‹ L'anatoxine staphylococcique et le traitement des affections à staphylocoquesChapitre 32 sur 33 · TABLEAU IV · texte numérisé non relu

TABLEAU IV

Acné:

< dlÉs | sa |elés | 5e £ À ei ë 6e #9| nAgg UZ a [T2 # à PAIE É NoM DU b4f 52 É6| ax » 3 à RÉSULTATS MARAPE Ë ne 5 28 8>| <2 5 LE CLINIQUES à m % à CES Z KL Ê C2 £ AS RS EE MAUR (e (a NES AENIIEC 10,35 12 unités 4 s 2 25 Guérison des pustules et de l'érythrose.

Bat" 11#40 2,5 12 unités 4 5 20 Guérison.

Bazar 20 — 0,50 | 10 unités 3 3 À 225 Plus de pustules. Breme 11530 0,75 | 12 unités | 10 9 W 8,5 Amélioration notable.

Bou (Mme). .| 33 | non titré | 10 unités 4 5 À 4 Guérison des pustules.

BIUt Er er 2,5 12 unités | 10 9 12,5 Guérison complète. Car. (Mme). .| 35 1,5 10 unités 3 3 & xs Récidive(diabétique) Dor. (Mille) .|32 0,75 10 unités 4 5 225 Guérison partielle. Guin. (Mme) .| 31 1,4 12 unités | 4 5 4 Disparition des pustules.

Gar (Mme). .|31 2,5 10 unités 6 8 % 2,5 Sans modification. GIE ERA T 0,75 12 unités | 8 11 2 Récidive.

Lorenr "1124 0,5 dil.au 1/5 | 20 15 2 Guérison partielle. Lelevie sr 2 2 dil.au 1/5 | 20 15 3,5 Disparition des pustules.

Merl. (Mme). .| 36 | non titré | 12 unités 4 5 25 Guérison. Pace ro 0,5 10 unités 4 5 275 Guérison.

POSE EE AS 0,75 12 unités 4 5 4 Guérison.

RIDE PAR en EST 0,75 10 unités | 3 3 4 Amélioration. Prév. (Mme) .| 33 | non titré | 12 unités | 7 10 4 En parfait état. ROCHER A IE22 0,75 12 unités | 4 5 L 8,5 Parfaitemñent guéri. SAUVE (28 0,5 dil.au 17/5 | 12 10 s Grosse amélioration. Sené (Mme). .| 31 1,5 12 unités | 8 12 W 6 Légère amélioration. SOUPE ES 1,5 12 unités | 6 9 6 Guérison.

Serres nlI20 0,5 12 unités 5 7 BR 3 Amélioration. METEN EE NA | TO 0,5 10 unités 8 10 CAS Plus de pustules

Il apparaît, à l’examen de ce tableau, que chez les malades alteints d’acné, le taux de l’antitoxine staphylococcique engendrée par l’anatoxine spécifique est généralement moins élevé que chez les sujets atteints de furonculose, par exemple, et soumis au même traitement anatoxique.

Notons d’ailleurs que l’acné s’est montrée beaucoup plus rebelle au traitement par l’anatoxine que les autres infections à staphylocoques, elle exige un plus grand nombre d’injections, l'amélioration est plus lente et les récidives plus fréquentes.

A une immunité moins marquée correspondent donc ici des résultats cliniques moins bons alors que précédemment nous avons noté qu'une immunité antitoxique élevée allait de pair avec une proportion plus grande de succès thérapeutiques.

Discussion

De l’ensemble des résultats cliniques et sérologiques obtenus dans un très grand nombre de cas (dépassant 500) il ressort qu’en général il existe une relation certaine entre le pouvoir antigène de l’anastaphylotoxine et l’immunité antitoxique plus ou moins forte qu’elle provoque chez les malades, d’une part, et la disparition plus ou moins rapide et plus ou moins complète des manifestations staphylococciques, d’autre part.

Peut-on vraiment soutenir, comme le font FORSSMAN, Tzanck et ses collaborateurs, que l’antitoxine staphylococcique qui se montre capable de neutraliser, in vitro comme in vivo, la toxine staphylococcique dans ses diverses propriétés, ne joue aucun rôle ou seulement un rôle très effacé dans la guérison des affections staphylococciques, affections qui sont précisément la conséquence de l’action toxi-infectieuse du staphylocoque sur l’organisme du malade ?

Les expériences de G. RAMON, R. RicHou et M. DyouricHITCH n’ont-elles pas démontré, sans conteste, que grâce à l’immunité antitoxique qui leur est conférée par l’anatoxine staphylococcique, les lapins offrent une résistance plus ou moins complète à l'infection par les staphylocoques virulents, laquelle entraîne rapidement la mort des lapins neufs ou des lapins soumis aux injections de vaccin staphylococ-

cique microbien ; cette même immunité antitoxique s'oppose au développement de l'infection staphylococcique que l’on essaie de provoquer localement sous la peau, par exemple, de l'animal d’expérience. Et, comme ils l’ont également démontré, la résistance, générale ou locale, des lapins vaccinés par l’anastaphylotoxine est fonction du degré d’immunité antitoxique ainsi acquise,

On objecte que certains malades peuvent recéler, à la suite du traitement anatoxique, un taux élevé d’antitoxine alors que les manifestations’ staphylococciques ou bien ne régressent pas, ou bien ne/disparaissent pas, ou bien encore récidivent après une gvérison transitoire. Par contre, chez d’autres sujets, la guérison est totale, définitive, malgré la teneur relativement faibfe de leurs humeurs en antitoxine.

Mais l’absolu n’est certes pas du domaine de la thérapeutique biologique. On ne saurait prétendre qu’il existe, pour tous les malades soumis à l’anatoxithérapie un taux parfaitement fixe d’antitoxine au-dessous duquel la guérison est impossible et au-dessus duquel elle doit invariablement survenir. L’immunité, qu’elle soit antistaphylococcique ou antidiphtérique ou de toute autre spécificité, offre un caractère strictement individuel. S’il n’y a pas « une » maladie mais des malades il n’y a pas non plus « une » immunité mais des sujets dont le degré et les modalités de résistance à l'égard des multiples manifestations pathogènes d’un germe qui agit lui-même sur des terrains très dissemblables, peuvent varier à l'infini. Il n’est donc pas étonnant que les résultats thérapeutiques ne correspondent pas toujours, très exactement, à la valeur antitoxique des humeurs et ne se montrent pas absolument identiques chez tous les individus. Et si l’on ajoute à cela que chez le même individu l’immunité antitoxique une fois acquise ne demeure pas stable, qu'après avoir atteint un maximum, elle diminue plus ou moins rapidement, on se rend bien compte, dans ces conditions, de la possibilité de récidives de l'infection.

Par ailleurs, si l’immunité antitoxique est un facteur important, primordial même, de guérison, chez les malades traités par l’anastaphylotoxine, il n’est pas le seul. En effet divers facteurs peuvent intervenir pour annihiler la production de l’antitoxine. Tels sont, par exemple, ceux qui relèvent de certains états comme le diabète, l’azotémie ou de troubles endocriniens, notamment de troubles ovariens, et qui dans la furonculose, dans l’acné en particulier, peuvent favoriser l'infection, tout en étant capables d’entraver la formation et la production de l’antitoxine staphylococcique.

Par contre, d’autres facteurs, que l’on réunit sous l’appellation de « défenses naturelles » non spécifiques, en particulier la phagocytose, appuient et complètent l’immunilé antitoxique spécifique. Comme nous l’avons montré à différentes reprises, dès que l’immunité antitoxique atteint un degré suffisamment élevé chez le malade traité par l’anatoxine staphylococcique, la défense cellulaire, la phagocytose jusquelà paralysées par la présence et par l’action agressive de la toxine (leucocydine), s’exercent à nouveau sans entrave et, sous Ja protection de l’antitoxine (antileucocydine), remplissent jeur fonction habituelle ; elles entrent en jeu d’une part pour atteindre les germes dans leur vitalité et les faire disparaître, d’autre part pour assurer la résorption des débris tissulaires et la réparation des lésions. Ainsi, grâce à l’appui des moyens de défense non spécifiques, l’immunité anlitoxique se montre donc indirectement antimicrobienne. Cependant cet appui peut lui faire défaut. La défense naturelle peut se trouver en effet amoindrie ; dans certains états pathologiques la phagocytose peut être en déficience et alors l’organisme, malgré sa grande richesse en antitoxine staphylococcique, n'arrive pas à triompher de l’infection. Par contre, on conçoit fort bien que les réactions naturelles de l’organisme étant vigoureuses, la guérison peut survenir alors que la teneur en antitoxine spécifique se montre relativement

faible.

Nous trouvons donc dans les considérations qui précèdent l'explication du rôle des différents facteurs intervenant dans le traitement anatoxique des staphylococcies « externes » ; le rôle de l’immunité antitoxique développée chez les malades par l’anastaphylotoxine apparaissant bien en définilive comme primordial.

Ainsi l'étude clinique et sérologique complète de plus de 500 cas d’affections stophylococciques variées du revêtement cutané et qui ont été traitées par l’anastaphylotoxine, permet, en premier lieu, de cenfirmer l'efficacité de la nouvelle thérapeutique. Cette efficacité est rendue plus grande encore grâce à certains perfectionnements apportés à la technique, par exemple, l'emploi d’une anatoxine (non diluée) de valeur antigène relativement élevée et aussi la pratique des injections à cinq jours d'intervalle.

Une étude aussi vaste, jointe à certains résultats d'ordre expérimental précédemment acquis, apporte de nouvelles précisions quant au mode d’action du traitement anatoxique. Il apparait bien que c’est grâce à l’immunité antitoxique engendrée par l’anatoxine staphylococcique et qui est complétée par les moyens de défense non spécifique (phagocytose en particulier), que l’organisme réussit à triompher de l’infection due au staphylocoque. Dans un pourcentage à la vérité très restreint de cas, l’immunité antitoxique est contrariée dans son développement et dans son rôle par certains états pathologiques (diabète, troubles endocriniens, etc.), qui par ailleurs favorisent l'infection. Mais, dans la très grande majorité des cas, l’immunité antitoxique et les moyens naturels de défense de l’organisme traité s’exercent sans entrave pour aboutir à la guérison totale et rapide des staphylococcies.

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