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Une autre malade, Mme Lebrig…., âgée de 47 ans, présentait à la fois une hidrosadénite axillaire du côté droit et un eczéma d’eau important, avec poussée de généralisation et d'infection assez accentuée au bras gauche.
Elle reçut d’abord un vaccin microbien polyvalent, associé ensuite à l’autohémothérapie.
La dermite ne fit que s'étendre et l'hidrosadénite resta stationnaire.
Le 4 mars 1935, elle nous montra, en outre, un furoncle du bras droit.
On remplaça le traitement de vaccin jusqu'alors appliqué par l’anatoxine staphylococcique.
Huit jours après, l’amélioration était considérable, et le 18 mars 1935, elle revint à la consultation pour nous faire constater sa guérison.
ONYxIs.
Ici, un peu arbitrairement, nous ne classons pas les lésions chirurgicales, tourniole franche avec soulèvement de l’ongle à sa base par du pus ou panaris aigu avec formalion d’abcès. ‘Nous n’envisageons que les formes subaiguës ou torpides se caractérisant par une tuméfaction du bourrelet péri-unguéal avec parfois un discret suintement purulent, lésions installées d’une façon chronique ou récidivant pendant des mois par poussée successive de quelques semaines chacune.
Onze sujets ont été ainsi soumis au traitement anatoxique. Tous ont guéri bien que chez certains d’entre eux, les lésions évoluaient de façon torpide depuis plus de sept mois. Un seul garde au bord de l’ongle d’un des pouces un gonflement chronique qui ne suppure plus, alors que primitivement tous ses doigts étaient atteints.
Ici encore, l’anatoxine staphylococcique est vraiment le
ta
meilleur agent thérapeutique si on veut bien se rappeler la lenteur de la guérison avec les autres traitements.
L’ACNÉ.
Les acnéiques que nous avons essayé de traiter étaient atteints d’acné pustuleuse franche, à folliculites plus ou moins volumineuses, s’accompagnant ou non de tendance à l’eczématisation. Bien entendu, il ne pouvait être question de guérir par l’anatoxine, l’acné comédon simple des jeunes gens, non plus que l’acné rosacée pure de la quarantaine.
Les résultats furent dès le début très encourageants : 114 malades acnéiques se sont présentés à la consultation de dermatologie, à l'hôpital Pasteur.
Les pustules ont complètement disparu chez 62 sujets, sans le secours d'aucun des traitements adjuvants classiques. Trente-quatre ont conservé quelques pustulettes mais l’anatoxine est restée sans effet sur l’érythrose et la séborrhée.
Ces résultats ne nous étonnent pas. Il est bien certain que l'acné n’est pas uniquement une infection staphylococcique.
Indépendamment des facteurs endocriniens et digestifs, que nous ne discuterons pas ici, nous rappellerons que certains auteurs ont incriminé les germes les plus variés : germes décrits autrefois comme agents de la séborrhée, staphylocoque anaérobie (SALIMBÉNI). Les travaux récents de Ra4- MEL font une large place au bacille de Koch, dans la pathogénie de l’acné.
L'avenir dira la part qu’il faut attribuer à chacun de ces germes. Mais il est permis d'affirmer dès maintenant que le staphylocoque joue un rôle important dans la suppuration.
À noter que le traitement de l’acné exige toujours un nombre plus élevé d’injections, 7 à 8 parfois, à raison d’une tous les cinq jours.
Malgré cette vaccinothérapie intensive, il semble bien que le taux de l’antitoxine chez les acnéiques monte moins et toujours plus lentement que chez les autres malades.
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Nous avons réuni dans le tableau suivant quelques observations :
Quantité Caractère de l'affection d'anatoxine Résultats obtenus obser- reçue
vations (en cc.)
Grosse acné suppurée. I5aui/5. | Grosse amélioration.
Disparition des pustules.
Acné chéloïdienne. 15 au 1/5. | Amélioration transitoire. Acné juténile, 3 1/2 pure. | Les pustules ont disparu. Acné pustuleuse. 15 au 1/5. | Légère amélioration. Âcné de la face. 11 1/2 pure. | Pas de pustules depuis 8 mois. Acné pustuleuse du dos. 9 1/2 pure. | Grosse amélioration. Acné de la face. 15 au 1/5 + | Plus de pustules. 3 pure.
Acné du menton depuis 3 ans.| 7 1/2 pure. | Guérison complète. Âcné du visage. 5 1/2 pure. | Un peu moins de pustules. Acné du visage depuis cinu ans.| 9 1/2 pure. | {l reste de la congestion faciale. Acné du menton remontant à| 11 1/2 pure. | Amélioration notable,
deux ans.
Acné de la face. 15 au 1/5. Guérison complète. Acné des joues datant de cing| 11 1/2 pure. | Très bons résultats.
ans.
Acné du visage. 4 pure. À moins de pustules.
Acné du visage depuis 10 ans.| 7 1/2 pure. | Grosse amélioration, les pustu-
les ont disparu depuis 5 mois.
Voici, avec quelques détails, les observations de deux malades :
OBsSERVATION N° 1. — M. René Quil.…, âgé de 14 ans, présente une acné pustuleuse, franchement nécrotique, du front.
Après avoir terminé son traitement anatoxique, il vit disparaitre complètement les pustules. Un dosage d’antitoxine staphylococcique fut fait à ce moment : +7-10 unités.
MERCIER te)
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A noter qu’il reçut par la suite quatre injections supplémentaires, sans résultats meilleurs qu'après la première série d’anatoxine.
OBSERVATION N° 2. —— Un autre malade, âgé de 20 ans, Pierre Ser.…, est venu nous consulter pour de l’acné anthracoïde de la face. On ne relève rien d’anormal du côté de l’appareil digestif, ni dans le domaine endocrinien.
I1 fut soumis à partir du 24 février 1936 au traitement anatoxique.
Après cinq injections, avec une dose totale de 8 cc., il guérit parfaitement.
Le dosage d’antitoxine staphylococcique pratiqué le 30 mars 1936 donna +7-10 unités.
Nous avons revu ce malade, il y a quinze jours. Il nous a confirmé sa guérison.
RESULTATS OBTENUS PAR D’AUTRES EXPERIMENTATEURS ET DANS LA PRATIQUE COURANTE
Bien qu'’affirmée par nos propres essais, l'efficacité de l’anaioxine staphylococcique demandait à être vérifiée par d’autres cliniciens et non pas seulement dans le milieu hospitalier mais encore dans la pratique courante. Aussi, peu après les premiers essais réalisés à la consultation de l'Hôpital Pasteur par G. RAMON, A. BOCAGE, R. RicHoU et nous-même, l’anatoxine staphylococcique de même valeur et de même provenance que celle que nous utilisions fut-elle, par les soins de l’Institut Pasteur, mise largement à la disposition des praticiens.
Le Professeur DEBRÉ, d’une part, le Docteur TZANCK, d’autre part, ont notamment exprimé à diverses reprises leur satisfaction, à la suite de l’emploi de l’anatoxithérapie dans le traitement des staphylococcies externes.
TZANCK notamment a publié une statistique intéressant 76 malades soumis à l’anatoxithérapie.
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Sur 62 affections cutanées à staphylocoques, mises à ce traitement, il a obtenu les résultats suivants :
Très favorablement influencés ... 18 cas Favorablement influencés . . .... 35 cas NODMATIHENCeSES TERME Un ru DICAS RTE SN An mn eue re 0 cas En cours de traitement ........ 6 cas
Les furonculoses et pyodermites donnèrent une statistique nettement favorable, puisque, sur 42 cas, 40 furent rapidement influencés. TzANCK signale quelques échecs dans le traitement de l'hidrosadénite et du sycosis.
Il n'hésite pas à conclure que « dans l’ensemble, les résultats sont très bons, les accidents très rares, le plus souvent bénins et peut-être évitables ».
Très récemment, le Docteur CouLon, du Congo Belge, a publié les résultats qu’il a obtenus depuis le mois de novembre 1935.
On sait combien, dans la zone tropicale, la furonculose est une affection extrêmement fréquente, rebelle à tout traitement et récidivant avec la plus grande facilité.
L’anatoxine dont cet auteur s’est servi lui a été envoyée par G. RAMON.
Les injections ont été pratiquées dans la fosse sus-épineuse, généralement aux doses hebdomadaires de 1/4 de cc. 1 cc., 2 cc. et 2 cc. La nomenclature ci-dessous se rapporte à quatre cas européens et onze cas indigènes.
Premier cas. Européen.
Folliculite et furonculose discrète ; l’affection est peu douloureuse mais elle harcèle, depuis de longs mois, le malade et l’affaiblit.
Un traitement antérieur où on l'avait conjugué le vaccin microbien, la levure de bière et la restriction des hydrates de carbone avait échoué.
Première injection d’anatoxine : légère douleur rhuma-
yen
toïide au point d'injection. Température le soir : 38°. Coup de fouet à l'infection ; l’on voit quelques petits furoncles s’'empâter.
Deuxième injection : même douleur locale. Un volumineux bourbillon s’élimine dans les jours suivants ; d’autres furoncles, de petites dimensions, éclosent.
Troisième injection : plus de réaction. Régression générale. :
Quatrième injection : il n’y a plus trace d’aucune lésion.
Récidive après trois mois : premier degré de l’hidrosadénite de l’aisselle. Le Docteur COULON pratique une injection de 1 cc. et une seconde de 2 cc., à huit jours d'intervalle ; la première détermine une maturation accélérée ; guérison quelques jours après la seconde injection.
Depuis lors, mois de mars 1936, plus aucune récidive.
Deuxième cas. Européen.
Le malade, qui n’est plus retourné en Europe depuis longtemps est, depuis plusieurs mois, affligé de furonculose, le plus souvent aiguë.
Etat du sujet, avant le traitement : furoncles profonds avec gros empâtement dans la région péri-anale, aux fesses et aux cuisses. Vives douleurs.
Première injection : maturation rapide ; formation de pus abondant que l’on extrait simplement par application d’une ventouse. Réaction fébrile : 39°5.
Deuxième injection : effet sédatif marqué malgré réaction fébrile.
Troisième injection : le malade montre un nouveau furoncle, qui s’est révélé deux jours auparavant et est déjà en pleine évolution, extraction du bourbillon à la ventouse.
Quatrième injection, cinquième injection : peau complètement nettoyée.
Pas de récidive depuis sept mois.
Troisième cas. Indigène.
Hidrosadénite de l’aisselle gauche. L'auteur a remarqué,
en milieu indigène, une certaine prédilection du staphylocoque pour la région de l’aisselle.
Après la première injection : évolution rapide vers la suppuration. Le jour de la deuxième injection tout empâtement avait disparu ; il ne reste que de petits pertuis montrant un bourbillon superficiel.
Les deuxième, troisième et quatrième injections ne déterminent plus de réaction focale. Aucune douleur aux points d'injection. Guérison.
Pas de récidive depuis sept mois.
Quatrième et sixième cas. Indigènes.
Hidrosadénite bilatérale.
Résorption totale, sans réaction générale ou locale ni extension des lésions, immédiatement après la seconde injection.
Il n’y a pas eu de récidive malgré que ces deux malades n'aient reçu chacun que deux injections d’anatoxine (1/2 et 11ec.)e
Cinquième cas. Européen.
Furonculose éparse dos et membres.
À reçu trois injections. Guérison sans réaction générale ni locale.
Pas de récidive depuis six mois.
Septième cas. Européenne.
Staphylococcie cutanée de la région crurale.
Les quatre injections ont déterminé chacune une douleur assez vive, mais il n’y a pas eu de réaction générale.
L'infection, qui se présentait comme une dermite superficielle, a déterminé trois folliculites, toujours dans la région crurale, puis la guérison est survenue, vers la troisième semaine.
Pas de récidive depuis près de six mois.
Huitième cas. Prisonnier.
Hidrosadénite aisselle gauche.
Après la première injection : évolution rapide vers la suppuration. Pas de réaction générale : température, 37 à 37°2. Guérison après la troisième injection ; la quatrième n'a pas été pratiquée. Pas de récidive depuis plus de cinq mois.
Neuvième cas. Soldat.
Hidrosadénite.
Le même sujet ne s'était nullement amélioré antérieurement malgré le traitement au stock-vaccin antistaphylococcique.
Deux injections d’anatoxine (1/2 puis 1 cc.) ont amené une amélioration voisine de la guérison, laquelle a été obtenue par une troisième injection. Pas de récidive depuis 5 mois.
Dixième cas. Soldat.
Hidrosadénite bilatérale.
Trois injections hebdomadaires : guérison ; pas de récidive.
Onzième cas.
Enfant indigène : 1/4, 1/2, 1 et 1 cc. Douleur au point d’injection ; rélrocession des furoncies dont quelques-uns donnent un bourbillon peu volumineux ; les autres avortent. La température, qui était de 38° avant la première injection, se maintient à ce niveau durant les deux jours suivants, puis retombe définitivement à 37° et en dessous. Les lésions sèchent rapidement. Guérison. Pas de récidive.
Douzième cas. Indigène.
Folliculite de la jambe.
Trois injections : pas de réaction inflammatoire ; pas de douleur au point d'injection. Guérison. Probablement pas de récidive (le sujet ne s’est plus représenté au Dispensaire).
Treizième cas. Prisonnier.
Quatre furoncles, au genou et à la jambe.
Première injection de 1/2 cc.: évolution rapide mais la quantité de pus formée est peu abondante malgré un em-
lee
pâtement assez considérable. Deuxième injection : 1 ce. Quelques jours après, les lésions sont sèches. Arrêt du traitement. Pas de récidive.
Quatorzième cas. Clerc indigène.
Furoncles de la face et de la région hypogastrique.
Evolution rapide sous l'influence des deux premières injections. Réaction générale assez vive; la température n’a pas été prise. La troisième et la quatrième injections ne donnent plus de réaction focale, mais il y a, chaque fois, réaction générale avec abattement. Douleur minime au point d'injection.
Récidive trois mois après ce traitement : apparition de trois furoncles à large empâtement dans la région sous-ombilicale.
Premiére injection : 1 cc. Réaction générale. Température: 38°2. Statu quo dans les jours suivants.
Deuxieme injection : 2 cc. toujours assez forte réaction. Evolution rapide des furoncles vers la suppuration.
Guérison après deux autres injections de 2 ec.
Quinzième cas. Européen.
Etat général peu brillant. Furoncles disséminés aux jambes, aux fesses et aux bras. Le sujet devait être traité avant de subir une amygdalectomie et, consécutivement, rejoindre un poste de l’intérieur. Les doses de 1/4, 1 cc. et 1 ce. 1/2 ont été suivies chacune d’une réaction générale très intense. Température : 39°-40°. Peu de réaction locale ; amélioration rapide des lésions. Le malade a pu être opéré, entre Ja deuxième et la troisième injection, sans s’exposer à des complications septiques.
Le Docteur COULON arrive aux conclusions suivantes :
« L’anatoxine staphylococcique est une préparation prati- « que qui peut suffire à traiter toute furonculose, même « grave. Il n’y a généralement pas à craindre de forte réac- « tion générale si ce n’est chez les sujets affaiblis. Les noirs
« ont des réactions locales et générales moins intenses que
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« les européens ; ce sont eux qui guérissent le plus rapide- « ment. En cas de récidive, l’affection répond encore au trai- « tement par l’anatoxine en guérissant promptement. »
De nombreux cliniciens (plus de 300) ont bien voulu adresser à l’Institut Pasteur les observations de leurs malades —. Sans vouloir publier en détail chacune d’elles — nous en laissons le bénéfice aux auteurs — nous tenons, cependant, à rassembler en un tableau un certain nombre de cas pris parmi les plus caractéristiques, en citant de préférence des séries d’observations faites par le même praticien.
Tableau