‹ L'ancien clergé de France (volume 2)Chapitre 15 sur 31 · FASTE DES ÉVÈQUES · texte numérisé non relu

FASTE DES ÉVÈQUES

militante. » Il n'y avait pas place sous Louis XIV pour cette humeur guerrière. Et cependant, le vieux sang des ancêtres bout parfois avec violence dans leurs descendants en robe violette. Voyez ce Castellane Adhémar de Monteil de Grignan, archevêque d'Arles (1643-1689), dont M"° de Sévigné a fait un si bel éloge. Des troubles éclatent dans sa ville épiscopale. « On n'a jamais vu, dit un témoin des évènements, une ardeur pareille à celle de ce prélat. Comme il se mélait parmi les armes! Comme il franchissait les barricades par les allées et venues! » C’est la même humeur guerrière qui, à cette époque, poussait le pétulant M. de Beauvau, évêque. de Nantes, à prendre l'épée et à provoquer à un duel en règle, le fils de M" de Sévigné pour une querelle de préséance !.

1. «Le 27 du mois de juin. écrit Monsieur de Sévigné, M. de Nantes m'appela en duel, bien régulièrement et dans toutes les’ formes

i se té hautement de cette aventure à toute la noble vant, ajoute Sévigné, le même prélat parut, à deax june retroussée sous le bras gauche et l'épée ce que son valet de chambre avait pris nt-Georges. v Lettres de M= de Sévigné, s de France, t. 492-496.

juille beures après midi, la nue à la main droi querelle dans la pl collection des grands

écri

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mait à prendre un frugal repas sur le gazon !. Plus modeste encore et plus populaire se montra toujours M. du Tillet, dernier évèque d'Orange.

On ne tint pas compte de ces exemples au milieu des polémiques de 1789. Dans les attaques dirigées contre le luxe des prélats, on oublia que la coutume, les traditions de famille, leur situation spirituelle et temporelle, imposaient ou du moins justifiaient un certain éclat. On se plût à les rappeler à l'austérité des apétres. On méconnut la différence des temps, les charités auxquelles tant d'évêques employaient leurs revenus, pour ne voir que le chiffre de leur fortune et de leurs dépenses. Malheureusement le faste de plusieurs ju fait cette hostilité.

Ce n’est pas la première fois du reste que des voix se faisaient entendre contre le luxe ecclésiastique. On ne manque pas de reproduire, en 1789, les sorties véhémentes d'un saint Chrysostome, d'un saint Bernard ?. On rappelle les prescriptions du concile de Trente qui ordonnent aux évêques de se contenter de « meubles modestes, d'une table et nourriture frugale, » de prendre gar-

1. Cf. Bérengier, Notice sur Mgr du Lau, 1891, p. 1013. — Tisserand, Histoire de Vence.

lui dit : « Les pi marchent tout brillants de

rreries et nous allons Is nus; vos mu- ‘lets sont richement cap: nnés, ornés de boucles, de chaïnettes, de sonnettes, de bandeleites ullongées, resplendissantes de cloi d'une infinité de pierres précieuses ; el après cela, on refuse à son prochain de couvrir sa nudité. Pour: vous faire taire votre propre conscience... De jeunes hommes imberbes, qui n'ont pour tout mérite que leur naissance, se poussent aux plus hautes dignités ecclésiastiques. Est-on doyen, prévôt, urchidiacre.., on veut devenir évêque... Du moins alors on demeurera tranqille….Non : d'évêque on veut devenir archevêque. »'

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