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acquiert à l'œil nu sur la forme, le volume, la couleur de ces organes, leurs juxta positions, leurs connexions, leurs rapports : en un mot,vous avez fait de l’anatomie descriptive.
Les connaissances ainsi acquises, vous savez qu'au point de vue des explications chirurgicales, 1l faut les reprendre à nouveau en étudiant une à une les régions du corps, au point de vue de la superposition de plan des aponévroses, des muscles, au point de vue ‘des imterstices entre lesquels vous devez apprendre à vous frayer un chemin sûr vers telle artère ou tel nerf profondément situés. Cette étude constitue l'anatomie typographique et se fait encore à l’œilnu, et simplement avec le scalpel.
Mais, si vous avez ainsi appris à connaître et à désigner de son nom chaque muscle, chaque os, chaqué artère, avec sa forme, ses rapports, ses connextions,cependant une notion plus. générale à forcément commencé à s’imposer à votre esprit. Quand, sur la table de dissection, vous trouvez un fragment de muscle, d'os, de tendon, vous reconnaissez ce fragment comme ayant appartenu à un muscle, à un os, à un tendon; vous ne pouvez plus dire : c’est tel muscle, car vous n’avez plus devant les veux la forme, les insertions, les rapports de ce muscle ;
mais vous reconnaissez unemasse dont laspect général, la cou-
leur, la consistance sont ceux de la substance que vous avez vue constituer tous les muscles, lorsque vous les étudiiez dans leur situation et leurs rapports naturels ; de même pour un fragment d'os, de tendon, d’aponévrose, de substance nerveuse, etc.
Eh bien, en constatant ainsi qu’une substance semblable forme les organes semblables, et que cette substance est toujours reconnaissable, ndépendamment de la forme et du volume qu’elle peut présenter selon les régions du corps, vous avez acquis de la manière la plus élémentaire, 1l est vrai, la notion fondamentale de ce qu'est l'anatomie générale, laquelle en effet à pour objet d’étu-
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dier les partiès similaires, de les comparer ensemble et de leur assigner les caractères qui leur conviennent.
Cette première notion est, jele répète, essentiellement grossière, élémentaire. Mais les besoins même de l’anatomie descriptive vous forcent à en acquérir de plus délicates et dans le même ordre d’idées. Ainsi, à propos de l'étude de la cavité orbitraire et de ses muscles, vous vous trouvez en présence de membranes dont l’aspect à l'œil nu rappelle assez bien celui des aponévroses qui enveloppent et séparent les muscles dans les autres régions du Corps: et cependant on vous enseigne que ces prétendues aponévroses sont bien plutôt des membranes musculaires, c’est-à-dire qu'examinées non plus à l'œil nu, mais avec un microscope, réduites à leurs éléments composants, elles montrent dans leur constitution des fibres identiques à celles qu’on trouve, avec le microscope, dans
certains muscles dits muscles lisses.
Les parties similaires sont donc caractérisées non seulement par une couleur, une consistance, un aspect général semblable, mais encore par une composition élémentaire semblable, c’est-à-dire par la juxtaposition de parties composantes identiques, mais toujours infiniment petites, et bien visibles seulement au microscope. Cette constitution élémentaire devient donc le caractère prédominant auquel vous reconnaissez les parties semblables, et puisque dès lors les notions d'anatomie générale sont acquises à l’aide du microscope, vous comprenez que l'anatomie générale puisse avoir reçu
A. Microsco- le nom d'anatomie microscopique.
pique.
En effet, alors mêmeque vous vous trouvez en présence d’un fragment de substance trop petit pour qu'il soit possible de connaitre sa couleur, sa consistance, son aspect général, vous pouvez, grâce au microscope, rechercher si ce fragment est formé des particules que vous avez appris à connaître comme constituant toujours soit les muscles, soit les os, soit les tendons, etc., c’est-à-dire que vous
pouvez reconnaître si vous avez affaire à un fragment d'os, de ten- À G. 3
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don ou de muscle, ete. Bien plus, vous pouvez vous trouver en présence de taches imprimées sur un linge; si ces taches sont plus ou moins colorées en rouge, il vous séra possible de soupçonner qu'elles ont été produites par du sang : mais elles peuvent aussi provenir de diverses matières colorantes : si elles sont incolores, où à peine jaunâtres, empesant le linge, vous ne sauriez par ces seuls caractères distinguer si elles ont été produites par du sperme, du pus, de la sérosité, du lait, ete. Mais les liquides tels que lets sang ou le sperme renferment des particules ou éléments anatomiques qui caractérisent chacun d'eux, tout comme lasubstance des muscles ou des tendons est caractérisée par ses parties composantes ; ces éléments anatomiques, restés accolés par dessication sur le linge, S’Y conservent et peuvent si bien y être reconnus à l’aide du microscope, que non seulement vous pourrez affirmer qu’une tache a été produite par du sperme ou par du sang, mais que vous pourrez encore reconnaitre si elle à été produite par du sang humain, du sang d'oiseau, ou du sang de batracien, parce que les : ; éléments anatomiques spéciaux au sang sont différents selon les animaux.
Cet exemple vous fait entrevoir combien peuvent être précieuses pour le médecin les notions d'anatomie générale acquises à laide du microscope. Mais, revenons à des cas plus en rapport avec les | i simples études d'anatomie descriptive. Ici, après avoir étudié le squelette, les ligaments qui rattachent ses diverses parties, les muscles qui les meuvent, vous abordez une étude plus délicate, celle des viscères contenus dans les cavités du tronc ; que vous examiniez ainsi l'estomac, le tube intestinal, la vessie ou lutérus, vous avez d’abord à vous rendre compte de la forme, du volume, des rapports, etc., de ces organes : ces organes sont creux, vous examinez donc leur surface intérieure et extérieure et enfin leurs parois. L'épaisseur relative de ces parois, leur consistance, leur élasticité, leur couleur, ete., fixent successivement votre atten-
tion ; mais bientôt vous vous apercevez que ces parois sont tou- Jours formées de membranes superposées et plus ou moins intimement accolées : chacune de ces membranes elles-mêmes diffère quant à la couleur, la consistance, l'aspect général, tels que vous pouvez les étudier en les meisant avec le scalpel, en les décollant avec les pinces et les doigts, et par ces diverses manœuvres, vous arrivez à reconnaître aussi bien sur la vessie que sur l'estomac,
la présence d’une membrane interne dite muqueuse, d’une mem-
brane externe dite séreuse, et de couches intermédiaires dont l’une notamment est musculaire. Or, par comparaison, vous reconnaissez des caractères essentiels communs à toute muqueuse, qu’elle appartienne à l'estomac à l'intestin ou à la vessie, de même pour toute séreuse, etc., et l’examen microscopique montre que ces caractères communs correspondent à une composition élémentaire semblable. L'esprit de généralisation, même le plus rudimentaire, vous force à rapprocher. dans une étude générale, les diverses muqueuses, les diverses séreuses, les diverses tuniques musculaires, pour les comparer ensemble, et leur assigner des caractères qui conviennent à toutes. De même que l’ensemble des os, des muscles, forme ce que l’anatomie générale appelle le système osseux, le système musculaire, ete, nous nous trouvons ici en présence d'ensemble qui prennent le nom de système muqueux, système séreux, système des muscles viscéraux (ou à fibres lisses). Et c’est pourquoi l'anatomie générale, dite anatomie microscopique, prend aussi lenom d'anatomie des systèmes organiques,en désignant sous le nom de système l’ensemble des parties semblables.
Tout ceci est assez simple pour qu'il n’y ait pas lieu d’insister davantage ; mais quelques comparaisons nous permettent de pousser plus loin l'indication des ordres de notions que comporte la: natomie générale et de ses rapports avec l’anatomie descriptive, en même tempsique de comprendre déjà combien son étude est
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importante pour le médecin. Que penseriez-vous d’un ingénieur
mécanicien qui aurait étudié toutes les machines d’un atelier, tou-
tes les pièces, tous les engrenages des machines,sans avoir appris à connaître les propriétés des matières diverses qui composent
chacune de ces pièces, sans s’être rendu compte de la résistance
si différente des roues en acier, des colonnes et charpentes en fonte, des poutres en bois, des courroies de transmission en cuir ? Renseigné sur l’action réciproque que ces parties doivent exercer
les unes sur les autres pendant un fonctionnement normal, il ne
saurait ni comprendre, ni prévoir, ni prévenir les troubles de
fonctionnement, qui sont fatalement liés à l’inégale sensibilité que
présente chacune de ces matières premières à l’action de la cha-
leur, ou de l’humidité, ou de tel autre agent physique, où chimique,ou mécanique. Comparable à cet ingénieur serait le médecin
qui, se contentantdes notions fournies! par l’anatomie descriptive,
serait resté étranger à l’étude de la composition et des propriétés de la subtance même des organes, en un mot à l’étude des systèmes auxquels appartient chacune des parties constituantes d’un or-
gane où d'un appareil.
Dans un autre ordre d'idées, qui se rapporte à une autre forme de l’industrie humaine, empruntons une comparaison aux vêtements, aux tissus dont l’homme se couvre, et, pour éviter toute trivialité, laissons de côté nos habits modernes, pour penser aux vêtements des anciens Romains, ou aux enveloppes plus primi- , üves des Eg gyptiens et même des hommes préhistoriques ; des uns et des autres nous pouvons connaître la forme et les dimensions, grâce à ce qui nous en est resté sous les cendres de Pompéi, dans les tombeaux, dans les ruines et débris des habitations lacustres préhistoriques ; cette étude est comme l’anatomie descriptive du vêtement pramitif. Mais ce n’est pas là le point capital de cette étude si digne d’exciter l'intérêt de larchéologue etde l’anthropologiste. La question palpitante au point de vue de l’évolution de