‹ L'anatoxine staphylococcique et le traitement des affections à staphylocoquesChapitre 33 sur 33 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Des souches sélectionnées de staphylocoques ensemencées sur un milieu convenable donnent à l’heure actuelle une exotoxine vraie qui hémolyse les globules rouges, produit des lésions nécrotiques au niveau des téguments et qui-tue le lapin, à faible dose, en injection intra-veineuse.

II. — La toxine peut être transformée en dérivé anatoxique qui est inoffensif pour l’homme et les animaux et qui possède des propriétés antigènes. L’anatoxine est aisément titrable. Seuls les échantillons ayant une valeur antigène suffisamment élevée nous ont paru efficaces en thérapeutique.

HI. — Utilisée à l'Hôpital Pasteur depuis deux ans, l’anatoxine se montre un agent thérapeutique de premier ordre dans le traitement de la furonculose, des pyodermites, du sycosis, de l’ecthyma et de l’onyxis à staphylocoques. L’acné est également influencée, mais les succès sont en général moins nets. Certaines guérisons complètes ont cependant été obtenues.

Les réactions dues au traitement sont peu importantes. Les accidents signalés jusqu'ici sont exceptionnels et ne semblent pas devoir être attribués d’une manière certaine à l’anatoxine staphylococcique.

IV. — De nombreux cliniciens ont confirmé nos essais et se sont montrés satisfaits de l’emploi de l’anatoxine.

V. — L’anatoxine constitue sans doute un moyen de lutte intéressant contre l’ostéomyélite et les septicémies staphylococciques. Plusieurs communications le prouvent. Mais il faut multiplier les observations pour se faire une opinion dé-

finitive.

VI. — Les injections d’anatoxine entraînent l'apparition et le développement dans le sérum d’une antitoxine spécifique, facilement dosable.

VII. — L’antitoxine semble bien constituer, d’après nos recherches expérimentales et cliniques, le facteur primordial de l’immunité antistaphylococcique.

L’antitoxine régit d’une manière assez fidèle l’état clinique. Le malade guérit gé#néralement quand le titre du sérum en antitoxine est élevé. Ce litre est d’autant plus élevé qu’on rapproche les injections d’anatoxine (quatre jours d’intervalie en moyenne), et que l’on injecte d’autres vaccins en mélange avec l’Anatoxine. C’est là, une nouvelle preuve de la valeur des vaccinations associées.

VIII. — L'immunité antitoxique apparaît très rapidement, souvent dès le deuxième jour. Elle atteint son maximum trois ou quatre jours après la fin du traitement. Elle s’abaisse alors légèrement pour se stabiliser durant plusieurs mois.

IX. — L'action de l’antitoxine peut s'expliquer par la neutralisation dans l’organisme du poison élaboré par le staphylocoque, ce qui permet à la défense cellulaire de s’exercer sans entrave.

Dans un pourcentage de cas très restreint, l’immunisation antitoxique est contrariée par certains états pathologiques (diabète, troubles endocriniens).

Mais, le plus souvent, l’immunité antitoxique et les moyens naturels de défense de l’organisme entraînent la guérison rapide et durable des staphylococcies.

Vire Vu :

LE Doyex, LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE ROUSSY. ABRAM!.

Vu et permis d'imprimer :

Le RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE Paris,

S. CHARLETY.

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