d'Allemagne, avec Schleiden et Schuann.

Comparez-vous l’organisation de Phomme à celle des animaux ou celle des organes et appareils dans la série des êtres, vous vous élevez à la notion d'anatomie comparée, source la plus féconde de la biologie générale.

À l’äide de l'anatomie comparative, lanatomiste poursuit, dans la série animale, le plan fondamental d’un organe dans ses diverses transformations « au travers des additions qui ie perfectionnent ou des soustractions qui le dégradent. »

L'utilité de l'anatomie comparée reste donc incontestable. Elle nous montre la série animale sous forme d’un « tableau dont toutes les parties se tiennent par des liens harmoniques, » tableau aussi

Embryvlogie

saisissant par sa diversité que par son unité. Isolé du reste du

monde animal, l’homme reste un grand inconnu.

L'étude du développement fournit aussi à l'anatomie son précieux contingent, lorsqu'on envisage, au point de vue comparatif, les diverses périodes de l’évolution et de la croissance. J

Avant d'arriver à leur état définitif, les appareils et les organes traversent, dans leur développement, une succession de phases transitoires qui donnent aux animaux supérieurs, et à l’homme

lui-même, une analogie plus ou moins marquée avec les animaux

appartenant à des classes moins élevées. Ce qui, chez l'homme et le mammifère, ne constitue que les stades de son évolution, se retrouve à l’état permanent et définitif chez un certain nombre d’autres animaux, à tel point que Serres a pu dire que « l’anatomie comparée est une embyogénie permanente »,

Enfin, si au lieu de se borner à établir des différences, l’anatomiste recherche les ressémblances ou les analos ges, s’il établit les rapports qui lient entre eux les différents organismes et s’il en déduit des aperçus généraux, des principes ou des lois, il fait de l'anatomie plulosophique ou transcendante, science conjecturale d’origine toute française et dont les vrais pères sont Pierre Belon, Buffon, Daubenton, Vicq d’Azir, Cuvier, E. Geoffroy Saint-Hilaire, de Blainville ; mais, qu'’au-delà du Rhin Oken, Carus, Spix, Meckel, Bojanus, Autenrieth cultivèrent avec ardeur. (Seulement alors que l’école allemande subordonnait les faits aux idées, l’école française partait de ce principe : combiner les observations, généraliser les faits et les lier ensemble par la force des analogies (Buffon) tout en n’oubliant pas que les faits sont au service des idées (L. Geoffroy Saint-Hilaire).

CH. DEBIERRE.

Tel est, à notre connaissance, le travail le plus complet publié jusqu’à ce jour sur cette question. — Sauf l'anatomie artistique et l'anatomie pathologique , M. Debierre aborde parfaitement l'exposé du problème. Mais ce problème est-il résolu ? Nous ne le penù sons pas. Il s’agit maintenant de préciser davantage les divisions générales en reprenant la méthode que nous indique le P' Mathias / Duval.

Nous avons adopté conime définition de l'anatomie : La science de l'organisation

Le premier but que se proposera l’anatomiste sera done de connaître l’organisme en partant de l'étude des formes extérieures qu'on décrira pour parvenir à la détermination de lPélément le plus simple que pourra fournir une minutieuse analyse. C’est dire que lPanatomiste réduit à son rôle primordial d’analyste étudiera successivement l’anatomie des formes (An. artistique), l'An. descripliwe pour aboutir à l’Histologie qui lui fournira les movens les plus délicats d'analyse. C’est là létude du général au particulier que nous pouvons figurer ainsi :

Ÿ An.'artistique . . . Formes extérieures.

An. descriptive . . Organes. « Histologie. . . . . Cellules.

On passera successivement en revue les formes extérieures, les organes et on arrivera aux cellules.

Ilest mutile d’insister sur ces premières déductions fort bien mises à jour dans l'exposé du P' Mathias Duval. |

ENS UE CRE ARE dE EE ee 2 à ME RATER

Reprenons maintenant notre analyse en insistant tout particu=

Haba lièrement sur la phrase suivante Van a été le point de “apect de 2 “toutes nos déductions.

A Or, si la détermination de la Sim, de la force de étendue 5

« de ces vêtements primitifs constitue une étude absolument

< générale » (À).

« comparable à celle de l'anatomie descriptive, l'étude de leur

« tissu, c’est-à-dire de la nature de leur s éléments et de ASSEMBLAGE À

« de ceséléments est entièrement comparable à à celle del” anatomie

Ce qui ressort de cette phrase c'est la distinction qu'ilfaut établir

dès le principe entre l’ étude purement descriptive et l'étude des assemblages comme base de la division entre les deux. espèces à d'anatomie descriptive et générale.

Or quels sont les éléments déterminés par notre première ana-

lyse : 1° Des formes, 2° des organes, 3° des cellules.

Nous allons donc étudier ces éléments ; 54

{° Au point de vue purement descriptif.

2° Au point de vue de LEUR ASSEMBLAGE.

si Fe tude descriptive nous a conduit à une analysede plus en plus minutieuse, étude des assemblages va nous conduire à une synthèse de plus en plus générale. C’est dire que dans le premier cas nous sommes partis du général pour aboutir au particulier ; nous partirons ici du particulier pour aboutir au général, -et nous dirons:

Assemblage des formes : Anat. philosophique. < Assemblage des organes ; Anat. topographique. | Assemblage des cellules ; Anut. générale.

(1) Mathias Duval op. cit. p. 9

PERD Qree

et le sens de notre flèche indiquera qu’il faut commencer la lecture par le bas (analyse) pour remonter jusqu’à la question générale

LA

(synthèse), Réservant pour plus tard l'anatomie philosophique, deux

éléments nous restent à considérer.

1° Des organes.

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